Saint seiya: Episode G: Tome 4
Ce tome se compose de deux interludes et 4 chapitres d'une qualité à peu près égale. Personnellement je trouve la trame assez répétitive donc je ne vois pas l'intérêt de commenter les chapitres indépendamment les uns des autres.
Dans le premier interlude en couleur "Augure", Pontos est penché sur le puits de divination qui se trouve dans le Cronos Laberynthos et surveille les agissements d'Aiola qui se bat contre un colosse ressemblant à Anubis, le passeur des morts dans la mythologie égyptienne.

La présence de divinités non grecques dans l'Episode G est pour moi un facteur assez déroutant. L'oeuvre de Kurumada ne faisant jamais mention des autres panthéons excepté dans le film Lucifer, on est amené à supposer une certaine universalité des dieux grecs. Suivant cette logique, les attributions d'Anubis étant équivalentes à celles de Hermès Psychopompos, c'est contre ce dieu que Aiola devrait se battre. Quoiqu'il en soit, les éclairs font leur effet et disloquent le colosse alors que Pontos confirme à Hypérion que Aiola est le mortel capable de libérer Cronos. Ce qui me surprend également dans cet interlude c'est qu'il n'est pas expliqué a posteriori par la trame du tome et qui plus est l'interlude du tome suivant voit le combat de Aiolos et des soldats d'un dieu solaire égyptien qui est sans doute Râ. Or la raison de ce conflit n'étant pas explicitée, on peut lancer plusieurs hypthèses:
Hypothèse 1: Pontos a le pouvoir de faire revenir de pseudo divinités et invoque ainsi Râ et Anubis pour le servir.
Hypothèse 2: Le grand Pope pratique une politique d'expansion territoriale qui l'amène à ordonner la destruction des panthéons mineurs sans que cela provoque un conflit de grande ampleur.
Hypothèse 3: Les dieux égyptiens sont vassaux des olympiens et il est nécessaire de le leur rappeler de temps à autres d'où ces combats.
Mais dans tous les cas cet interlude est assez dévalorisant pour les divinités non olympiennes, ce que la suite du tome va confirmer.
Chapitres: Les Géants, l'homme aux crocs d'or, le démon, celui qui guide vers le royaume des morts
Et si Cronos n'était pas à l'origine de la résurrection des Géants? Si un autre personnage tapi dans l'ombre tirait les ficelles du conflit? C'est la question que se pose Hypérion en constatant que son roi est toujours prisonnier.

Le thème de la manipulation est récurrent dans l'Episode G et tout porte à croire que Pontos n'est pas au service de Cronos... Quoiqu'il en soit, le tome se poursuit par l'invasion du sanctuaire par les soldats des Titans qui démontrent leur supériorité face aux gardes du sanctuaire. Je remarque en passant que même si leur fonction est celle de chair à canon, les gardes sont très présents dans l'épisode G. Ils sont là à l'arrivée d'Hypérion puis tentent de rattraper Aiolos, de bloquer la porte du megas Drapenon etc. Ces personnages qui sont presque les seuls humains normaux de l'histoire sont doués d'un sens de l'honneur et du sacrifice assez touchant qui en fait des individus à part entière alors que dans l'oeuvre de Kurumada ils sont presque des sous-hommes dont le meurtre est sans conséquence. Marine de l'Aigle intervient pour disperser les soldats des Titans mais elle est vaincue par Rhuax le Rouge, premier géant à intervenir dans l'Episode G.
Je mentirais si je prétendais avoir trouvé le moindre intérêt biographique dans les personnages de Rhuax et Phlox bien que le second soit sans doute plus puissant. Ce sont deux montagnes de muscles dont les réflexions traduisent un intellect très limité et un manichéisme évident. Rhuax ne semble bon qu'à s'indigner de l'attitude d'Aiola à son égard et à s'écrier à chaque coup reçu "Comment oses-tu faire cela à un dieu?!" En même temps le but de la guerre c'est de massacrer l'ennemi qu'il soit un sous-homme ou un surhomme... Les répliques d'Aiola sont aussi simplistes car il se contente de dénoncer la supériorité supposée des dieux sur les hommes et revendique le droit de leur refaire le portrait. Pour ces raisons, le combat de Rhuax ressemble beaucoup à un jeu de massacre, Aiola prenant un plaisir évident à essayer sa nouvelle armure sur lui. D'ailleurs, en passant, les grecs n'attribuaient la qualité de dieu qu'aux seuls Olympiens, les Géants et la progéniture d'Ouranos étant vus comme des monstres ne devant faire l'objet d'aucun culte à l'exception peut-être de Pythos dont le mythe semble indiquer qu'il était vénéré à Delphes.

Phlox le Bleu "dure" sans doute plus longtemps que Rhuax mais il n'est guère plus intéressant. Il semble être plus puissant que son compère car il est capable de cacher son cosmos et son apparence. Confronté à Shakka, ses attaques sont cependant inefficaces, le chevalier de la Vierge changeant la lave en fleur comme le Christ l'eau en vin. Les fouets enflammés de Phox ne produisent pas plus d'effet du fait de leur lenteur, ce qui montre clairement qu'il ne maîtrise pas le 7éme sens ni la vitesse de la lumière. Sur l'injonction de Masque de Mort, Shakka accepte de laisser Phlox atteindre la maison du Cancer où il a rendez-vous avec son destin...

La présence d'un homme capable d'ouvrir les portes du Meikai grâce au pouvoir d'Hadès m'est toujours apparue incohérente dans les rangs d'Athéna. Je me demande parfois si l'armure du Cancer n'est pas un surplis qui s'est égaré au Sanctuaire et Masque de Mort un spectre qui s'est perdu dans le monde des vivants. C'est d'ailleurs le sens du discours de Death Mask qui revendique sa nature maléfique et ténébreuse. Le meurtre de personnes innocentes est pour lui un moyen d'augmenter sa puissance et en cela, il se pose en juge des morts au même titre que Rhadamanthe, Minos ou Éaque. La secte gnostique prétendait dans les premiers temps du christianisme que le monde n'était pas l'oeuvre de Dieu mais d'un ange déchu égaré sur Terre, c'est peut être le cas de Death Mask. Toujours est-il que le combat de Phlox est très déséquilibré: déstabilisé psychologiquement par l'atmosphère de la Maison du Cancer, il perd son calme et voyant dans le saint du Cancer l'incarnation du Malin, entreprend de le démolir. Masque de Mort lui explique alors que le Seikishiki est l'aura phosphorescente qui émane des cadavres et que son pouvoir lui permet de s'en servir pour séparer son âme de son corps. Les vagues d'Hadès frappent alors Phlox dont l'âme est emporté vers le Meikai par les esprits des morts. C'est la fin de l'assaut des Géants.

Face à Hypérion, Pontos reconnaît une nouvelle fois sa défaite et devant la méfiance du Titan, décide de ramener à la vie le frère et meilleur ami de celui-ci: Coeos dont la Souma a la forme d'une rapière.
Interlude: Aiolos
Le chevalier du Sagittaire me fait parfois penser à une sorte de superman dans l'Episode G, capable de voler au secours des innocents où qu'ils soient et d'une grandeur d'âme exacerbée dans chacun des interludes qui lui sont généralement consacrés. Dans celui-ci, il est confronté au monstre Typhon issu de l'union de Gaïa et Tartare dans la mythologie. Ce monstre est connu pour avoir vaincu Zeus auquel il coupa les tendons des jambes avant que l'intervention d'Hermès qui "renoua" les tendons de son père permette au dieu de l'emporter et de l'ensevelir sous la Sicile.
Dans cet interlude c'est Aiolos qui va terminer le travail. Après avoir sauvé un jeune pêcheur grec d'une mort certaine il lui présente Typhon puis abat la bête grâce au formidable pouvoir de sa flèche d'or et des désirs des humains. Le mot d'ordre est donné: pour peu qu'ils désirent une chose de tout leur coeur, les humains sont capables de vaincre les dieux.
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Cette article est copyright Diego Jiménez
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.