Chapitre 3: La Terre des dieux

 

Elision :

 

Une lumière par delà les ombres, un paradis au-delà de l’enfer, tel est Elision, témoin de la puissance des dieux. Sur une terre ancestrale et immaculée, située sur terre mais protégée par des portes dimensionnelles excessivement puissantes, là se trouve la terre de repos du seigneur noir. C’est une immense prairie fleurie, parsemée de monuments à la gloire du prestigieux hôte des lieux. Elle est habitée d’être purs et innocents, dont la seule vue réchauffe l’âme : Les nymphes. Alors que l’une d’entre elle se rend vers une source pour s’abreuver, en levant ses magnifiques yeux clairs elle aperçoit au loin une dizaine de points lumineux qui s’abattent un peu plus loin faisant trembler le sol et soulevant la poussière. Epouvantée, elle s’enfuit dans la direction opposée jusqu’à perdre haleine. Elle ne le sait pas encore, mais sa vie à Elision en sera à jamais bouleversée.

 

Au loin, à l’endroit du choc, plusieurs hommes sont étendus à terre, inconscients. Ils ont déjà vécu des dizaines de combats. Ils sont onze, six chevaliers d’or et cinq de bronze. Leur venue est miraculeuse. Ils sont sur la Terre des Dieux et des bien heureux, le paradis. Leur inconscience, est-elle due à leur voyage à travers les dimensions ? À leur combats précédents ? Sont-ils plus simplement envoûtés par ce lieu magique et enivrant ?

 

Une odeur de chair brûlée témoigne de la rudesse de ce voyage. Pourtant tous sont là, bien vivants… un privilège au pays du repos éternel ! Une fine brise décolle les quelques pétales de fleurs qui se sont déposées sur les cheveux bleus de l’un d’entre eux. Sa main saisit le sol, et s’agrippe à la terre fraîche comme s’il s’agissait de son dernier lien à la vie. Puis le poing se ferme sur une touffe d’herbe tandis que le corps se soulève et que les cheveux passent un à un lentement près de son visage. Debout, il regarde ses compagnons, mais détourne aussitôt les yeux. Il doit partir, il le sait, un seul suffira à changer le monde. Mais à peine a-t-il fait le premier pas en avant qu’un second guerrier se lève.

« Canon, ne nous attends pas ! Je te rejoins… »

Canon sourit, celui dont les paroles ont toujours été sagesse, est avec lui. Dokko le chevalier de la Balance, le plus puissant des guerrier d’une génération désormais presque éteinte, celui qui a transmis le flambeau aux chevaliers d’or. Son courage et sa dévotion à Athéna ne se sont jamais démentis même à travers deux siècles et demi d’attente. Grâce à lui, Canon en est sûr, les chevaliers d’or triompheront de l’empereur des ténèbres. Ils n’échoueront pas !!

 

Le vieux maître se ressaisit bien vite. Il regarde ses compagnons. Ils sont si jeunes à coté de lui, pourtant pas un ne lui est inférieur quant au courage et la foi qu’ils ont en Athéna. Il s’arrête un court instant sur Shiryu et Mù, sans doute ses préférés, son disciple et son ami. Mais lui non plus ne peut guère s’attarder, il lui faudra donc abandonner à leur seule force ses amis. Puis il file comme un jet de lumière vers Canon. « Pff, qui l’aurait pensé ! Le vieux maître et le traître… certaines histoires ne peuvent être que vécues, car elles sont incroyables ! ».

 

Le soleil d’Elision ne se lasse jamais de darder ses rayons doux sur les plaines sacrées qui ne connaissent pas les ténèbres de la nuit. Tel est le pouvoir d’Hadès, le seigneur noir. Tandis que Canon se dirige vers les temples sacrés encadrant le repos d’Hadès, une voix l’arrête.

 

« Halte ! Tu n’as aucun droit de fouler cette terre sacrée, et encore moins de pénétrer le temple de sa majesté. Chacune de tes respirations est une offense à ce lieu mythique. Moi Thanatos vais te détruire pour ton impudence. »

 

L’homme aux cheveux d’argent qui venait de parler, avait le regard froid de la mort. Il portait une grande Toge blanche surmontée d’épaulettes noires. Bien que seul, le cosmos qu’il dégageait incitait cependant à la prudence et Canon se mit presque aussitôt en garde faisant face à un adversaire inconnu. Bien qu’il crût que les trois jugent fussent les plus puissants des spectres, il n’en déduit pas moins que l’homme à qui on avait confié la mission d’être le dernier rempart des forces d’Hadès devait être certainement redoutable. Le cosmos du chevalier des gémeaux grandit donc en réponse à la somation de son adversaire. Thanatos sourit, semblant sûr de sa force. Il fit quelques pas vers son adversaire nullement impressionné par son attitude offensive.

-         Alors jeune chevalier, tu penses pouvoir me vaincre. Je te le dis franchement, je ne sais par quel miracle tu as pu venir ici, mais la force qui vous a aidé s’est dissipée. Et sans elle tu ne pourras me vaincre car je suis un dieu et aucun humain ne peut vaincre les dieux.

-         Tes paroles impressionnent peut être tes autres adversaires, mais moi Canon des Gémeaux ai réussi à manipuler les dieux. Et ton arrogance ne m’impressionne pas.

 

Thanatos fut surpris de l’insolence de son adversaire. Comment ne voyait-il pas leur différence de puissance ? Etait-il fou ? Ou bien était-il sûr de lui ? Le dieu qui commande la mort balaya ces pensées d’un revers de main et fit flamboyer son cosmos argenté et glacial. Puis décocha une boule de feu surpuissante vers le gold saint comme pour finir les présentations. Ce dernier esquiva l’attaque sans mal puis se réceptionna à deux mains au sol. Foudroyant son adversaire du regard il lui tendit un poing rageur dans lequel il concentrait son cosmos.

-         Apprends à connaître la force des chevaliers d’or ! Gemini Illusion ! 

 

 

Lorsqu’il ouvrit la main l’espace se déforma autour d’eux projetant une illusion parfaite du monde des morts, de la dernière prison pour être précis. L’enfer glacé autour d’eux ne fit pas sourciller Thanatos, mais celui-ci se tînt cependant près à toute éventualité. Car s’il méprisait les humains, force était de reconnaître que ce chevalier d’or était plutôt doué pour créer ce genre d’illusions. D’ailleurs l’apparition du décor macabre coïncidait avec la disparition de la silhouette de Canon qui semblait s’être fondu dans l’espace. Une voix caverneuse et puissante résonna dans les oreilles du dieu.

 

« Désormais, tu ne peux plus ni me voir, ni me sentir. Tu vas découvrir pourquoi cette illusion est puissante ! »

 

Et comme pour vérifier ces propos, Thanatos croisa les bras en signe de défi. Mais ce qu’il vît lui fit perdre un instant son assurance. Où qu’il projette son regard, le coccyte s’étendait autour de lui. Mais ce qui le surprit, fut de voir les adversaires, qui jadis le combattirent dans les guerres saintes, se lever, même ceux à l’état de squelette avançaient vers leur ancien bourreau. Bien que conscient de l’illusion, Thanatos prêtait malgré lui attention à ce qui se déroulait sous ses yeux. C’est ce moment que choisit alors Canon pour réapparaître devant lui et lui décocher un magistral coup de poing dans l’abdomen déchirant la toge et faisant vaciller la divinité qui fut projetée à quelques mètres sans pour autant tomber à terre. L’illusion était retombée et Thanatos regarda plein de haine son adversaire qui visiblement exultait de sa démonstration de puissance. Il passa la main sur son ventre et sentit une dépression dans son armure. Il eût un haut le cœur à l’idée qu’un humain soit capable de le désarçonner. Mais il n’avait pas dit son dernier mot ! Ce Canon allait pouvoir goûter à l’amertume après l’avoir défié. Reprenant son calme dans une profonde inspiration il reprit la parole :

 

« Je te félicite jeune chevalier. Je t’ai sous-estimé je l’avoue. Mais ne crois pas pouvoir t’en tirer aussi facilement face à moi, ou bien c’est toi qui commettrais l’erreur de me sous-estimer. Découvre la colère d’un dieu ! DEATH BOLTS ! »

 

De la main de Thanatos s’échappe alors une multitude de boules de feu étincelantes et aux directions aléatoires. Canon évita les premières mais fut vite frappé par plusieurs des suivantes. Sentant ses genoux vaciller et par là même sa dernière heure arriver, ce qu’il entendit ne fut pas l’explosion de son propre corps mais plutôt une invocation « CRISTAL WALL !! »

 

Aussi surpris qu’heureux, Canon vit les longs cheveux mauves de Mù qui pendaient devant lui. A ses cotés, se tenait également Dokko, bouclier de la balance en main et Shaka dont les yeux ouverts témoignaient de la puissance qu’il avait dû déployer pour aider les deux autres à contrer l’arcane du dieu de la mort. Trois chevaliers d’or ! C’était plus que Canon espérait. Maintenant la victoire leur appartenait. Mais la mort ne se vainquait pas aussi facilement !!

 

« Pff… vous me faîtes rire. Vous pensez sincèrement que parce que vous êtes des chevaliers d’or la victoire vous appartient déjà ? »

 

Mais déjà accourent les autres : les bronzes, Aiolia et Milo. Cependant, Thanatos ne semble nullement décontenancé par le nombre de ses ennemis. Il semble, au contraire, plutôt amusé, et déjà il s’avance vers eux d’un pas décidé.

 

-         Nous n’avons pas de temps à perdre, ordonna le vieux maître, Athéna est en danger. Chaque minute compte. Canon, Aiolia, partez devant, on s’occupe de lui avec Shaka et Mù.

-         Es-tu devenu fou ? Pense-tu réellement que vous allez m’arrêter alors que vous n’êtes que trois ? Réalisez votre erreur ! TERRIBLE PROVIDENCE !

 

C’est l’arcane le plus puissant du dieu qui dévaste alors les chevaliers d’or. Ils réussissent cependant à élever une barrière de cosmos qui leur permet d’atténuer le choc. Mais la poussière retombe bien vite et Thanatos marche vers eux couvrant de son ombre les chevaliers à terre. Tandis qu’il s’apprêtait à frapper pour les achever, une ombre apparaît derrière lui.

 

-         Je t’avais prévenu, je ne crains pas les dieux. Tu viens de faire une erreur en me tournant le dos ! GOLDEN TRIANGLE !

 

Et de toute la force de son cosmos, Canon projette son arcane à bout portant et Thanatos quitte Elision. Laissant aux chevaliers le champ libre.

 

-         Venez, il faut avancer fit le chevalier des gémeaux.

-         Il a raison, de plus il n’est certainement pas mort. Il risque de revenir assez vite. Bravo quand même Canon ! Tu nous fais gagner un temps précieux.

 

Le vieux maître en prononçant ces mots, porta sur Canon un regard qui remplit celui-ci d’orgueil. Un échange plus rapide qu’un battement de cil, mais il venait de gagner le respect du plus sage d’entre tous !

 

-         On garde les remerciements pour plus tard s’il vous plaît, siffla Milo… Il nous reste à délivrer Athéna.

 

Et les onze amis se mirent en marche vers les marches du temple sacré de l’empereur Hadès. Mais tandis qu’ils approchaient, Dokko s’arrêta net.

-         Qu’y a-t-il ? demanda Seiya

-         Je vous conseille de ne pas avancer un pas de plus…

-         Pourquoi donc vieux maître ? » Fit  Shiryu, non sans lire l’angoisse qui transpirait sur les tempes de Dokko.

-         Nous avons un nouvel adversaire.

-         Thanatos !

 

Canon avait blêmi en murmurant ce nom… Mais la voix de Shaka le tira de ses pensées.

-         Non, il lui ressemble, mais il n’est pas Thanatos.

-         Bravo pour ta perspicacité, chevalier, je ne suis pas Thanatos. Je suis Hypnos, le dieu qui commande le sommeil. Et ma mission est de vous arrêter. Je n’aime pas la violence et si vous acceptez de fuir en renonçant à sauver Athéna, je serai clément et ne ferai pas couler le sang inutilement.

-         Tu plaisantes !? Nous n’abandonnerons pas. Et d’abord où est Athéna ?

 

La question de Hyoga était sur toute les lèvres, mais au fond seul celui-ci avait gardé la tête assez froide pour ne pas perdre de vue leur objectif. Milo pensa à Camus qui veillait maintenant sur eux, et se dit qu’il pouvait être fier de son disciple. Hypnos prit son temps avant de répondre, comme pour mesurer la valeur de ses adversaires et s’il était nécessaire de tout leur dire. Finalement il finit par leur expliquer les choses telles qu’elles étaient.

 

-         Elle attend la mort. Je l’ai capturée, puis je l’ai plongée dans un profond sommeil et enfermée dans une jarre mythique qui boit le sang de son occupante et se teinte en rouge. Seul notre Maître peut la faire sortir de là, avant une heure. Passé ce délai, la jarre sera entièrement rouge ce qui signifie qu’elle aura définitivement absorbé le sang d’Athéna qui s’éteindra alors dans son sommeil. Mais malheureusement pour vous, malgré ce délai vous ne pourrez pas la sauver car cette jarre est plus résistante que vous ne l’imaginez. Seule l’arme d’un dieu peut en parvenir à bout.

-         Raison de plus pour ne pas perdre une minute de plus ! PAR LES METEORES DE PEGASE !

 

Malheureusement, l’arcane de Seiya n’eut pas le moindre effet sur Hypnos qui ne bougea même pas. Au moment où il allait à nouveau assaillir son adversaire il fut arrêté par une main ferme. C’était Mù. D’un hochement de tête il lui fit comprendre qu’Hypnos était l’adversaire des Chevaliers d’or, pas le leur. A pas lent, Mù, Dokko, Shaka et Milo prirent place autour d’Hypnos. Ce dernier, contrairement à son frère se mit en garde et ne prêta plus d’attention qu’à ses adversaires directs. Et tandis que l’assaut commençait, les autres chevaliers coururent sans se retourner vers la jarre. 

 

 

Meikaï :  

 

Près du mur des lamentations, Ellianor veillait son maître qui était entré en transe. Il le savait, une fois investi de la force d’Alandor, le corps d’Orphéo ne tiendrait malheureusement que peu de temps. Il fallait que les chevaliers fassent vite, sans quoi ils ne pourraient plus leur porter d’aide. Et tandis qu’il pensait à ça, il sentit une présence s’avancer vers eux. Il se dressa aussitôt sur ses jambes et se mit à scruter les alentours. Ce qu’il vit ne le surprit qu’à moitié. C’était Pandore qui avançait vers eux, sa lance à la main. Ellianor répugnait à lever la main sur une femme et fit la moue en constatant que la jeune femme ne s’arrêtait pas malgré son cosmos nettement supérieur au sien. « Il fallait s’y attendre, se dit-il, ç’aurait été un peu trop facile… enfin … quand faut y aller… »

 

Le vénérable guerrier descendit lentement et une à une les marches vers Pandore qui elle-même avançait vers lui. Ils arrivèrent à la hauteur l’un de l’autre au milieu de l’escalier. Ils se toisèrent mutuellement du regard sans un mot. Ellianor eût un soupir en regardant la belle dame brune, il la trouvait fort charmante et se disait qu’il devait y avoir pire comme protection rapprochée. Il sourit intérieurement à sa filouterie, décidément, la sagesse  ne débordait pas encore malgré des siècles d’attente. Pandore leva également ses yeux d’améthystes vers le vieillard. La douceur de son regard contrastait avec la robe sombre qu’elle portait. La grande sœur d’Hadès semblait vraiment être la communion parfaite entre un ange et un démon.

 

Ils restèrent un moment à se fixer l’un l’autre sans bouger ; le temps avait suspendu son cours pendant un instant. Finalement il était juste que les deux plus fidèles serviteurs de leurs maîtres respectifs se trouvent face à face, mais pourtant il se dégageait plus que de la haine, une impression de respect mutuel. Ce fut Pandore qui rompit le silence la première.

-         Pardonnez moi, mais il faut que je passe.

-         Je suis désolé, mais il en va de la vie de mon maître. Je ne peux vous laisser passer. Si vous tenez à passer il vous faudra vous débarrasser de moi. Et bien que je souhaite éviter de blesser une femme, je n’hésiterai aucunement à défendre mon maître s’il venait à être dérangé.

-         Je ne veux pas faire de mal à ton maître, mais je dois lui parler. J’ai besoin de son aide.

-         De son aide ?

-         Oui, de son aide. J’ai besoin qu’il m’aide à me retrouver. Son cosmos dans la cinquième prison a fait germer en moi le doute… J’ai l’impression de m’être trompée. J’ai besoin qu’il m’aide à recouvrer la mémoire. Je ne me souviens de rien… tous mes souvenirs sont gris et c’est seulement maintenant que je me souviens de ce que sont les couleurs de la vie.

 

Le vieil homme sonda alors les profondeurs de l’âme de la jeune fille. Un mot lui vint à l’esprit pendant un instant « Lysithéa »… alors il se tourna vers le mur des lamentations et se mit en marche vers son maître, et tandis qu’il tournait le dos à Pandore il s’adressa à elle : « Suis moi, je vais te le faire rencontrer. Aie seulement un geste de défi et je te pulvériserai… »

 

Les paroles pourtant très dures qu’il venait de prononcer ne semblaient pas trouver d’écho dans son cœur. Comme s’il les avait prononcées par automatisme, sans y croire. Pandore le comprit bien, et ne se sentit pas menacée. Elle avait deviné que le guerrier aux yeux d’acier avait accédé à sa requête parce qu’il avait lu le fond de son âme. D’ailleurs elle-même errait dans les limbes de sa propre âme, ne sachant plus du tout où elle en était. Elle ressentait au fond d’elle comme une pression derrière une porte trop longtemps fermée. Des images se bousculaient dans sa mémoire, un château, un jardin, un chien… une maison… un verrou… des spectres, et puis surtout : l’attente, treize années à attendre son petit frère… ce dieu vivant qui conduirait la planète à devenir enfin Utopia, la terre lavée du mal. Elle sentait au fond d’elle le cosmos. Le sien, mais aussi celui de tous les hommes qui l’avaient croisé depuis le début de cette bataille. Un seul lui revenait sans cesse dans sa mémoire : Ikki ! Le chevalier Phénix avait éveillé en elle quelque chose dont elle ignorait la substance. Pour la première fois en plus de sentir le cosmos, elle l’avait vu. Flamboyant et chaleureux, puissant et doux, elle avait vu l’oiseau de feu se dessiner derrière un homme à la chevelure bleu nuit. Et cette rencontre avait déclenché le surgissement des images de son passé comme une goutte d’eau peut déséquilibrer un barrage et entraîner le déversement d’un flot que rien ne peut arrêter. C’était l’impression qu’elle avait, celle d’un flot qui au fond d’elle balayait tout sur son passage à commencer par ses croyances, ses ambitions, ses envies, … et ses sentiments.

 

La jeune femme au port de tête altier, de dirigea vers Orphéo. Le jeune prince était habité par son ancêtre et tout son corps émanait un cosmos bienveillant ceint de plénitude. Presque instinctivement, Pandore s’avança sur la dernière marche et s’agenouilla devant lui. Les yeux toujours fermés, en méditation, il lui adressa un geste de la main lui signifiant qu’elle pouvait parler.

-         Je ne sais pas bien à qui je m’adresse, mais je sais qu’il s’agit de la seule personne qui peut m’aider. J’ai ressenti votre cosmos tout à l’heure, et j’ai su qu’il fallait que je vous parle. Vous avez réveillé mon âme. Aussi suis-je ici pour vous demander de me rendre la mémoire. Je sais bien que vous en êtes capable ; je vous en prie, je ne peux vivre avec ces images de mon passé sans pouvoir les raccorder entre elles.

-         Je suis désolé, mais je ne peux rien faire pour toi. Toi seule as enfoui en toi ces souvenirs. Mon cosmos n’a fait qu’en réveiller certains ; mais c’est à toi de laisser les autres refaire surface.

-         Comment donc ?

-         Il suffit pour cela que tu regardes au fond de toi… N’oublie pas qui tu es !

 

Alandor eut un sourire malicieux, et son regard clos se releva signifiant l’arrêt de la conversation. La jeune fille était désarçonnée par l’énigmatique sentence que venait de prononcer son vis-à-vis. Un peu déçue, elle défit le lien mental qui s’était créé et s’apprêtait à se relever ; quand tout à coup, elle perçut une voix au fond d’elle lui parler. « N’oublie pas qui tu es ! »…

 

Pandore blêmit « Cette voix … ». La voix qu’elle venait d’entendre lui répéter de ne pas oublier, ce n’était pas Orphéo. Mais une voix étrangement familière, comme venue d’outre tombe. Elle ferma les yeux un instant et se retrouva plongée dans un souvenir. Elle était enfant, l’homme qui venait de prononcer ces mots se tenait devant elle. Habillé comme un prince, il avait cet air sévère et doux à la fois que seuls les pères savent adopter.

 

-         Pandore ma fille, n’oublie pas qui tu es !

-         Père ça fait dix fois au moins que vous me le répétez, je ne suis pas stupide. Et puis pourquoi voulez vous que j’oublie qui je suis ?

-         Pandore, notre famille est une des plus anciennes d’Allemagne, pourtant ton nom est grec. Sais-tu pourquoi ?

-         Euh non …

 

La petite fille rougit. Malgré son jeune âge elle venait de comprendre que pour ne pas oublier qui l’on est, il faut déjà le savoir et manifestement, certaines pièces de son identité lui échappaient encore.

 

-         Eh bien je vais te l’expliquer. Il y a des années, lorsque ton arrière- arrière- arrière- arrière grand père, Hans,  a acquis cette propriété, il a rencontré une jeune femme à la beauté mystérieuse. Cette dernière lui avait dit qu’elle acceptait qu’il habite le château, à la condition qu’il respecte le jardin et surtout qu’il ne cherche jamais à ouvrir le cabanon du fond dont elle garderait la clef pour toujours. Malgré la bizarrerie de la demande, il ne put refuser et jura à la jeune femme solennellement que si l’un de ses descendants ou lui-même venait à ouvrir cette porte, la malédiction s’abattrait sur l’auteur de cet acte et tous les siens pour qu’aucun n’oublie la valeur de la parole donnée par un ancêtre.

-         Mais je ne vois pas le rapport avec mon prénom ?

-         Pourtant c’est simple, la jeune fille elle-même était grecque. Hans tomba fou amoureux d’elle. Elle était si mystérieuse et forte qu’il ne pouvait s’empêcher de l’admirer. Elle semblait avoir toujours habité le château, elle en était l’âme. Hans raconte dans ses mémoires qu’elle passait dans les allées du jardin aussi rapide et vive qu’un rapace. Il n’avait jamais vu ça chez une femme ni même chez un homme. Mais un jour alors qu’il voulait lui demander sa main, elle disparut comme par enchantement et il ne la vit plus jamais. Alors Hans promit que sa première descendante féminine porterait le prénom de la jeune fille pour qu’existe une Pandore Heinstein.

-         Hein mais alors ?

-         Tu as compris, tu es la première descendante féminine de Hans. Il n’avait eu auparavant que des garçons. Quand tu es née, ta mère et moi avons tout de suite pensé à cette vieille histoire, et comme en plus tu étais brune, comme une grecque, nous n’avons pas hésité une seconde. Et nous ne le regrettons pas car ce prénom te va vraiment comme un gant.

-         Mais alors qu’est ce qu’il est advenu de Pandore, la vraie ?

-         Elle a disparu. Mais elle revenait par moment au château, toujours pour surveiller ce fameux cabanon dont la porte est scellée par un cadenas d’argent. Hans le savait parce qu’à chacun de ses passages près de ce dernier il laissait un mot à son attention, en grec, et elle signait toujours sa présence près du papier griffonné par le même mot.

-         Quel mot ?

-         Phénix.

-         Mais pourquoi ?

-         Eh bien … cela tient de la légende, mais ton ancêtre était persuadé que comme l’oiseau mythique, Pandore était immortelle et que c’était pour cela qu’elle n’avait pas accepté son amour, pour ne pas en faire le deuil. De cette légende tragique il faut surtout que tu retiennes la beauté et la force de l’amour. N’oublie pas qui tu es ! Tu es la preuve vivante que l’amour peut durer des siècles, à travers toi, c’est l’hommage de ton aïeul à son amour. Toi aussi un jour tu rencontreras ton Hans, et alors … ne fuis pas !

 

Une lueur dans ses yeux de rubis… Un instant de fragilité. Elle voit, et ce qu’elle voit la surprend. C’est bien l’enfer, mais il n’est pas gris, le sol est blanc, la Giudecca est teintée de rouille, de jaune, et d’ocre. Puis ses yeux roulent sur les alentours, balayant l’endroit d’un seul regard. Elle le voit : « le cosmos… murmure-t-elle ». Puis son regard d’abord flou, fait la mise au point et elle dessine le visage serein et calme d’Orphéo, toujours les yeux fermés, et ce sourire énigmatique et apaisant. Pourtant l’homme qu’elle voit n’est pas celui qui émet le cosmos qui l’entoure à présent, ils sont deux dans un même corps. L’un fragile, l’autre puissant, l’un doux, l’autre ferme, l’un si jeune, l’autre tellement âgé. Les tonalités de leurs auras se mêlent et s’entremêlent parfaitement. Ce n’est pas une cohabitation dans un même corps, c’est une symbiose parfaite. 

 

Pandore ressent enfin l’attraction terrestre, ses cheveux le long de son visage, sa robe qui s’ondule au gré des brises venues de la surface. A cette pensée elle est surprise, mais elle ne rêve pas, même en enfer souffle la vie. Puis c’est une nouvelle sensation qui la saisit. Quelque chose de froid, non de glacial dans sa main droite. Elle regarde … c’est sa lance. Elle lui paraît hideuse et horriblement lourde, si bien que l’objet de mort ne tarde pas à choir à terre. Son regard croise finalement celui d’Ellianor. Ce vieil homme lui rappelle quelque chose. « Mais oui ! Mon aïeul ! J’ai oublié qui j’étais… » Ces derniers mots meurent inaudibles sur le bord de ses lèvres, tandis qu’une larme roule sur sa joue pâle. Désormais tout est clair. La malédiction d’Hadès, son enfance, et puis ce jour maudit où elle avait délivré les deux esprits de Thanatos et Hypnos. Au fur et à mesure que sa mémoire lui revient, son cœur se déchire sous le poids de la culpabilité et de la tristesse. Mais une voix retentit en elle de nouveau.

 

-         « Ma chérie, ne te sens pas coupable ! La nuit dans laquelle tu t’es plongée pendant treize ans est la pire des tortures, et c’est à nous de te demander pardon de n’avoir pas su te préserver de cela.

-         Mais j’ai oublié qui j’étais !

-         Non … à aucun moment tu ne l’as oublié. C’était enfoui en toi. Ton cœur n’a jamais été souillé. Tu as toujours cru en un monde meilleur grâce à Hadès, mais tu as été trompée. La vérité a fait rejaillir notre souvenir.

-         Papa ?

-         Oui mon enfant ?

-         Comment ?

-         Regarde devant toi… Adieu… n’oublies pas qui tu es …

 

Soudain l’éveil : « Papaaa!!!! ». Derniers soubresauts d’un corps si avide de sommeil qu’il sombre dans la léthargie en une fraction de seconde. Comme si Pandore avait été foudroyée. Sa tête à quelques centimètres à peine d’une marche où elle allait se fracasser le visage, elle est secourue in extremis par le bras d’Ellianor.

-         Elle est morte maître ?

-         Non … pour la première fois depuis longtemps elle vit ! Prends soin d’elle jusqu’à ce que tout cela finisse.

 

Elision, le repentir :

 

Shun regardait droit devant lui, mais son cœur était avec les quatre chevaliers restés pour affronter le terrible Hypnos. Il avait entendu le début du combat et les premiers cris de douleurs. C’étaient ceux de Mù … Les cosmos des chevaliers d’or n’avaient pas d’égal quand ils combattaient de toute leur force se dit-il soudain. Lui qui pouvait déclencher à volonté la tornade nébullaire était finalement toujours très impressionné par la force des ses compagnons. Jamais il n’aurait pensé arriver ici par delà l’enfer. Pour la première fois le mot miracle signifiait quelque chose. Il pensait à Seiya qui marchait fougueusement entre Aiolia et lui-même. Le chevalier Pégase plus que n’importe quel autre représentait le miracle. Mais tandis qu’ils allaient franchir le seuil des marches sacrées, un cliquetis sur son poignet gauche tinta. Sa chaîne défensive l’avertissait d’un danger. En une fraction sans que personne n’ait rien senti il la lança droit sur Canon…

 

-         NEBULLA CHAIN !!!

-         Shun …

 

Mais Ikki ne put finir sa phrase, déjà la chaîne tenait-elle fermement le poing de celui qu’elle choisissait pour cible. Canon souffrait… Mais lorsqu’elle se fendit en morceaux sous la pression du cosmos qu’elle enserrait, ce fut Thanatos qui apparut.

 

-         Misérables, vous aviez cru pouvoir vous débarrasser de moi aussi facilement ». Puis jetant un œil à Canon « et toi tu pensais peut être que j’allais t’épargner ? ».

 

Canon était au sol, blessé, mais vivant. Thanatos était réapparu derrière lui et l’avait frappé, mais la chaîne nébullaire avait fait un mince écran de protection diminuant le ressenti du contre coup pour le chevalier des Gémeaux.

 

-         Je serai ton adversaire Thanatos ! QUE LES AILES DU PHENIX T’EMPORTENT !!

 

Ikki avait défié le dieu qui commande la mort. Il avait réussi le pari de le toucher !

 

Le vent s’était arrêté de souffler, et Elision était devenue silence. Seul le tintement métallique du casque de Thanatos sur les marches du sanctuaire sacré troublait cet instant. Les chevaliers présents fixaient des yeux Ikki et son adversaire ; Seiya ne sentait plus sa poitrine se soulever, il avait stoppé sa respiration.

 

Thanatos ne bougeait pas, pourtant ses yeux avaient eu un court instant le reflet de la haine, celle qui glace le sang. Canon s’était relevé aux cotés de Phénix. Les deux loups solitaires faisaient face ensemble à leur adversaire. Le temps s’était arrêté, mais soudain comme un éclair dans la brume, les mouvements du cosmos changèrent. Thanatos concentrait sa terrible aura pourpre, ceinte d’éclairs orangés. L’assaut n’avait pas encore eu lieu, mais les chevaliers d’Athéna unirent dans le même mouvement leurs cosmos. La mort allait frapper, et ils allaient la défier.

 

*

Il sentait la chaleur de son sang couler le long sa cuisse et qui collait ses vêtements sur sa peau. Bizarrement la douleur n’était pas insoutenable. Il s’était relevé presque instantanément. Shaka le chevalier d’or de la vierge était désormais le seul encore debout face à son adversaire divin. L’Eternal Drowsiness d’Hypnos avait vaincu la volonté de Dokko, Mù et Milo. Tout s’était passé très vite et il n’avait eu guère le loisir de comprendre ce qui s’était passé. Tout ce qu’il avait vu, c’était qu’Hypnos était également blessé juste à coté du cœur, une entaille fine dans son surplis, mais bien réelle, causé par un aiguillon acéré. Le sang gouttait légèrement au travers de l’interstice qui s’offrait à lui. Finalement, seul Milo était parvenu à porter un coup au dieu qui commande le sommeil. Shaka savait bien que la torture infligée par l’aiguille écarlate était réellement insupportable, pourtant Hypnos gardait un visage inexpressif et concentré comme si ce corps n’était pas le sien.

 

Shaka avait survécu à l’arcane de sommeil grâce à l’incroyable champ de force dont il savait s’entourer. Il avait été blessé à la cuisse par le second assaut, physique celui là, du dieu aux cheveux d’or.

-         Chevalier, pourquoi combats-tu ?

-         Pardon ?

-         Oui, quelles sont les raisons qui te poussent à te battre pour une déesse qui veut sauver un monde souillé par des hommes vils et belliqueux qui ont oublié tout, jusqu’à la valeur de la vie elle-même.

-         Je suis étonné que tu poses la question, puisque tu connais la réponse.

-         Pardon ?

-         Je me bats parce que, moi, je n’ai pas oublié la valeur de la vie. Je me bats pour que malgré les guerres, malgré la haine des hommes, subsistent la flamme de l’amour, de la compassion, de l’amitié. Je me bats pour que tous les hommes aient une chance de connaître le vrai sens de la vie sur Terre, pour qu’ils aient une chance de rendre hommage au créateur tout puissant de l’univers.

-         Dieu ? Il n’existe pas … seuls les dieux ont le pouvoir sur l’univers.

-         Tu te trompes Hypnos, et toi plus que n’importe quel autre ne peut nier son existence.

-         Et pourquoi ça ?

-         Parce que tu l’as déjà rencontré, je le sens au fond de ton cœur… Je n’ai pas besoin d’utiliser mes pouvoirs pour le voir. Souviens toi… souviens toi du jour où tu as accédé à la divinité, du jour où tu as décidé d’incarner à jamais le sommeil … aurais-tu aussi mis ton âme en sommeil à cet époque ?

 

Hypnos sourit au fond de lui. Il recevait une leçon de moral d’un gamin… face à lui, Shaka ne valait guère mieux qu’un nourrisson, et pourtant il se dégageait une réelle sérénité de cet homme, mais plus que tout, non pas l’absence de peur, mais l’absence de doute. Il semblait parfaitement en accord avec son âme, sa mission. Il  paraissait également incroyablement sûr de lui.

-         Tu es bien bavard jeune prétentieux. Je vais te clouer le bec une bonne fois pour toutes. 

-         Alors fais le vite et bien car tu es déjà sous le coup du trésor du ciel …

 

Hypnos se tendit et se rendit alors compte de la distorsion spatiale autour de lui et de son apparente impuissance. Ses muscles tétanisés ne lui obéissaient plus. Il jeta un regard au chevalier de la vierge, mais le visage de celui-ci était toujours imperturbable, ses grands yeux bleus fixés sur les siens. Le cosmos de Shaka n’émettait pas de vibration agressive, et pourtant c’était bel et bien lui qui le maintenait à sa merci.

-         Mais comment as-tu fait ?

-         Lors du second assaut…

 

La réponse claire et précise fit l’effet d’une bombe dans la tête du dieu sommeil, qui ne comprenait absolument pas comment cela avait pu arriver.

-         C’est Niké …

-         Pardon ?

-         La déesse de la victoire possède ce pouvoir de transcender l’âme et le pouvoir des chevaliers. Elle est ici, et sa force m’a aidé à lancer mon attaque. Tu es désormais paralysé. Ta vie est entre mes mains désormais… PAR LE TRESOR DU CIEL !!

 

*

 

Le tonnerre déchira le ciel pourtant toujours clair d’Elision. Seiya et ses compagnons, parvenus jusqu’à Athéna avaient libéré la colère d’Hadès qui venait de réintégrer son corps originel. La beauté éternelle de ce corps, la profondeur de ses pupilles comme le lit d’un lac profond, la noirceur de sa crinière brune qui retombait majestueusement sur son armure noire comme l’onyx. Face à lui, cinq chevaliers de bronze et Aiolia, le lion rugissant qui avait osé lever le poing sur son caveau. Un combat pour la vie ou pour la mort d’Athéna allait désormais se jouer.

 

*

 

Thanatos serra un poing rageur. Et regarda furieux ses adversaires. Canon était debout mais blessé au flanc gauche, son armure à moitié détruite, Ikki était au sol, meurtri mais vivant. Il leva les yeux vers Canon, ce dernier avait stoppé le dernier assaut du dieu de la mort pour le protéger.

-         Pff, c’est toi qui me protèges Canon ? Je n’aurais jamais cru qu’on en arriverait là

-         Oui moi non plus… Maintenant qu’Hadès est réveillé, il va vraiment falloir aider nos amis, sans nous ils n’y arriveront pas.

-         Parce que vous croyez que moi, Thanatos, vais vous laisser faire ? Vous n’avez que trop souillé Elision, je vais en finir avec vous ! TERRIBLE PROVIDENCE !

-         GALAXIAN EXPLOSION !!

 

Malgré sa blessure, Canon réussissait à maintenir l’énergie dégagée par le choc de ces deux attaques en suspension entre les deux adversaires.

-         Quoi ?! Comment un homme peut-il contrer mon attaque ?

-         Tu nous l’as déjà montrée… et une même attaque ne fonctionne pas deux fois sur un chevalier, fut-ce celle d’un dieu !

-         Peut être, mais tu as eu tort de la contrer, même si tu es parvenu à l’arrêter un court instant, mon énergie est supérieure à la tienne, et je vais gagner ce duel et alors tu recevras le choc de nos deux attaques cumulées !! 

 

Et comme pour donner raison à Thanatos, la dangereuse charge énergétique se rapprochait inexorablement du chevalier des gémeaux qui luttait pourtant de toutes ses forces. Derrière les éclairs et les flammes émises par la boule de feu, Canon distinguait le rictus de plaisir de Thanatos. Ce dernier dominait nettement, mais il prenait son temps pour épuiser Canon et le voir plier petit à petit. Mais alors qu’il croyait tout espoir perdu, une voix retentit au fond de lui.

« Chevalier, Thanatos n’est pas invincible, vous avez en vous la force nécessaire pour le vaincre : la vie ! Enflamme ton cosmos jusqu’à faire exploser ta vie, suis moi sur le chemin de la lumière et vaincs les dieux ! »

 

-         Athéna … je vous ai entendu ….

-         Et moi aussi » fit Ikki en se relevant

-         Pauvres fous, vous n’arriverez à rien ! MOURREZ DONC MAINTENANT

-         PAS AVANT DE T’AVOIR VAINCU ! AAAAHHHHH

 

D’une même voix, d’un même cosmos, les deux chevaliers solitaires repoussaient désormais l’attaque d’un dieu. La voix de leur déesse transcendait leur cosmos… Thanatos était vaincu

-         Ce n’est pas possible, je suis un dieu !! … AAAAHHHHH

 

 

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Cette fiction est copyright Achille.

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.