Chapitre 10: Les juments du roi Diomède

Quelle noirceur, quel sadisme et quelle cruauté habitaient ton cœur, ô toi fils d'Arès, Diomède roi des Thraces ! Tu étais homme à nourrir de chair humaine tes juments tant aimées. Ces quatre cavales femelles déchiraient de leurs dents leurs impuissantes victimes et pouvaient vomir un magma plus brûlant que la plus bouillante fournaise d'Héphaïstos le boiteux. Grand mal prit le roi de Thrace, car à avoir élevé ses bêtes à dévorer les corps humains, c'est lui-même qui, jeté dans les auges impures par le héros aux douze exploits, fut dépecé et avalé avec hargne par les créatures qu'il chérissait tant.
***
- Je suis Ban, Saint du Lionet.
- Eh bien, j'ai cru que tu n'allais jamais décrocher un mot ! Mais à mon tour de me présenter : je m'appelle Dheal, je suis le Juggernaut des Juments du roi Diomède. Tu n'es pas très bavard dans ton genre ! Tu ne dois pas rigoler souvent non plus...
- L'humour ne se prête guère à la situation, se contenta de répondre le jeune Saint.
- C'est vrai, c'est vrai. Alors cessons notre discussion, bien qu'abandonner un débat si riche me fende le cœur.
Cet homme aux allures de fanfaron n'en avait pas moins une apparence redoutable. Son corps athlétique était revêtu du Trophy des Juments, dont le soleil éclatant faisant ressortir la blancheur de l'ivoire. Finement décorée de gravures sur toute son étendue, son armure se caractérisait par la présence de quatre têtes de chevaux reparties sur chacun de ses membres. Sur son bras droit, l'éclat de sa protection laissait deviner que la pièce maîtresse était située là. Mais ce qui attirait le plus l'œil de Ban, c'était le visage de l'Australien, marqué de tatouages bleutés représentant quatre chevaux et recouvrant ses joues et son front.
Du côté de l'Aborigène, l'état délabré de la Cloth de Ban n'avait pas échappé à son regard attentif, de même qu'il avait repéré la présence de bandages sur son corps :
- Non seulement vous êtes bien moins impressionnants que le Big Five, mais en plus vous êtes blessés ? Ah ah ah ! Quel est donc le but de nos ennemis en vous envoyant contre nous ? De nous apitoyer ?
Le regard déterminé de Ban fut la seule réponse à ses provocations.
- Très bien, jeune chevalier d'Athéna, alors commençons !
Et dans l'instant il donna un puissant coup de poing qui frappa à distance le sol près de Ban. Il donna un deuxième coup, mais Ban l'esquiva presque sans bouger, puis il enchaîna avec une multitude d'attaques, mais Ban esquivait toujours, le plus simplement du monde, en observant très attentivement son opposant ; puis d'un pas rapide il se rapprocha du Juggernaut qui, trop occupé à placer toute sa force dans ses coups, n'eut pas le temps de se protéger, et il fut frappé d'un violent coup de coude au ventre qui le projeta en arrière et le fit tomber à terre.
Il se releva en crachant du sang, et tourna la tête vers Ban ; son expression avait quelque peu changé.
- Bien bien bien, je vois que tu sais comment te défendre face à une grosse brute comme moi, très impressionnant ! Je vais donc essayer autre chose si tu me le permets.
Il se dirigea alors vers un rocher qui dépassait du sol, et l'arracha du sable à la force des bras pour le jeter vers Ban. Le Saint du Lionet sauta dans les airs, et le roc s'écrasa dans le sable en faisant trembler le sol. Dheal n'attendit pas et sauta à son tour pour l'intercepter dans les airs et le frapper du poing, mais Ban esquiva le coup, lui attrapa le bras, et après un tour sur lui-même il le lança au sol, que le Juggernaut rencontrait pour la seconde fois.
Son expression sembla changer imperceptiblement encore une fois, puis il chargea ce chevalier dont le mutisme semblait le narguer. Il lui porta un puissant coup de poing que Ban bloqua en se protégeant de ses bras ; mais le coup était asséné avec tant de force qu'il traversa la protection dérisoire que formaient ses mains, et il le touche en plein ventre, là où son armure ne le protège pas et où des bandages couvraient des blessures pas totalement guéries. Ban eut le souffle coupé et le Juggernaut en profita pour enchaîner avec un coup de pied qui le jeta loin derrière.
Le jeune Saint sentit à quel point son combat contre Ularu lui avait laissé de sérieuses séquelles, et il comprit également que son nouvel opposant méritait bien son titre de guerrier de la force. L'homme au visage tatoué pointa son doigt vers Ban tandis qu'il se relevait :
- Chacun a porté deux coups à l'autre, nous voilà donc quittes ! Mais je crains qu'à ce rythme, le combat ne dure trop longtemps, et je déteste m'ennuyer !
- Il existe une autre voie : tu pourrais choisir d'abandonner cette bataille stérile.
- Ah la la, sûrement pas, répondit-il avec son habituel ton léger. Je vais mettre un terme à ce combat en utilisant ma technique spéciale, grâce à laquelle plus rien ne restera de toi ! Magma Venom !
De ses bras tendus en avant jaillirent deux gerbes de lave incandescente, avec une telle puissance et une telle soudaineté que la situation semblait irréelle. Ban eut juste le temps de rouler sur le côté, mais sa jambe fut touchée par le liquide bouillant et il laissa échapper un cri.
L'air menacé, il regarda son adversaire qui se préparait manifestement à lancer une nouvelle fois son attaque, et effectivement, les deux têtes de cheval sur ses poignets vomirent à nouveau le "Magma Venom".
Malgré sa brûlure à la jambe, Ban enfonça solidement ses pieds dans le sable puis laissa venir la lave en fusion jusqu'à lui. Poussant un cri de force tout en dégageant son cosmos vers l'avant, il éparpilla le jet de magma qui face à ce formidable souffle d'énergie ne put l'atteindre. Cette invocation était certes dangereuse, car un simple contact avec la matière en fusion était délétère, mais elle n'était pas projetée avec force, aussi il avait été facile pour le Saint du Lionet de la repousser.
Constatant que sa technique n'eut pas d'effet, Dheal l'invoqua une nouvelle fois :
- Magma Venom !
Plus téméraire que jamais, Ban s'élança au devant de la salve et projeta d'un cri toute son énergie en avant, se frayant un chemin au milieu de la matière en fusion pour atteindre le Juggernaut qu'il frappa à la tête :
- Lionet Bomber !
Le casque fut légèrement fissuré et le guerrier tomba sur le côté, le visage en sang. Ban le regarda droit dans les yeux :
- Tu dois la vie à la résistance de ton Trophy, mais sans lui, ce coup aurait pu te tuer, alors abandonne le combat, et donne-moi ton protège-bras droit !
- Tut tut tut ! Si je te donnais la pièce maîtresse mon Trophy deviendrait inutilisable, dit-il en se tenant la tête avec la main afin d'apaiser la douleur du choc. Tu aurais dû me tuer au lieu de me demander d'abandonner !
- Je le ferais si je n'ai pas le choix, notre mission est trop importante.
- Eh eh eh ! Tu devrais plutôt regarder autour de toi avant de t'accorder la victoire !
Effectivement, Ban n'avait rien remarqué tant sa concentration au cours des derniers assauts était grande, mais en jetant maintenant son regard tout autour de lui, il découvrit que le décor n'était plus du tout le même : tout le sable alentour était recouvert de lave fumante, comme s'il était dans le cratère d'un volcan ! Seules quelques parcelles de sables dépassaient ça et là de ce liquide bouillonnant, et elles se faisaient avaler une à une. Les trois attaques successives de Dheal avaient suffi à changer ce lieu en enfer, et Ban en était le prisonnier ! L'Australien se releva, fier de lui.
- Si tu avais été attentif, tu aurais remarqué que mon attaque ne projette pas seulement de la lave par les poignets, mais aussi par les jambes. Et tandis que tu t'évertuais à parer mes assauts de front, tu n'as pas vu que le sol se changeait peu à peu en brasier ! Mon Trophy, qui est à l'origine de ce magma, ne craint pas la chaleur, lui dit-il en avançant au milieu de la matière en fusion comme s'il traversait un simple cours d'eau. Toi en revanche, tu vas finir en cendres ! Magma Venom !
Il lança cette fois son attaque directement vers le sol, et le niveau de la lave monta d'un palier. Ban se trouvait sur un tas de sable encore épargné, il commençait à sentir la chaleur lui brûler les pieds, et le liquide recouvrait peu à peu la surface où il se tenait. Il regarda une dernière fois tout autour de lui, à la recherche d'une solution, mais il n'y voyait que matière en fusion à des dizaines de mètres à la ronde, c'en était effrayant ! La chaleur dans ce désert était déjà difficilement supportable à son arrivée, mais avec le magma répandu tout autour de lui, c'était intenable ! Tous les pores de sa peau suintaient, il était plus trempé que s'il venait de plonger dans un lac !
Dans quelques secondes, tout serait terminé. Il lui fallait tenter le tout pour le tout, il lui fallait foncer vers son adversaire, quitte à être brûlé !
Ainsi résolu, il était sur le point de s'élancer lorsque lui revint en mémoire une phrase très importante qu'Andwele lui avait délivrée. Cet enseignement, il ressurgissait du fond de son esprit car il l'avait reçu dans une situation très analogue à celle qu'il vivait en ce moment même. C'était lors de l'épreuve finale pour l'obtention de la Cloth de bronze du Lionet.
***
Au pied même du Mont Kilimandjaro, ce monument naturel dominant l'Afrique, Andwele et Ban pénétraient dans une grotte dont l'accès difficile ne pouvait être atteint que par des hommes de leur valeur. Après plusieurs minutes de marche à l'intérieur d'une longue grotte sombre où la température était de plus en plus élevée à mesure qu'on s'y enfonçait, Ban commença à apercevoir des lueurs dans cette obscurité presque complète.
La chaleur augmentait en même temps que la lumière, et au détour d'un couloir il découvrit une salle séparée en deux par des flammes qui formaient un mur ardent. Voyant l'étonnement de son élève, le maître prit la parole.
- Ce que tu vois là est la Barrière des Flammes Divines. Elle existe depuis la nuit des temps, et rien au monde ne peut l'éteindre. On dit que ces flammes sont douées d'une vie propre.
Ban continuait de fixer ce spectacle surréaliste lorsqu'il aperçut à travers ce rempart hostile une forme qui ne lui était pas inconnue pour en avoir déjà entendu parler : c'était le caisson contenant la Cloth du Lionet ! Alors tout devint clair à ses yeux : l'épreuve finale consistait à traverser ce mur, mais vu l'intensité du feu, cet acte revenait à se suicider !
Ban douta un instant ; il était prêt à tout pour obtenir cette armure et devenir quelqu'un, mais était-il prêt à mourir ? Le regard effrayé, il tourna la tête vers son maître, qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis leur entrée dans la grotte :
- Je vois qu'il est inutile de t'expliquer les règles de l'épreuve, tu sembles avoir compris. Mais auras-tu le courage de l'accomplir ?
Son maître lui confirmait donc qu'il ne s'était pas trompé, il aurait préféré avoir eu tort. L'homme qui lui avait permis d'atteindre le niveau qu'il avait aujourd'hui, cet être qui l'avait considéré le premier comme une personne digne d'intérêt comptait aujourd'hui sur lui pour accomplir cette épreuve. Il ne pouvait pas abandonner, pas si près du but ! S'il réussissait, il ne serait plus Ban, cet orphelin oublié de tous, il serait le Saint de bronze du Lionet : son destin lui faisait face.
Concentrant tout son cosmos pour protéger son corps, il sauta dans le bûcher en dégageant toute sa puissance. Tout son être fut avalé puis recraché de l'autre côté. Ban atterrit au sol, enveloppé de flammes dont il se dégagea en roulant au sol. Il avait subi plusieurs blessures, mais rien d'irrémédiable. Son attention délaissa vite ses séquelles pour se concentrer sur le trésor du lieu : le caisson d'armure, qui brillait sous ses yeux, juste devant lui. Comme animé d'une vie propre, il s'ouvrit de lui-même et laissa échapper la Cloth du Lionet, qui recouvrit en un instant le jeune homme, qui était désormais un Saint d'Athéna.
Empli d'une fierté sans limite qu'il ne laissait cependant pas transparaître, Ban vit les flammes s'ouvrirent face à lui telle une porte de sortie, alors il s'élança pour rejoindre son maître, qui le reçut avec la même fierté partagée. L'Africain fit quelques pas en direction du vainqueur, puis posa ses deux mains sur ses épaules recouvertes par l'armure :
- Tu es parvenu à traverser le mur et à ramener la protection sacrée, prouvant ainsi ton courage, et je t'en félicite. Cependant, tu as omis un détail très important : tu n'as ni réfléchi, ni observé avant de te lancer ainsi à travers la Barrière des Flammes Divines. En tant que Saint, tu te dois de tenter le tout pour le tout face à un obstacle, même si tu y risques ta vie, mais uniquement lorsque tu n'as pas le choix. C'est seulement après t'être assuré que c'est là l'unique solution que tu peux t'y jeter tête baissée. Je compte sur toi pour ne pas l'oublier.
***
Observer ! Il devait observer, comme il l'avait fait lors de son combat contre Ularu. Même si la situation était totalement différente, il devait trouver une solution ! Mais laquelle ?
S'il tentait de courir à travers ce lac, il aurait vite les jambes consumées, et même s'il y survivait, il serait incapable de poursuivre le combat. Alors quoi ?
Il ne pouvait pas non plus s'échapper d'un saut, le lac était bien trop étendu. Alors quoi ? Il devait trouver quelque chose, et vite !
Dans quelques secondes, la lave allait atteindre ses jambes. Dheal quant à lui s'avançait, à mi-distance entre le Saint et l'extérieur du lac.
Ban eut soudain une idée : il y avait peut-être une solution pour s'en sortir ! Elle avait une chance sur dix de fonctionner, mais c'était moins désespéré qu'une charge suicidaire.
Tandis que le dernier centimètre de sable sous ses pieds se faisait recouvrir, il sauta de toutes ses forces dans les airs. Son bond l'amena jusqu'au-dessus de Dheal, qui était toujours au milieu du lac, mais celui-ci n'eut aucun mal à le voir venir et se contenta pour l'esquiver de faire un pas sur le côté, sachant qu'il allait alors condamner son adversaire à tomber dans le magma. Ban était sur le point d'entrer en contact avec le sol, mais il cria "Lionet Bomber", libérant son attaque avec une telle puissance que l'explosion le projeta lui-même dans les airs.
Dheal regarda la scène, incrédule :
- Mais pourquoi avoir fait quelque chose d'aussi stupide ? Décidément, tu n'étais pas très malin ! Je suppose que tu as préféré te suicider plutôt que de brûler vif. C'était sans doute la meilleure solution pour t'éviter des souffrances inutiles, le spectacle de ton corps se consumant dans l'agonie ne m'aurait guère diverti pour être honnête !
Tout en disant cela, il chercha des yeux le corps de Ban. Où était-il retombé ? Il ne le voyait nulle part. Il n'avait pas pu être dévoré si vite par la lave. Il porta son regard un peu plus loin, et c'est là qu'il découvrit ce qu'il cherchait : Ban était tombé en dehors de la zone inondée !
- Mais ce n'est pas possible ! Tu ne peux pas avoir autant de chance ! Comment l'explosion de ta propre attaque a-t-elle pu te projeter en dehors du lac, sans te tuer ? Ne me dis pas que tu avais prévu tout ça ?
Il continuait de parler ainsi, tentant de se persuader de l'invraisemblance de la situation, formulant lui-même les questions et les réponses tant son désarroi était grand. Ban se releva et porta sans mot dire son regard sur l'Australien, intensifiant encore plus le trouble du Juggernaut.
- Non, ce n'est pas vrai ! Ne me dis pas que c'était ça ton plan ! Personne ne peut mettre au point une stratégie aussi folle et dangereuse !
- Un guerrier doit être capable de risquer l'impossible, la seule question qu'il doit se poser est : ai-je le choix ? Ici, je ne l'avais pas. Maintenant, nous allons finir ce combat.
- Ah oui ? Et comment ? Tu t'es peut-être sorti de ce piège, mais moi je m'y trouve toujours, alors comment vas-tu récupérer la pièce maîtresse si tu ne viens pas à moi, gros malin ?
- Je vais juste attendre encore quelques instants, et tu ne seras plus inaccessible.
Dheal ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, mais vu les ressources dont il avait fait preuve jusque là, cette remarque l'inquiéta. Il regarda autour de lui, et ce fut son tour d'être surpris : le magma qui jusque là formait un véritable lac s'écoulait peu à peu dans un énorme gouffre, formé par Ban tout à l'heure lorsqu'il avait frappé le sol de son attaque afin de s'échapper du lac. Le Saint du Lionet s'était souvenu que la géologie de la région présentait de nombreuses galeries naturelles. En créant un trou profond, il avait une chance d'atteindre une de ces cavités, dans laquelle tout le magma s'écoulerait alors.
L'Aborigène constatait le succès de ce plan : quelques nappes dispersées ça et là subsistaient sur un sol encore fumant, mais le lac qui l'entourait il y a encore quelques instants n'était plus. Il paniqua en comprenant qu'il était désormais sans défense ; son tatouage ressortait plus que jamais sur son visage devenu très pâle. Et lorsque Ban fonça sur lui en criant "Lionet Bomber", il attaqua en même temps en portant un coup de poing puissant ; leurs deux poings se rencontrèrent l'un l'autre, mais l'explosion du Lionet brisa la main du guerrier des Juments de Diomède. Ainsi blessé, il ne put parer le deuxième assaut que Ban porta avec son autre poing :
- Lionet Bomber !
Ban visa la tête, exactement le même endroit qu'il avait touché la première fois. Cette fois-ci, le casque vola en éclat, et un fracas roque résonna au contact du crâne du Juggernaut. Le sang gicla de sa bouche, et il tournoya sur lui-même avant de tomber au sol, face contre terre, inconscient. Ban palpa son pouls afin de vérifier s'il était toujours en vie, ce qui eut pour effet de le ranimer : il était finalement bien loin d'être mort, mais restait cependant incapable de reprendre le combat. Il se retourna sur le dos et dit :
- Ah, te voilà ! J'avais peur que tu sois parti sans me dire au revoir !
Ban ne répondit rien.
- Alors, que vas-tu faire maintenant ? Je crois que dans ce genre de situation, tu dois t'approcher de moi le regard noir et de me dire "Apprête-toi à rejoindre le royaume d'Hadès vil manant !" dit-il en imitant une grosse voix.
- Inutile de jouer la comédie avec moi, Juggernaut, je sais que ces airs de légèreté que tu te donnes ne sont qu'un masque. Tu fais le fanfaron, mais je vois bien dans tes yeux que tu ne supportes plus cette guerre, et que tu n'es pas le seul dans ce cas.
Dheal éclata de rire, un rire clair et sincère.
- Ah ah ah ! Ecoutez-le, ce jeune homme ! Décidément, rien ne lui échappe ! C'est vrai, je n'aime pas ces luttes interminables, et d'ailleurs, qui pourrait les aimer ? Alors si toi et tes amis en avez le pouvoir, faites en sorte que tout ces conflits se terminent ! Tiens, je te donne même ma pièce maîtresse, considère-là comme un cadeau de bienvenue ! Mais ne le perds pas, je n'en ai pas d'autre ! Eh eh eh !
Ban prit l'objet en regardant le guerrier, puis la rangeant dans un sac de toile. Il sourit discrètement au Juggernaut et repartit en courant dans la direction du Temple d'Héraclès, marqué de nouvelles blessures mais décidé plus que jamais à mettre fin à cette guerre.
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Cette fiction est copyright Vincent
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.