Chapitre 2: Le mur des lamentations
Sur la route Giudecca quelques instant auparavant :
Canon suivait Ellianor, ils avançaient d’un pas rapide et sûr vers le cosmos de Hadès. Au loin devant eux, ils sentaient les auras d’Athéna et de Shaka s’approcher par une autre route que la leur.
- Il faut se dépêcher, sans son armure, Athéna ne pourra pas vaincre Hadès.
- Nous savons cela. Il faut faire vite.
Dans leur course effrénée, ils avaient rejoint Hyoga et Shiryu qui partaient aussi vers les sphères ; au loin, le Cygne et le Dragon avaient ressenti le cosmos de deux nouvelles personnes et le combat qui continuaient entre un de ces deux là et ceux de trois spectres dont Rhadamanthe.
- Qui êtes vous ? Demanda le chevalier du cygne.
- Je me nomme Ellianor, nous sommes venus aider Athéna dans sa croisade contre Hadès.
- Ellianor… votre nom me dit quelque chose …
- C’est normal, jeune dragon … C’est normal …
Sans plus d’explication, et un sourire au coin de la lèvre, Ellianor poursuivit son chemin laissant les autres résoudre son énigme. Ils rencontrèrent quelques spectres mineurs sur la route, mais la colère du dragon, la poussière de diamants, et si nécessaires, la galaxian explosion, eurent vite fait de les achever. Soudain, ils pénétrèrent dans l’enfer de glace du cocyte. L’étendu blanche jonchée des cadavres des chevaliers morts pour Athéna, souleva une profonde émotion dans leur cœur, et ils ne purent réprimer des larmes.
Alors qu’ils embrassaient l’endroit d’un regard circulaire, l’œil de Canon fut attiré par un point doré au loin. Il se concentra et reconnut les chevaliers d’or !!
- Mù ! Aiolia ! Milo ! Nous devons les aider !
- Tu penses qu’ils sont vivants ? demanda Shiryu.
- Peu importe, le coupa Hyoga il faut essayer de les tirer de là à tout prix !!
Ellianor fronça les sourcils un instant et puis finit par dire :
- Je ressens encore la vie en eux… nous pourrons sans doute les sortir vivants de cet enfer !
Alors les quatre hommes s’avancèrent vers leurs compagnons étouffés par la glace. Arrivés à leur hauteur, les chevaliers furent frappés par le regard livide des chevaliers d’or, comme si la mort s’était emparée d’eux définitivement.
- Il faut faire vite !
Hyoga se penche alors vers Milo et l’attrape par les épaules puis concentre son cosmos pour l’aider à sortir. Shiryu fait de même avec Aiolia, de même que Canon avec Mù. Mais alors que les trois chevaliers se démenaient pour arracher des glaces les corps de leurs amis, Ellianor se retourna, il venait de sentir une présence.
- Qui va là ?
Trois ombres se matérialisent alors devant le vieil homme !
- Nous ne vous laisserons pas réveiller les chevaliers d’or !
- Prenez garde aux spectres !
- Tremblez devant Queen de la Mandragore, Gordon du Minotaure, et Sylphide du Basilic !
Les trois chevaliers laissèrent un instant leur tâche et se mirent en garde pour affronter les trois spectres. Mais alors qu’ils allaient enflammer leur cosmos, le bras d’Ellianor s’étendit devant eux.
- Continuez, je me charge d’eux. Vous devez sortir les chevaliers d’or de là !
Devant le ton autoritaire et sûr de lui du vieux guerrier, les trois autres ne protestèrent pas.
- Tu crois que tu feras le poids vieux débris ? Ha, ha, ha ! Je vais t’envoyer faire un tour avec la mort ! PAR L’ENVOL DU BASILIC !!
L’attaque du spectre, bien que très puissante, s’échoua pourtant sur le mur invisible du cosmos d’Ellianor. Mais médusé, Sylphide ne vit pas sa puissance renvoyée vers lui ! Alors qu’il était à terre, ses deux compagnons s’avancèrent pour le protéger.
- Je n’en reviens pas il a renvoyé ton attaque ! Mais ça ne sera pas la même chose avec moi ! QUE LA HACHE DU MINOTAURE S’ABATTE SUR TOI !
Le puissant arcane du minotaure tomba avec lourdeur sur Ellianor. Au moment du choc, des étincelles, un conflit de puissance. Le poing puissant de Gordon était stoppé par un simple doigt de son adversaire. Qui semblait intouchable à cet instant !
- Votre puissance à vous autres spectres, est ridicule ! Je vais vous montrer ce qu’est ma véritable force ! Vous m’avez traité de vieux débris, alors découvrez la puissance du vieux débris !
En concentrant son cosmos, il repoussa à terre Gordon. Celui-ci regardait ahuris la puissance gigantesque qui s’échappait de son adversaire. Ce dernier continuait de se concentrer lorsqu’une puissance s’abattit sur lui avec violence, soulevant la poussière et faisant vaciller son cosmos.
- BLOOD FLOWER SCISSOR ! Tu n’aurais pas dû baisser ta garde ! Ha, ha, ha !... Qu… !!!? Impossible !
L’attaque de Queen n’avait pas eu le moindre effet sur Ellianor dont la concentration était désormais maximale.
- Bien essayé, maintenant c’est à mon tour ! Puisse votre folie vous être pardonnée ! PAR LA VAGUE DEFERLANTE !
Levant la main vers le ciel en invoquant l’arcane, Ellianor fit s’abattre une vague bleue et glacée si puissante qu’elle emporta comme des débris ses trois adversaires, déchirant au passage les glaces du Cocyte et torturant un peu plus le paysage. Lorsque la vague d’énergie retomba, il n’y avait plus de trace des trois spectres.
Pendant ce temps, Mù, Aiolia, et Milo avaient été sortis des glaces et se remettaient difficilement sur leurs jambes.
- Bon nous avons assez perdu de temps … en route … vous pouvez marcher ?
- Oui ça ira. Mais qui es-tu ? fit Mù
- Il ne veut pas nous le dire mais ce n’est pas notre ennemi » lui expliqua Canon.
- Tant mieux, je dois dire que sa puissance m’a assez impressionnée !
C’est sur ces mots de Milo qu’ils se mirent en route pour la dernière étape au fond de l’enfer.
Giudecca :
Hadès dans le corps de Shun faisait face à Ikki. De sa majesté naturelle, il toisait le chevalier de bronze pour lui avouer l’existence de l’ultime éclipse. Maintenant, le cosmos de Shun n’était plus et Hadès avait pris totalement sa place, ses cheveux noirs de jais pouvaient en témoigner.
- Ton frère n’est plus ! Il faut que tu renonces à combattre Phénix.
- Jamais !!
- Soit ! Tu mérites que je te donne la mort !
Pendant un instant l’incroyable cosmos de Hadès remplit la pièce et fit voler l’armure du phénix en éclat de même que son corps retomba inanimé au sol.
- Pandore, débarrasse toi de son corps avec respect je te prie ; je me retire ! Qu’on ne me dérange plus sous aucun prétexte.
- Bien majesté.
La dame noire quitte alors le maître des lieux. Le dieu des morts se retrouve alors seul à penser.
« L’énergie que j’ai ressentie tout à l’heure, je l’ai déjà rencontré il me semble. Je n’arrive pas à fouiller dans ma mémoire pour me rappeler à qui elle appartient. Cependant elle n’éveille aucune sensation négative en moi. Méfiance tout de même. J’ai perdu de vue le cosmos d’Athéna, depuis qu’elle suit le cours du fleuve Léthé… Si ça se trouve, elle se sera perdue dans l’enfer et je n’aurai pas à la combattre. Athéna, ton amour de l’humanité t’a poussée jusqu’à oublier tes anciens pouvoirs divins. Si seulement ta réincarnation d’aujourd’hui se souvenait combien tu es forte, je ne me sentirais pas aussi sûr de ma victoire. L’ultime éclipse est en cours. Rien ne pourra plus empêcher ma domination de la terre. Les quelques chevaliers encore en vie ne feront pas le poids … et puis il me reste Elision ! Ha, ha, ha !! »
Le calme régnait à la Giudecca, Hadès utilisait son cosmos pour ressentir tout ce qui se déroulait sur son territoire. Il se focalisait sur Athéna, il la cherchait, la scrutait, et à sa grande surprise il sentit son cosmos non loin de lui. Mais un second cosmos l’accompagnait. « Pff, encore un de ces chevaliers ridicules, qui sont-ils face à moi ! » se dit-il.
Il détourna un instant son esprit de cette direction puis essaya de capter le combat des trois titans avec une force qu’il n’identifiait pas. Mais alors que son œil mental se rapprochait de la 5ème prison, il fut violement rejeté par une barrière de cosmos. Comme si la personne qui se battait en ce moment ne désirait pas qu’il puisse la voir.
C’est alors qu’un bruit de pas résonne dans la maison du seigneur noir. Ce bruit le tire de sa quiétude.
- Qui va là ? J’ai demandé qu’on ne me dérange pas … repars !
- Désolé mais je ne repartirai qu’après avoir pris votre tête.
- Shaka !? Ainsi tu as pu parvenir jusqu’à moi … mais où est Athéna …
- Cela n’a pas été facile pour nous de vous retrouver. Nous avons d’abord cru que vous étiez en Elision. Et c’est là bas que nous sommes allé vous chercher.
- Elision ? Même pour Athéna ça n’a pas dû être facile.
- En effet, nous avons remonté le fleuve Léthé, et nous nous sommes égarés. Nous avons fait demi-tour en sentant votre cosmos ici. On ne pensait pas vous trouvez dans un lieu pareil. Toujours est-il qu’il faut vous préparer à mourir. Moi, Shaka vais vous tuer !
- Non Shaka, tu ne dois pas, c’est Shun.
De sa présence divine, Athéna avait arrêté d’un mot la main de son chevalier.
- Non, Shun n’est plus, ce n’est que l’âme d’Hadès dans le corps de Shun. Considérez que Shun lui-même est déjà mort. Je suis sûr qu’il souhaiterait que nous tuions Hadès.
- Attends, rien ne nous dit qu’en l’attaquant tu tueras Hadès. Tu ne feras peut être que blesser le corps sans pour autant toucher l’âme. Ne l’attaque pas maintenant. Tu m’as compris ? Pas ici, pas maintenant.
Dignement, la déesse, s’avance devant le trône de l’empereur des ténèbres. Puis à la surprise de Shaka et d’Hadès, elle s’agenouille devant ce dernier.
- Hadès, je suis venue vous formuler une requête. Je veux que vous arrêtiez l’ultime éclipse.
- Athéna, l’ultime éclipse est inévitable. Même toi, et tout le pouvoir dont tu disposes tu ne pourras l’arrêter. Car elle émane de la volonté de Dieu.
- Je ne l’ignore pas. C’est pourquoi j’en suis venue à formuler cette requête en échange de ma vie.
- Quoi !!!? Non Athéna ne faîtes pas ça ! » fit Shaka terrifié.
- Tu veux dire que tu te sacrifierais ? Pour sauver la terre ?
- Oui, si par ma mort je peux sauver la vie de millions d’êtres humains, rien ne me donnera plus de bonheur.
- Soit, j’accepte ta vie. Shaka, prends cette lance, et tue Athéna. Réjouis toi pour elle !
- Oui je la prends. Oui je suis me réjouis car c’est vers toi que je la dirige !
Mais alors que l’artéfact s’élançait vers Hadès, Athéna stoppe la lance en mouvement et l’empêche d’atteindre l’empereur des ténèbres. Méprisant Athéna du regard, ce dernier toisa Shaka.
- Toi que l’on disait l’homme le plus proche d’un dieu, tu es comme les autres. Je vais donc te tuer.
Mais alors qu’Hadès tentait de lancer la lance vers le chevalier d’or, Athéna se tînt devant lui, fière et digne, le défiant du regard.
- Ecarte toi Athéna, ou bien cette lance de transpercera avant d’atteindre de toute façon Shaka.
Exécutant aussitôt ses dires, Hadès lança la lance en direction de la déesse et de son serviteur. Mais Athéna parvînt à stopper à mains nues la lance du dieu des enfers et son sang vînt maculer la lame de cette dernière.
- Que t’arrive t-il Athéna ? Est-ce que tu aurais peur de mourir ou bien ta vie te serait soudain apparue si précieuse ?
- Hadès, ma priorité est d’arrêter l’ultime éclipse. D’ici là je ne te permettrai de tuer personne. Ni Shaka, ni Shun ! PERSONNE !!!
La déesse enflamme alors son cosmos, et à son contact et celui de son sang, Hadès ressent une souffrance indicible.
- Ahh !! Le sang d’Athéna me brûle … Il est brûlant !
- C’est le cosmos de Shun qui reprend vie au contact de mon sang ! SHUN ! Rejette Hadès de ton corps ! Enflamme ton cosmos !
- Quelle souffrance, je ne peux plus rester dans ce corps !
Dans un grand éclair blanc, l’âme de Hadès s’extrait du corps du chevalier Andromède. Seule son âme flotte à présent au dessus du corps inanimé de Shun.
- Pourquoi … ce corps a été choisi pour accueillir mon âme.
- Hadès toi seul a choisi ce corps. Shun est né pour devenir chevalier et non pour servir de pantin à un dieu comme toi ! Renonce à cette guerre. Ton propre corps n’est pas ici, tu ne peux plus ressusciter à notre époque. Arrête l’ultime éclipse !
- Non ! Pas si près du but ! L’ultime éclipse est imminente ! Mm … Si je dois renoncer je t’emporterai donc avec moi !! Aaahh !
Une vaste lumière blanche aveugle tout ! Puis soudain, le chevalier de la vierge se retrouve seul face à l’absence des deux divinités.
Cinquième prison :
Orphéo venait de renvoyer Rhadamanthe à la vie terrestre, et son cosmos peu à peu s’éteignit. Il regarda autour de lui la désolation de ce lieu si particulier qu’était l’enfer. Il sentit soudain au fond de son cœur toutes les plaintes des morts. Il eut un sourire amer, puis se retourna en direction de la Giudecca. C’était l’heure pour lui ! Le cosmos d’Athéna venait de passer en Elision ! Il savait que maintenant le temps allait jouer contre eux. Il leur fallait faire vite. Il ressentait au loin le cosmos chaleureux d’Ellianor. Il sourit en pensant à lui. Cet homme sans âge qui était autrefois son maître et qui désormais le servait avec dévotion. Pourtant, lui ne considérait le vénérable chevalier ni comme un maître, ni comme un valet mais plutôt comme la figure paternelle qu’il n’a jamais connue. Il se sentait très mal à l’aise avec le dévouement dont faisait preuve Ellianor. Certes son pouvoir était grand, mais il n’avait pas le sentiment d’être aussi puissant que l’espérait son mentor. Au fond de lui Orphéo doutait plus de lui-même que de la perception d’Ellianor qui avait vu en lui l’héritier.
« Après tout, qui suis-je ? Se dit-il, parfois j’ai l’impression de ne pas avoir les épaules assez larges pour endosser mon destin. Se peut-il que l’héritier faillisse ? »»
Cocyte :
Canon, Ellianor, Hyoga, Shiryu, Mù, Milo, et Aiolia se tenaient sur la glace éternelle qui emprisonnait les guerriers qui les avaient précédé lors des différentes guerres saintes. Une vive émotion parcourut le petit groupe, mais pas longtemps car ils furent ressaisis par la voix de Shiryu dont le regard venait de tomber sur une silhouette endormie qui leur était familière.
--Seiya !!
--Sortons le de là ! Vite. Fit Hyoga.
Les deux compagnons s’approchèrent de leur ami pour l’extraire des glaces, suivi du regard par les chevaliers d’or. Ces derniers sentirent tout à coup la fin du combat entre Orphéo et les trois juges.
-- Bon en voilà trois de moins. Dit Canon sur un ton de robot.
Le Lion frissonna à cotés de lui.
- Quelle puissance !! Mais qui est-ce ?
- Il dit s’appeler Orphéo. Il est arrivé ici avec l’autre touriste …
Canon avait dit cela en désignant Ellianor et sur un ton persifleur pour défier le vieil homme. Ce dernier ne prit même pas la peine de s’offusquer de la défiance du chevalier des gémeaux. Il se contenta d’un sourire amusé, puis s’avança vers Seiya qui haletait et peinait à se remettre debout.
- Allons chevalier, il faut te ressaisir. Athéna attend son armure et c’est toi qui l’as.
Sur le chemin Hyoga et Canon délivrèrent à Pégase le peu d’informations dont ils disposaient quant à la venue des deux inconnus en enfer. Mais le malaise était dans leur cœur, car tous suivait au loin la lutte entre leur déesse et Hadès qui, ils le savaient maintenant, possédait le corps de Shun. Arrivé à hauteur de la première Sphère, ils sentirent un combat à l’intérieur. Ils connaissaient l’un des deux combattant, celui qui visiblement venait de porter le coup fatal. Ils accrurent alors leur course pour rejoindre l’entrée.
Ils furent tous saisi de stupeur devant la beauté du Palais qu’était la première Sphère, demeure d’un des trois juges des enfers. Le marbre était glacial, et les portes en bronze n’étaient pas très chaleureuses, mais on ne pouvait nier que, à cotés du reste de l’enfer, ce lieu était comme une fleur dans le désert. Les lourdes portes étaient entrouvertes, et quand ils entrèrent, ils virent la seule et unique salle du lieu, qui était une vaste salle de colonnes, posés sur un sol si brillant qu’on eût dit un miroir. Le chevalier du Dragon aperçut le premier l’homme qui venait de vaincre un spectre qu’il reconnu comme étant Valentine de la Harpie.
- Vieux Maître !!
- Shiryu, heureux de te voir enfin. Mais qui est avec vous ? … Non … ce n’est pas possible ! Maître Ellianor !
- Vous connaissez le vieux maître ?
- Oui jeune Dragon, je connais ton maître. Il y a bien longtemps qu’on ne s’est vu n’est ce pas Dokko ?
- En effet maître.
- Maître ??
- Techniquement, ce n’est pas tout à fait cela. N’est ce pas chevalier de la Balance ?
-
-- Le maître du chevalier du Verseau mais alors si je comprend bien, il est quelques part aussi mon maître ?
- Tu ne crois pas si bien dire Hyoga ! Mais l’heure n’est pas encore venue pour moi de tout vous révéler. En route, nous n’avons pas une minute à perdre !
Giudecca :
Devant le mur des lamentations, Shaka, le chevalier le plus proche de Dieu se tenait à genoux. « Qu’il porte bien son nom ce mur ! Je n’aurais jamais cru qu’un simple mur m’arrêterait ». Il serrait son poing ensanglanté par les coups qu’il avait tenté de porter au dernier rempart de l’enfer. Malgré le déchaînement de tout son cosmos il n’avait pas pu ne serait-ce que l’entailler, et des larmes tombaient au sol comme une sentence d’impuissance. Mais un chevalier d’Athéna ne sait se laisser aller à la tristesse et au désespoir. Il se relève et frappe encore et encore ce mur. Ses mains craquent sous la pression, ses poings brisés le brûlent de douleur mais il continue. La puissance de ses coups ne faiblit pas malgré les cris déchirants que la douleur peut lui arracher lorsque ses os se brisent sur la pierre froide du mur.
Un peu plus loin, au pied du trône de l’empereur des enfers se tient un jeune garçon enveloppé dans un grand manteau noir en lambeaux. Il est là étendu et inconscient. Sa main remue, ses grands yeux verts s’ouvrent peu à peu et la brume de son regard se dissipe pour laisser place à une vision qui l’interpelle. C’est une armure, elle est rose, et est entourée de chaînes. Ça y est il se rappelle. Il est Shun, chevalier d’Andromède. Sa mémoire encore brumeuse il y a un instant vient tout à coup de redevenir limpide. Il se lève d’un bon et fait exploser son cosmos, et revêt son armure dans le même temps.
-- Mais … où est Athéna ? Je me souviens que j’ai senti son cosmos lorsque j’ai réussi à expulser Hadès de mon corps… Et mon frère où est-il ?
-- Attends Shaka !
- Shun ? … pff, laisse moi faire, on ne peut détruire ce mur.
- Pourtant ce n’est qu’un mur.
- C’est le dernier lieu de l’enfer, le mur de lamentations. On ne peut le détruire que s’il est frappé des rayons du soleil !
- Les rayons du soleil ? Mais alors …
- Oui tu as compris, les rayons du soleil ne peuvent arriver jusqu’ici qui est le lieu le plus profond du Mekaï. Mais il y a une chance qu’en me sacrifiant je puisse réveiller dans mon cosmos un infime rayonnement du soleil.
« Te sacrifier ne changera rien Shaka ! »
- Dokko !! … Seiya, Hyoga, Shiryu, Canon, Mù, Aiolia, Milo et … ??? Qui est-ce ?
- Un ami, il est venu se joindre à nous pour cette guerre. C’est le maître du maître de Dokko. Il s’appelle Ellianor fit Seiya.
- L’ancien maître de Dokko ? Mais comment ?
- Nous sommes venus pour aider Athéna et ses chevaliers, pas pour parler de moi. Il est temps que les guerres saintes prennent fin…
Sur ces mots, le sage guerrier concentre sa force. Son voyage mental le mène à travers le Mekaï, le puits de l’enfer, l’Allemagne, la Grèce, le Sanctuaire, pour enfin trouver Bulaï.
-Bulaï ? Tu m’entends ? Il est l’heure pour toi d’accomplir ta mission !
Sanctuaire d’Athéna :
Bulaï continuait sa méditation sous le regard un peu hébété de Shina et des autres. Le géant émettait un cosmos puissant et bienveillant et, au final, ils étaient assez heureux que cela se soit passé ainsi et qu’il n’eussent pas à l’affronter. Mais alors qu’il venait de sentir le cosmos d’Athéna disparaître, un autre cosmos envahit la place et semblait entrer en résonance avec celui de Bulaï. Ce dernier d’ailleurs imperturbable jusque là ouvrit aussitôt les yeux et se mit debout. Il semblait parler à une voix que lui seul entendait.
-- Bien, j’y vais de ce pas je ne suis pas loin. Non je ne me suis pas battu, mais je n’ai pas pu y aller… Oui c’est bien eux qui m’en ont empêché et comme j’ai reçu des ordres, je n’ai pas insisté étant donné que je peux m’y rendre en un battement de cil … Oui, je vais faire comme vous me le demandez. Comptez sur moi.
Jabu était complètement éberlué, il se demandait qui pouvait bien parler à ce géant et l’avoir troublé ainsi. Mais il n’eut pas tellement le temps de se poser des questions que déjà Bulaï se retournait vers lui.
-- Je ne peux plus attendre. Je dois me rendre sur le mont étoilé à tout prix. Si l’un de vous tente de m’en empêcher, je le neutraliserai.
C’est à regret que Shina se remit alors en position de combat prête à sacrifier sa vie pour sa mission ; mais alors qu’elle s’apprêtait à donner l’assaut, une main l’arrêta. C’était Marine.
-- Arrête Shina. Je ne pense pas qu’il soit une menace. Et si tel était le cas, au vu de sa force, nous ne pourrions pas l’empêcher d’aller au mont étoilé. Il ne s’est pas montré agressif et prétend vouloir se ranger auprès d’Athéna dans cette bataille. Et c’est lorsque le cosmos de notre déesse disparaît qu’il se met à vouloir forcer le passage. Peut-être devrions nous lui faire confiance tout simplement.
- Marine a raison Shina. Et puis nous pouvons le suivre pour comprendre ce qu’il cherche à faire.
- Le suivre ? Es-tu stupide Jabu ? Star Hill, est réputé difficile d’accès même pour un chevalier d’or. Marine a failli mourir en tentant de s’y rendre. Alors toi qui n’es qu’un faible chevalier de bronze, tu prétendrais pouvoir suivre un homme au cosmos au moins égal à un chevalier d’or dans cette quête ? Reprend ta raison.
Cependant, comme indifférent avec ce qui se passait autour de lui, Bulaï continuait sa conversation télépathique avec Ellianor.
- Bien maître, je fais au plus vite. Considérez que j’y suis déjà.
A ces mots, Bulaï se mit à courir vers le mont étoilé, et les chevaliers d’Athéna s’écartèrent alors de son passage sans savoir au juste quelle était sa mission. Tandis qu’il touchait au but, les chevaliers se décidèrent à le suivre au pas de course. Arrivé devant la paroi rocheuse, le mystérieux guerrier se fixa devant un endroit précis de la paroi. Il sortit alors de sa poche une sorte de cartouche, qu’il dévissa pour en sortir un petit manuscrit qui comportait des symboles qu’aucun des chevaliers présents n’avaient encore vu.
- Bon alors d’après le parchemin, ça devrait être ici … Voyons ça.
Et tandis qu’il tâtait la paroi rocheuse, un morceau de pierre s’enfonça comme l’interrupteur d’un mécanisme très ancien. Tout autour de la paroi apparurent alors des lignes et des symboles qui brillaient d’une lumière bleuâtre évoquant celle des étoiles par un soir d’été. Ces runes s’inscrirent jusqu’au sommet de Star Hill où les écrits se rejoignaient. Une puissante lumière apparut alors depuis l’autel situé sur le point culminant. Le faisceau d’abord très large s’amincit et ne persista plus qu’une légère lueur couvrant comme un dôme le pinacle du sanctuaire. La lumière semblait battre comme un cœur, et les inscriptions de la paroi ne s’étaient pas éteintes.
- Voilà … je l’ai libéré maître. Je vais au sommet pour finir l’incantation.
Bulaï agenouillé augmenta alors son cosmos comme pour saluer l’épée, puis il se mit à parler dans une langue qu’ils ne connaissaient pas : « « Ô épée millénaire d�Alandor, l�heure est venue pour toi de trouver l�héritier. Le temps de la douleur est venu, nous implorons ton pouvoir pour nous défendre ! » »»
Sitôt dit, le chevalier de l’aigle se jeta dans les escaliers qu’elle dévala avec toute l’agilité et la rapidité dont elle savait faire preuve en temps utiles.
Le mur des lamentations :
Ellianor et les chevaliers survivants se tenaient là depuis un moment déjà et ils avaient guetté le retour d’Orphéo qui ne tarda d’ailleurs pas. Ce dernier semblait encore perturbé par le combat qu’il avait mené il y a quelques minutes face aux trois juges. Il ne croisa pas le regard des Saints d’Athéna qui le dévisageaient avec stupeur devant son apparente fragilité. Canon surtout, ne comprenait comment il avait pu mal jauger à ce point cet homme. Quand Orphéo passa devant lui, Shaka eût un frisson. Il allait parler mais il fut arrêté par un hochement de tête d’Ellianor qui semblait avoir deviné ses pensées, et lui faisait comprendre par là qu’il n’était pas encore l’heure que tous soient au courant.
--
Quelques instants plus tard, la médaille que portait Ellianor autour du cou se mit à briller. Son cosmos s’alluma mais presque indépendamment de sa volonté. Il répondait à un écho. Les rides de son visage semblaient être devenues moins profondes, et son visage se raffermit tandis que son corps semblait reprendre de la vigueur. Bien que les années restent sur son visage, et que ses longs cheveux blancs comme la neige trahissent encore son âge, il n’en était pas moins qu’il venait de rajeunir. Mais les autres ne le remarquèrent pas tout de suite, occupés qu’ils étaient à contempler Orphéo. Ce dernier, peu après que Bulaï ait libéré l’épée, entra en transe. Son cosmos se déploya encore plus qu’avant dépassant ce que les autres pouvaient alors imaginer, de doré, il se teinta en bleu opalin, et se mit à vibrer. Ses cheveux bleus s’étaient comme éclairés, tandis que ses yeux semblaient être parti dans le lointain. Orphéo qui était debout avait à ce moment là pris sa tête entre ses mains comme s’il venait de ressentir quelque chose ou quelqu’un y entrer, puis sa propre conscience le quitta quelques instants pour déployer sa formidable aura. Son corps ne semblait pas avoir changé, mais quelque chose d’indéfinissable le rendait plus charismatique, comme si la fragilité qu’il inspirait il y a encore quelques instants avait disparu. Puis le calme revint. Alors les chevaliers remarquèrent dans la main d’Orphéo une épée luminescente dont la lame brillait comme un diamant surmontant une garde d’argent. Aucun n’osait bouger, guettant un mot, une parole, un geste.
Ce fut Ellianor qui rompit le silence. Il défit sa tunique sombre, dévoilant ainsi la natte de ses cheveux blancs qui était nouée par plusieurs bandeaux bleu azur rappelant celui de ses yeux. Sa tenue habituelle consistait en un habit romain orné d’élément de cuir et d’or, qui se tenaient au plus près de son corps. Il portait une toge blanche, deux épaulettes d’or, une ceinture en cuir avec un fermoir en or. Ses bras et ses jambes portaient les mêmes protections en or centrées par un saphir que Bulaï. Il s’agenouilla alors devant Orphéo avec une déférence qu’il ne lui avait pas encore témoignée jusqu’ici. Orphéo, contrairement à tout à l’heure, ne sembla ni surpris ni gêné.
-- Ô, majesté. Bienvenue parmi nous. Il y a bien longtemps que je vous attendais. Je me réjouis de vous revoir, même si, hélas, je ne sais que trop ce que cela signifie pour les peuples de Gaïa et de l’univers.
Orphéo lui répondit avec une voix qui semblait ne pas être la sienne, comme un écho dans la nuit.
-- Je suis également ravi de te revoir mon ami, même si comme toi je connais les épreuves qui vous attendront toi et mon héritier. A ce propos, je te félicite, tu l’as bien formé. Je ne ressens pratiquement pas de souffrance de sa part.
- Merci, majesté, mais à vrai dire, je n’y suis pas pour grand-chose, le sang qui coule dans ses veines est un atout bien suffisant pour vous accueillir.
Orphéo sourit à son ami, et en lui posant la main sur l’épaule, lui fit signe de se relever. Il se tourna alors vers les saints d’Athéna qui venaient d’écouter la conversation sans rien y comprendre, si ce n’est qu’apparemment, le corps d’Orphéo était habité par une autre âme. Il s’apprêtait à leur parler mais fut coupé par Seiya.
- Qui es-tu ? Toi aussi tu es un dieu qui utilise des humains pour se réincarner ? Serais-tu Zeus ?
- Non, je ne le suis pas. Je me nomme Alandor, et je suis l’ancêtre d’Orphéo. Si j’ai investi son corps, c’est par le pouvoir de notre épée qui contient ma force et mon âme. Je réapparais afin de vous aider dans une guerre qui risque de changer la face du monde. Mais même si je ne suis pas Zeus, considérez malgré tout que je suis un dieu. Le dieu des étoiles.
-
-- Parce qu’il est des légendes que le monde préfère oublier. Mais cessons de perdre du temps. Comme vous le savez sûrement, le mur des lamentations ne peut être franchi que par des dieux et ne peut être détruit que par le soleil. Or, comme vous venez de le comprendre, le soleil étant aussi une étoile, mon cosmos peut vous aider à traverser cette muraille. Aussi vais-je rester ici et utiliser mon cosmos pour vous faire traverser les dimensions jusqu’à Elision. Vous pourrez ainsi achever votre guerre. Ellianor, quant à lui, restera auprès de moi. Il veillera sur le corps d’Orphéo pendant que je suis ici et que je vous guiderai. La victoire vous appartiendra si vous parvenez à vous unir dans l’idéal de l’amour de la vie. Puissiez vous être victorieux ! Bonne chance.
Sur ces entrefaites, Alandor se dirige vers le mur des lamentations. Il le frôle de la main. Puis s’assoit en lotus devant celui-ci avant de commencer à méditer. Son cosmos rayonnant enveloppe alors peu à peu l’espace et semble s’insinuer dans les interstices de la pierre millénaire du mur. Puis, un instant, un flash de lumière les aveugle tous et quand ils ouvrent à nouveau leurs paupières, le mur s’est effacé et fait place à un courant noir, torturé, distorsion d’un espace où seuls les dieux peuvent pénétrer. Mais tandis que Mù tente le premier de faire un pas, il s’aperçoit qu’ils sont entourés de bulles de cosmos qui les enveloppe, et les guide vers ce courant sombre, vers Elision, vers leur déesse.
Ellianor, qui reste seul avec Orphéo contemple la scène du départ des chevaliers d’Athéna. Il sourit, puis monte les marches jusqu’à son jeune maître dont le corps est investi d’un esprit qui le dépasse. Il s’assoit près de lui et se retourne vers les limbes qui ont englouti les Saints. « Bonne chance chevalier, que la lumière d’Orphéa soit avec vous ».
Alors un sombre silence passe dans la Giudecca. Puis le cosmos qui illuminait l’espace s’estompe et une voix s’étouffe dans un murmure. « Je les ai guidés, à eux de trouver le chemin ». Alandor échange alors un regard attendri avec Ellianor.
- Je ne peux pas faire mieux, le petit ne peut pas encore recevoir toute mon énergie, ça le tuerait.
- Je sais bien maître. Vous avez fait ce que vous pouviez. J’ai pourtant essayé de dissuader Orphéo de gaspiller son énergie inutilement, mais il n’en fait qu’à sa tête. Il n’a pas votre sagesse majesté.
- Pas encore mon ami, pas encore…
- Je prie pour que vous ayez raison. Il a un si grand poids sur les épaules. Etes vous sûr de vous ?
- As-tu jamais douté de moi ?
- Non, mais j’aimerais pouvoir lui épargner le destin cruel des Erhitils.
- Justement, il lui est offert la possibilité de ne pas avoir à subir cette destinée cruelle sans agir. Il a la possibilité de terrasser le destin. Il faudra le soutenir et le guider pour cela … mais au fond, cela lui appartient à lui, et à lui seul.
- Oui majesté. En attendant je prie également pour la victoire des chevaliers d’Athéna. Ils sont bien courageux, et leur force comparée à celle des ennemis me fait frémir, j’ai peur qu’ils ne soient sacrifiés pour rien.
- Oui, tu as raison, ce sont des enfants très courageux. Mais, même si malheureusement, beaucoup mourront, ils trouveront la voie vers le cosmos, le vrai, celui qui guide l’univers. Et avec cette force en eux, même s’ils meurent, ce ne sera pas un sacrifice, mais une fin tragique que l’on chantera pendant des siècles et des siècles. Ils accompliront des miracles crois-moi !
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Cette fiction est copyright Achille.
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.