Chapitre 4: Souvenirs enfouis

 

Seiya crachait du sang… il sentait chacune de ses inspirations lui déchirer le thorax. Hadès l’avait repoussé d’un simple mouvement de cosmos. Aiolia lui-même était tombé alors que le dieu des enfers n’avait pas cillé. Hyoga et Shiryu étaient également au sol. Leur attaque cumulée n’avait pu que leur être renvoyée.

 

« Je ne laisserai pas Hadès vaincre, pas si près du but… Athéna aide moi ! Encore une fois ! QUE MON COSMOS SURPASSE UN DIEU ! PAR LES METEORES DE PEGASE ! »

 

« S’il s’imagine pouvoir me vaincre… pff son attaque est dérisoire… pourtant son cosmos est de loin bien plus puissant qu’un simple chevalier de bronze… la puissance de ses coups augmente… Je ne vais pas me laisser faire … AAH ! »

 

 De nouveau, le chevalier Pégase retombe au sol repoussé par le cosmos d’ébène d’un dieu dont la puissance lui donne tout pouvoir sur la mort. Ce dernier fait alors quelques pas parmi les chevaliers, mais sans s’arrêter, il descend à pas lents, son épée d’argent devant lui, vers celle qui s’est toujours dressée face à lui dans les temps mythiques, et qui repose désormais endormie dans un supplicier. Soudain il s’arrête, une chose inhabituelle pour lui le stoppe. Il sent sur son front le trajet sinueux et chaud d’un filet de sang.

-         Comment ?!

 

D’un geste vif il se retourne vers Seiya toujours étendu au sol… il n’est pas mort, sa main bouge encore. Soudain un éclair dans sa mémoire, un visage familier…

«  Je l’ai déjà rencontré, … Oui je sais … il ressemble trait pour trait au seul homme qui jamais me blessa… Et à l’époque ce chevalier c’était aussi Pégase !! »

 

-         Tu as ressuscité pour te dresser de nouveau face à moi !!

-         Qu…

-         Je vais te réduire en poussière pour qu’il ne reste rien de toi et que tu ne puisses plus jamais revenir à la vie !!! BLACK ST…

-         HADES !!

 

« Une voix si puissante et autoritaire capable de stopper le mouvement d’un dieu… qui cela peut-il être ? »

 

Alors, il pose son regard sur la jarre d’Athéna, c’est elle qui vient de l’arrêter… La Jarre pourpre est à nouveau blanche et immaculée…

 

-         Comment ?! Athéna tu t’apprêtes à ressusciter ici ? Te serais-tu laissée capturer par Hypnos seulement pour me forcer à me montrer ?

-         Hadès, nos guerres doivent trouver leur achèvement ici et aujourd’hui !

 

Le cosmos doré … la véritable force de la déesse guerrière envahit l’espace… pourtant elle semble toujours endormie dans la jarre sacrée.

-         Je ne te laisserai pas faire ! PAR L’EPEE DES ILLUSIONS !

-         ATHENA !! TON ARMURE !!

 

D’un geste désespéré, Pégase lance le totem sacré vers sa déesse qui s’apprête à combattre. Le combat des Dieux aura bien lieu !

 

*

 

-         Tout est terminé Chevalier …

-         Que veux-tu dire ?

-         Notre maître a ressuscité… la Terre ne sera bientôt plus qu’un souvenir… Même si Athéna est ici avec son armure, son pouvoir ne peut se comparer à Hadès. Athéna va mourir et avec elle l’humanité toute entière.

 

La sentence froide d’Hypnos fit frémir Shaka. Leur combat avait stoppé à l’instant même de la « résurrection » d’Athéna. Mais le chevalier ressaisit son âme et focalisa toute la puissance du trésor du ciel sur Hypnos dont l’armure se volatilisa alors en mille étoiles filantes noires dans le ciel azuré.

 

Milo, Dokko et Mù reprenaient leurs esprits, mais tous avaient tourné leurs pensées vers le combat entre le Dieu ténébreux et la déesse aux yeux pers. « Courage Athéna » murmurèrent-ils.

 

*

Ikki, essoufflé, tombe à genoux ; avec Canon ils viennent de vaincre Thanatos. Ce dernier étendu au sol, son corps fumant à travers ce qu’il reste de son armure. Pourtant une once de cosmos brûlait encore en lui. Un peu plus loin, le corps d’Hypnos apparemment sans vie brûlait la même étincelle …

 

 

« Que se passe-t-il ?

 

Pourquoi suis-je vaincu ?

J’étais un dieu… et ces humains… Comment ont-ils pu ?

 

 

Et sa majesté qui se réveille ?

Et toi Hypnos aussi, je ne sens plus ton cosmos ?

 

 

Serais-tu mort Thanatos ?

 

 

Quelle ironie pour moi qui ai toujours pris les vies depuis la nuit des temps de me retrouver si proche de la mort… ainsi les dieux aussi meurent ?

 

 

Se peut-il que cela soit faux ?

Que tout ce que nous avons cru ne soit que sottises ?

 

 

Chevaliers avez-vous au fond de vous les réponses que les dieux n’ont jamais trouvées ?...

 

 

Je n’ai pas mal… Je suis bien … c’est drôle…

 

 

J’aurais pensé avoir plus de souvenirs percutants …

 

 

Pourquoi est ce cette seule image qui me hante tant,

 

 

Ce visage à la fois inconnu et familier, cette femme, je la connais …

 

 

Je la connais …

 

 

Je la connais !

MAMAN !!! »

 

Canon regarda une dernière fois le corps meurtri de Thanatos, il lui semblait avoir entendu un cri … Mais rien… « Finalement la vie l’a quitté » se dit-il. Levant ses yeux verts sur le tombeau d’Hadès, il la vit … lointaine mais présente, défendant ses fidèles chevaliers contre le maître des ténèbres… « Athéna… »

 

-         Nous devons la rejoindre…

-         Shaka …

Le chevalier de la vierge aidait Dokko à se tenir debout. Mù et Milo avançaient en titubant, mais leur détermination les guidait précisément vers celle à laquelle ils avaient juré fidélité. Ikki se levant à son tour lança un sourire à Canon…

-         La dernière bataille des Chevaliers d’Athéna… Pour Athéna !

-         POUR ATHENA !! reprirent-ils tous d’une seule voix.

 

*

 

Les yeux d’Hadès avaient croisé ceux d’Athéna. Pendant un instant il repensa à tous les combats menés contre elle depuis tant de siècles. Et la voici maintenant face à lui. Il a réintégré son propre corps, et sa force démesurée peut donner sa pleine mesure. Elle est là, si vulnérable, et pourtant elle se dresse fièrement derrière son heaume, qui ne parvient qu’à peine à cacher les traits juvéniles de son hôte. Mais Athéna est fidèle à sa légende, entourée de ses valeureux chevaliers qui sont prêts à faire rempart de leur corps pour la protéger. « Que sont-ils face à moi ? Des insectes… Je les balaierais d’un revers de la main si je le voulais. Mais  le visage de ce nouveau Pégase m’intrigue… Pourquoi le vois-je donc ici ? Serait-ce un signe du destin ? Serait-il là pour que je me venge… ou bien pour accomplir le destin et me tuer ?…  Sûrement pas !! Je ne vais pas me laisser faire ! »

-         Athéna, pourquoi te dresses-tu donc face à moi ? Pourquoi défends-tu les hommes ?

-         Pour la vie bien sûr ! Hadès, tous les hommes ne méritent pas de mourir. Aucun homme ne peut vivre sans pêcher, ils ont des sentiments, la haine, l’amour… c’est cela le sens de la vie.

-         Le sens de la vie ? La passer à gâcher son existence en nourrissant de la haine, la tristesse et l’envie, en se faisant la guerre, en ne respectant plus ses propres dieux … Pff, ce ne sont que des misérables qui méritent de mourir, et moi Hadès vais accomplir le destin des dieux et laver cette planète qui a bien trop souffert de leur présence sur Terre !

-         Es-tu aussi bête pour arriver à te persuader de telles choses ? Les dieux ne sont pas meilleurs que les hommes, mais ils sont responsables d’eux ! Toi tu veux détruire la vie, ce n’est pas ça l’œuvre des dieux, il faut protéger la vie…

-         La vie ? Si les dieux ne les exterminent pas, les hommes auront tôt fait de la détruire entièrement … Moi aussi Athéna je préserve la vie… Avant les hommes respectaient la nature car ils en avaient peur. Aujourd’hui, je maintiens cette peur grâce au jugement et aux enfers !

-         Qui es tu donc pour juger l’humanité !

-         Qui je suis ? Mais je suis Dieu !! Et toi Athéna … Tu appartiens désormais au passé !

 

D’un mouvement violent, Hadès décoche un coup d’épée sur le bouclier d’Athéna qui vacille, mais elle ne tombe pas à Terre et tente de riposter. Le Combat des dieux commence sous les yeux médusés des chevaliers d’Athéna qui la voient pour la première fois dans un combat. Mais Hadès est trop puissant et Saori bien trop fragile pour faire illusion plus de quelques secondes.

 

D’un mouvement collectif les chevaliers attaquent alors le dieu des morts pour protéger leur déesse. Désarçonné un instant, il ne riposte pas et ils peuvent ainsi se regrouper autour d’Athéna.

-         Hadès ! Tu ne la toucheras plus à moins de nous tuer ! PAR LA COLERE DU DRAGON !!

-         POUSSIERE DE DIAMANT

-         LIGHTENING PLASMA !!

-         SCARLET NEEDLE !!

-         NEBULAR STORM !!

 

Dans un éclair étincelant, l’épée des illusions stoppe l’assaut. Alors que la stupeur gagne les chevaliers, la lame défile sous le regard d’Hadès laissant apparaître ses yeux devenus ceux de la mort.

-         Puisque vous tenez tant que ça à mourir pour elle, soyez exaucés ! BLACK STORM !

 

D’une main, Hadès repousse tous ses assaillants avec une violence inouïe, chaque armure explosant sous la pression de l’arcane divin et laissant leur corps déjà meurtris encaisser toute sa puissance. Le bruit des craquements d’os et des corps retombant à Terre, arrache un cri d’horreur à Athéna. La déesse tremble de tous ses membres face à la cruauté de celui qui maîtrise la mort. Un instant d’effroi suivi presque instantanément d’un échange avec ce regard terrifiant et magnifique qui est le sien.

-         A présent tu ne seras plus protégée par quiconque. Prépare toi à mourir dignement ! ADIEU !!

 

Et abattant tel un fléau son épée sur la déesse de la sagesse un choc cosmique cataclysmique retentit, faisant trembler la Terre sacrée d’Elision, remuant les colonnes de son temple comme de simples fétus de paille sous un vent violent. Une énergie démentielle … Mais à la grande surprise d’Hadès, son arme n’a pas atteint son but car à quelques centimètres à peine du visage de la déesse vierge, l’épée s’est stoppée, ou plutôt a été stoppé…

«  Impossible ! Qui a pu bloquer mon attaque ? Athéna … Non elle n’est pas assez puissante … Alors qui donc ? Je ressens bien un cosmos puissant, mais je ne le connais pas... »

 

Saori avait les yeux écarquillés… elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Devant elle, tremblait l’épée des illusions, si près, qu’il aurait suffi d’un infime mouvement pour la tuer. Mais elle ne bougeait pas, comme suspendue à la main d’Hadès qui visiblement n’avait pas prévu cela. Elle jeta un regard rapide à ses chevaliers, qui pourtant gisaient toujours au sol le regard levé vers elle et l’artéfact divin prêt à lui trancher le cou. Sa vision se déforma soudain dévoilant comme une onde d’eau devant ses yeux.

 

-         QUI A OSE ? QUI VEUT S’OPPOSER À UN DIEU ?

-         Hadès tu dois cesser cette guerre et ne plus chercher à tuer Athéna.

-         Quoi ? Mais qui es-tu pour me donner des ordres ? Montre-toi ! Serais-tu lâche ?

 

Ce qu’Hadès vit à ce moment là, les autres ne le saisirent pas tout de suite, mais ils y lurent non la peur, mais la surprise désagréable de quelqu’un qui ne comprend pas. Devant Hadès était apparu dans un halo doré comme celui d’un ange, l’image d’un homme … Seul son cosmos était présent mais pourtant tous distinguaient son expression ferme et acérée, son regard d’acier tourné vers le dieu de la mort. Il était vêtu d’une aube blanche surmontée d’une parure dorée… Elle évoquait l’habit de Sion quand il était pope, mais elle était si blanche qu’ils durent clore un instant les yeux. Son visage sans âge reflétait l’expérience et l’assurance des années. Il s’en dégageait une aura particulière qui, sans qu’ils le comprennent, paraissait apaisante pour les chevaliers.

 

-         Hadès … Comment en es-tu arrivé là ? Je ne me souviens pas t’avoir enseigné de haïr la vie.

-         M’enseigner ? Pour qui te prends-tu ?

-         Ainsi donc tu ne me reconnais même plus ? Il faudra pourtant bien que tu te décides à te souvenir.

 Car sache que l’on n’oublie pas mon nom ! Je suis Alandor, et c’est moi qui t’ai appris à t’élever vers le cosmos !

 

L’assistance, y compris Hadès lui-même, était abasourdie par la révélation. Le maître d’un dieu ? Cela existe-t-il vraiment ?

 

Shaka qui tentait de se relever fut soudain frappé par une étincelle de surprise, il ferma alors les yeux et, c’est alors qu’il reconnut le cosmos qui les protégeait, ils l’avaient vu s’installer au pied du mur des lamentations pour méditer. Il croisa les yeux mauves du Bélier, puis de chacun de ses autres compagnons. Tous opinèrent du chef et se relevèrent difficilement mais se tinrent de nouveau debout, comme mus par le cosmos.

 

Hadès fixait le regard de celui qui venait de s’adresser à lui comme à son élève. Au fond de lui il ressentait une impression étrange et désagréable qu’il ne pouvait pas décrire. Alors qu’il se sentait invulnérable un instant auparavant un éclair traversa sa conscience. Pendant un instant il perdit son sang froid et se mit à déchaîner les coups de son épée sur la barrière invisible qu’avait dressée Alandor, et qui ne semblait pas vouloir céder malgré sa puissance. Mais le dieu des enfers reprit vite les choses en main et rengaina son arme, fit quelques pas en arrière et se posta de nouveau face à l’image spectrale d’Alandor.

 

-         Tu dis être mon maître… Mais je ne me souviens pas de toi … Comment expliques-tu cela ?

-         Je ne l’explique pas … Car au fond de toi tu ne m’as pas oublié… Le souvenir est enfoui en toi … tout comme l’amour qui t’habitait quand je t’ai connu. Hadès dis moi, que t’est-il arrivé ? Pourquoi est tu devenu un monarque noir ? Tu étais pourtant un si ardent défenseur des justes et des faibles… Qu’est ce qui a bien pu te rendre si amer que tu oublies qui tu étais ?

-         Qui j’étais ? J’ai toujours été Hadès Dieu de la mort !

-         En es tu sûr ? Ne te souviens tu vraiment pas de ta vie d’homme ? Du jour où j’ai croisé ta route à toi et tes frères ? Ne te souviens tu pas de Perséphone ?

 

A ces mots le roi ténébreux devint comme enragé … ployant sous le poids d’une souffrance terrible comme si son cerveau était pris dans un étau. Son cosmos débridé totalement, émettait des éclairs déchirant le ciel et Elision avec violence. Maintes fois ces éclairs passèrent à proximité des corps d’Hypnos et Thanatos étendus à terre. Le dieu aux pupilles comme un le lit d’un lac profond avait perdu tout contrôle. Les paroles d’Alandor semblaient avoir réveillé des souvenirs enfouis terriblement profondément en lui.

 

Alandor gardait son regard sur son ancien élève avec compassion. Franchissant la barrière de cosmos comme un fantôme il s’agenouilla près d’Hadès qui était au sol, et tenta de le tenir par les épaules.

-         Tu n’as pas oublié n’est ce pas ? Tu sais toujours ce qu’est l’amour … Et combien est précieuse la vie. Hadès souviens toi qui tu es ! Tu es le dieu des morts non pas pour les juger et les faire souffrir, mais pour leur offrir le repos éternel et laver leur âme des péchés qu’ils ont commis.

 

Athéna restait médusé par cette scène. Hadès qui une minute auparavant était le terrifiant seigneur des enfers, semblait en cet instant, auprès d’Alandor plus fragile qu’un agneau, comme s’il avait baissé toutes ses défenses ; mais ce qui faillit tuer de surprise la déesse, ce fut de voir une larme perler et couler sur la joue de ce dieu si terrible.

 

Hadès leva alors ses yeux et se redressa à nouveau reprenant la dignité qui était la sienne. Il s’avança vers Athéna et la sonda profondément avant de lui dire :

-         Athéna, j’étais dans l’erreur, la Terre mérite d’être protégée. Surtout ces prochains temps. Je me suis aveuglé par ma colère il y a fort longtemps… J’en ai oublié qui j’étais vraiment. Retourne sur Terre avec tes chevaliers l’ultime éclipse ne sera pas.

-         Tu nous laisses rentrer ?

-         Oui, tu as bien entendu. Nous nous verrons très bientôt car nous devrons nous battre ensemble comme des défenseurs de la terre ; d’ici là, tâche de retrouver toute ta mémoire divine. Reprends le chemin qui t’a conduit ici et emmène tes chevaliers avec toi. Ils devront encore faire preuve de courage. Moi je vais devoir me réconcilier avec mon âme et avec ceux que j’ai fait souffrir.

 

Hadès passa alors près des chevaliers d’Athéna, et se dirigea vers les jumeaux devenus dieux qui le servaient depuis la nuit des temps ; en arrivant auprès d’eux il sentit le cosmos d’Athéna et des chevaliers s’éloigner d’Elision. Mais Alandor s’avança près de lui une dernière fois :

 

-         Hadès … Il reste parmi tes spectres un homme que tu dois reconduire vers la terre, et une femme aussi belle que la nuit et qui doit enfin trouver le repos de ses souvenirs. Nous ne nous reverrons sans doute jamais cependant je voulais que tu saches que je ne t’ai jamais oublié. Adieu.

-         Adieu … et merci. 

 

Château d’Heinstein : 

 

Le bruissement des feuilles sous le vent d’est, la fraîcheur de la rosée, l’abondante lumière qui perçait le feuillage, tout indiquait que la forêt sortait d’un profond sommeil. Là, dans la clairière, étendue sur la mousse fraîche telle une biche endormie, sa robe noire froissée, elle sommeillait. Un frisson la parcourut soudain et elle ouvrit ses yeux d’améthyste. Il semblait que cela faisait une éternité qu’ils étaient clos.

 

Elle se releva brusquement en entendant un craquement de brindille. Elle tourna son regard et vit au loin, les ruines d’un château qui fut autrefois celui du bonheur de sa famille. Machinalement elle prit cette direction. Errant comme un fantôme, vide de toute pensée, elle fut arrachée à cette torpeur par son pied droit qui venait de buter un petit coffret de bois finement ciselé, une clef à l’intérieur et la mousse traduisant un nombre important d’années passées à attendre. Elle le reconnut instantanément. C’est de là que tout avait commencé.  Le jour où pour la première fois de sa vie elle avait désobéi à son père et avait libéré les âmes des jumeaux du sceau d’Athéna. Elle ressentit alors un profond chagrin et des larmes coulèrent en abondance sur ses joues d’albâtre.

 

Reprenant son calme elle tendit l’oreille et entendit une voix qui psalmodiait doucement un peu plus loin. Elle s’avança, et découvrit un petit jardin entouré d’une haie épaisse. A l’intérieur du jardin se dressait un chêne multicentenaire au pied duquel elle aperçut un vieil homme priant devant une stèle de marbre blanc sur laquelle elle lut le nom de ses parents. Cette vision lui arracha un cri de détresse et le vénérable prieur se retourna vers elle et il fut saisi d’une émotion envahissante mêlant surprise et joie.

-         Pandore !!

-         … Qui êtes vous ? Que connaissez vous de mes parents ?

-         Je suis ton grand père ma petite fille ! Ton père et ta mère, ainsi que tous les gens du château sont morts brutalement alors que j’étais en voyage. Lorsque je suis revenu, je n’y ai vu aucun signe de vie, j’ai enterré dignement tes parents ici, et je n’ai plus jamais mis les pieds dans le château. Mais aujourd’hui, averti par un chasseur que le château s’était effondré, j’ai accouru pour voir si la tombe n’avait rien eu. Et c’est toi que je retrouve… Rien ne pouvait me faire davantage de plaisir ! Mais où étais tu donc pendant toutes ses années ? Je t’ai fait rechercher et personne n’a retrouvé ta trace.

-         J’étais si loin grand père… si loin…

 

Sans plus d’explication, la jeune fille se jeta dans les bras de son grand père et ils se serrèrent avec tendresse et force. Ils n’étaient désormais plus seuls au monde.

 

Retour à la vie normale :

 

Il se releva d’un bond et ouvrit ses yeux. Il était dans une chambre d’hôpital. Il se regarda, il était en camisole blanche, et des fils accrochés à son thorax le reliaient à une machine qui indiquait son rythme cardiaque. Se rasseyant, pour recouvrir peu à peu ses esprits, il tentait de faire le tri de ses émotions. La porte s’ouvrit en claquant : c’était Emilia, elle était en pleurs, mais c’étaient des larmes de joie !

 

-         Andrew !!! Enfin !!!

 

Rhadamanthe se mit alors à chercher. Oui, Andrew c’était son nom avant qu’il ne s’éveille à son cosmos et ne prenne le nom de Rhadamanthe.

-         Que s’est-il passé ?

-         Eh bien tu as disparu quelques jours avant l’éclipse, et on t’a retrouvé dans une forêt au sol, tu semblais blessé, on t’a amené ici pour te soigner. Tu étais dans le coma depuis 5 jours, et je commençais à me demander si tu finirais par te réveiller. Dieu merci tu es là !! Les petits ne seront pas orphelins …

-         Les petits ?

-         Ah oui … Oups, c’est vrai que tu ne sais pas que j’ai fait un test de grossesse, je suis enceinte. A l’échographie, on a trouvé des jumeaux.

-         Des jumeaux ….

-         Oui ou bien des jumelles…

 

Andrew eût un sourire. Puis il se rassit et la regarda en murmurant : « Non, des jumeaux, Eaque et Minos ! »

 

 

 

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Cette fiction est copyright Achille.

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.