Chapitre 1: l'aube des temps futurs!

 

Retour au sanctuaire, au pied des douze maisons :

 

Le vent soufflait sur un sanctuaire désert. Les chevaliers d’or étaient partis, seules six de leurs armures étaient encore dans leurs temples respectifs. Bulaï était toujours là, depuis qu’il avait libéré on ne sait quoi, il s’était mis à regarder les étoiles comme s’il y lisait quelque chose.

 

Shina et Marine contemplaient l’horizon, et conjecturaient sur le sort d’Athéna. L’ultime éclipse prenait fin et l’astre du jour dardait de nouveau ses rayons sur la Grèce, comme si elle n’avait été qu’un simple phénomène stellaire banal. Pressentant la fin du combat, Jabu et Ban avaient descendu le chemin rocailleux qui menait à la mer, non loin du cap Sounion. Les deux amis se sentaient bizarres, comme si l’intrusion de Bulaï au sanctuaire, et la force qu’il avait libérée ne présageait rien de bon alors que tout les forçait à croire le contraire en particulier la fin de l’éclipse.

 

-         Jabu, que crois-tu qu’il se soit passé ?

-         Je ne le sais pas… Mais mon cœur me dit que nos amis sont vivants et que nous n’allons pas tarder à les revoir…

-         Moi aussi, mais je n’arrive pas à me débarrasser d’un arrière goût désagréable. Tout semble bien se terminer, et pourtant j’ai un doute au fond de mon âme qui n’arrive pas disparaître, le pressentiment que la bataille qui vient de se jouer n’était pas aussi cruciale que ça.

-         Oui, j’éprouve la même sensation. Mais je crois qu’en fait tout va bien se passer. Il nous faut accueillir à présent Athéna. Elle nous en dira plus sur ce Bulaï je pense.

-         Oui … Si elle revient…

 

Les mots de Ban firent frissonner Jabu, après tout il n’avait pas tort. Même si l’éclipse s’achevait, rien ne leur prouvait qu’Athéna était vivante, et encore moins qu’elle reviendrait avec tous leurs compagnons vivants. Cela faisait plus de deux heures maintenant qu’ils avaient perdu le contact avec leurs cosmos.

 

*

 

-         Marine ?

-         Oui …

-         Tu te poses la même question que moi, n’est ce pas ?

-         Exact, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te répondre.

-         Qui sont ces hommes qui viennent d’intervenir dans la bataille ?

-         Je ne sais pas … J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas d’explication. Ce qu’on sait, c’est qu’ils sont puissants, et du coté d’Athéna. Bulaï nous a dit que son maître n’était pas Zeus, mais il doit probablement s’agir d’un Olympien très puissant.

-         Il serait également affilié aux étoiles…

-         Attend Shina, le soleil est une étoile non ?

-         Euh oui …Pourquoi ?... Non je devine, tu penses à Apollon ?

-         Bien sûr … ça collerait parfaitement. Un olympien puissant, du coté d’Athéna, et qui serait affilié à la plus importante des étoiles… ça ne peut être que lui…

 

Bulaï ne murmura pas un mot, mais il sourit intérieurement à la surprise qui allait être la leur quand elles apprendraient qui ils étaient vraiment.

 

*

 

Kiki était remonté en haut des douze temples, jamais il n’avait pu y accéder, mais en cette heure de tension pour le sanctuaire, il avait réussi à se faufiler et à déjouer la surveillance des autres. Il avait un peu honte de profiter de la situation cependant : « La curiosité est un vilain défaut, mais ma soif de savoir est plus grande que ma vertu » s’était-il dit pour se justifier à lui-même son comportement. Il avait franchi étonnamment facilement les diverses maisons mais il avait ressenti une émotion étrange en passant devant les armures inanimées qui gardaient six des temples, surtout devant les armures du Verseau et du Sagittaire qui avaient tant de fois aidé les chevaliers de bronze à se sortir d’un mauvais pas, et qui pour cette bataille-ci n’avaient pas quitté leurs maisons.

 

*

 

Le clapotis des vagues était le seul son que les chevaliers de la Licorne et du Lionnet percevaient depuis qu’ils s’étaient allongés sur le sable et qu’ils fermaient leurs yeux pour se concentrer sur la fin de la bataille. Ils sursautèrent en ressentant l’arrivée du cosmos des chevaliers d’or et d’Athéna. Il se retournèrent et les virent marcher vers eux. Tous vivants, mais leurs armures détruites ; Shun et Ikki s’entraidaient pour avancer, Seiya lui était soutenu par Aiolia. Mais soudain leur regard fut attiré par deux étranges personnages qu’ils ne connaissaient pas. L’un avait l’apparence d’un vieillard vénérable, vêtu d’habits identiques à ceux de Bulaï. Il portait le second dans ses bras, ce dernier était endormi et il avait au contraire un visage très jeune dont la fragilité était accentuée par sa tête réjetée en arrière, ses longs cheveux pendant dans le vide. Son expression était étrangement sereine et ne marquait pas la souffrance, il dormait.

 

-         Princesse Athéna !! J’ai eu si peur pour vous.

-         Nous sommes rentrés Jabu. Dis-moi où sont Shina et les autres ?

-         Encore au pied de Star Hill, je pense.

-         Star Hill ? Pourquoi donc ?

-         Vous n’êtes pas au courant ?

 

Dévisageant alors Ellianor, il cherchèrent une réponse dans son regard, mais haussant les épaules celui-ci répondit simplement :

-         Nous n’avons pas encore parlé avec Athéna, mais puisque le sujet est sur la table, j’ai envoyé un de nos compagnons retrouver sur Star Hill un objet précieux dont nous avions besoin pour vous aider, vous et vos chevaliers.

-         Pourquoi donc se trouvait-il sur Star Hill ?

-         C’est une longue histoire jeune déesse, et il ne me semble pas opportun de la détailler davantage aujourd’hui. Il nous faut avant tout prendre du repos et s’occuper des blessés.

 

Athéna acquiesça de la tête et ordonna aux gardes qui avaient rejoint la plage que l’on s’occupe des chevaliers, et qu’on tienne prête une chambre pour ses hôtes. La déesse faisait preuve d’une autorité que personne ne lui connaissait jusqu’alors, et les gardes firent diligence pour répondre à ses exigences. Soudain Mù s’avança vers Jabu et lui demanda :

 

-         Mais où est Kiki ?

 

 

 

*

 

C’est en silence qu’il franchit le seuil du treizième et dernier temple, celui du grand pope,  juste avant l’autel sacré de la déesse d’où sa statue était absente désormais. Kiki regardait les tentures blanches et rouges, symbole du règne de Saga l’imposteur… Pourtant Saga était redevenu lui-même et il avait sacrifié sang et honneur pour tenter de porter le secret de son armure à sa déesse. Triste destin que celui du chevalier à l’âme divisée en deux. Sur le point de rentrer dans la chambre du pope, le jeune apprenti retint sa main. La fièvre lui était montée tandis qu’il avançait, mais cette dernière limite, lui déclenchait un flot de scrupules tels qu’il ne souhaita finalement pas franchir le seuil de cette manière. Il fit alors chemin arrière et sortit du temple, passa devant son parvis et alla s’asseoir sur le cotés du bâtiment sacré, ses jambes pendant dans le vide. Il posa sa tête sur ses mains et scruta l’horizon, la lumière au sommet de Star Hill attira son regard et il la contempla plusieurs minutes. Jusqu’à ce qu’une voix derrière lui le tire brusquement de sa rêverie tout en lui glaçant le sang.

« Alors Jeune apprenti ? On profite de l’absence de la déesse pour désobéir aux ordres ? »

 

La voix, faussement autoritaire fit se retourner Kiki d’un bond.

-         Maître ! Vous êtes revenus !

 

Le gamin se précipita alors en pleurant dans les bras du chevalier d’or.

-         Ouf… Doucement Kiki, je suis blessé tu sais…

-         Hein ? Rien de grave ?

-         Non ne t’en fais pas… Je m’en remettrai.

 

 

Temple sous-marin de Poséidon :

 

La mer Méditerranée dansait au dessus des ruines du havre du dieu des océans. Pourtant, malgré la défaite qu’il avait subie, son cosmos avait évité la noyade et la disparition totale de ce qu’il restait de ce qui fut autrefois le sanctuaire sous marin. La base balafrée du pilier central de l’empire se dressait tristement derrière la salle du trône ; trône qui bizarrement n’avait subi aucun  dommage, et à coté duquel reposaient le trident sacré et l’urne d’Athéna. Le corail avait repris ses droits sur les marches du temple, tandis que les sept écailles des mers veillaient sur le seuil de ce dernier comme un rempart inerte rappelant l’armée de statues de la cité interdite.

 

Dans ce silence écrasant un bruit sourd, puis un second puis un troisième… Un bruit de pas, lent et déterminé, approchant peu à peu de ce récent champ de bataille. Une ombre se dessine au bas des coraux, frêle et nimbée de bleu. C’est un homme, de stature moyenne masqué sous sa tunique grisâtre. Il ne semble pourtant pas chercher son chemin, ni être égaré, son allure décidée n’est pas trahie par son visage grave. Son cosmos bleuté nappe bientôt les derniers coraux face aux écailles des généraux, qui émettent une onde étrange comme une complainte, à la recherche de ceux qui pourraient les revêtir et empêcher que leur seigneur ne soit dérangé. Mais l’homme passe et franchit le seuil où autrefois se dressait le fronton majestueux orné du trident du dieu marin.

 

Face au trône sacré, l’homme contemple quelques instants ce qui s’offre à lui : l’artéfact divin et l’urne sacrée. C’est vers la seconde qu’il se dirige et, l’empoignant avec énergie, il la jette violement au sol. Mais la protection qu’offre ce vase est bien supérieure que ce à quoi il s’attend, et non sans surprise, il la ramasse pour l’examiner à nouveau. « Intacte, j’aurais dû m’en douter »…

 

Souriant alors à ce qu’il s’apprêtait à faire, il repose le vase à terre, puis se saisit du trident de Poséidon.

« Si je ne le peux, sans doute en sera-t-il différent de ceci… »

Le trident lancé avec force vers l’urne, la heurte. Un instant suspendu au dessus du sol, les deux objets inertes semblent s’affronter comme soumis à la volonté de leurs maîtres, puis ils retombent au sol, intacts et inanimés. Cependant, le sceau d’Athéna a été vaincu et dans un bruit de vent s’engouffrant dans l’anfractuosité d’une falaise, l’âme de Poséidon libérée regagne la surface terrestre sans même s’attarder un instant.

« J’ai réussi … reste à savoir si j’ai bien fait. »

 

Puis se retournant, l’homme descend quelques marches devant les écailles et comme un écho au loin l’une d’elle se met à vibrer puis part à la vitesse de la lumière vers le ciel marin comme une étoile filante qui ferait marche arrière.

« La Sirène aurait-elle déjà un maître ? »

 

Quelque part sur une plage de Méditerranée

 

-         Le temps est grandiose n’est pas mon cher Sorrente ?

-         Oui tout a fait Monsieur Julian.

-         C’est drôle, j’ai l’impression de n’avoir jamais connu le beau temps auparavant. Depuis mon amnésie, je redécouvre la vie… j’ai l’impression d’être connecté à la nature par un lien que je ne saurais qualifier. Tu ne trouves pas cela bizarre ?

-         Si … si seulement vous saviez à quel point… chuchota Sorrente.

 

Mais alors qu’il allait remettre sa flûte sur ses lèvres, il s’arrête net, comme frappé par la stupeur la plus totale. Et alors qu’il lève les yeux vers son compagnon, il comprend.

-         Sorrente.

-         Maître Poséidon ? Je vous pensais en sommeil.

-         Je sais. Mais ma volonté a été libérée il y a peu.

-         Mais par qui ?

-         Je ne le sais pas. Je suis revenu dans le corps de Julian car il a été choisi pour cela. Je vais de nouveau régner. J’ai perdu contre Athéna, et la loi divine ne me permet pas de lui faire la guerre avant 200 ans. J’ai donc ressuscité pour ce laps de temps. Le corps du jeune Solo n’est pas assez endurant pour tenir jusque là. Aussi vais-je donc récupérer mon propre corps.

-         Votre corps ? Mais je le pensais détruit … la légende veut que vous l’ayez perdu contre Athéna il y a bien longtemps maintenant.

-         C’est ce qu’Athéna croit. Mais mon corps sommeille toujours dans le sous-sol du sanctuaire sous marin, à l’emplacement du Pilier central de l’empire. Cependant il est la clef de voûte de ce sanctuaire. Une grande partie de mon cosmos est enfouie dans ce corps et maintient la vie dans ce sanctuaire. En regagnant mon corps originel, je condamne aussi le sanctuaire sous marin à être dévasté par les flots. J’y ai toujours renoncé car ce sanctuaire est mon havre de paix, la Terre n’en vaut pas le prix. Si je décide de regagner mon corps, cela signifie également qu’une guerre se prépare. Je ne sais ni pourquoi, ni même à qui nous devrons faire face, mais si mon destin est de revenir sur Terre aujourd’hui, alors cette planète va être de nouveau déchirée par les conflits. Mais comme je te l’ai dit, nous ne combattrons pas Athéna. Il est même probable qu’elle devienne notre alliée puisqu’elle non plus n’a pas péri dans sa guerre contre Hadès.

-         Excusez moi, mais que deviendra Monsieur Julian ?

-         Je te trouve bien préoccupé par le sort de cet humain. Te serait-il plus agréable que moi-même ?

-         N’y voyez là aucune offense majesté, mais Julian est la figure qui vous a incarné. Mon attachement envers lui n’est que le fruit de ma dévotion envers vous.

-         Je vois. Je vais te répondre, Julian va retrouver ses esprits quelques instants après que j’ai regagné mon corps.

-         Où se passera le « transfert » ?

-         Au pied du pilier central.

-         Mais alors, Julian sera balayé par les flots.

-         C’est une possibilité en effet. Son existence pourrait s’avérer gênante car il possède désormais en lui une partie de mes souvenirs et intentions ; bien qu’inconscientes, si ces réminiscences venaient à être mise à jour, elles seraient un grand atout pour mes ennemis.

-         Majesté, je …

-         Il suffit Sorrente. Je n’ai pas besoin de t’entendre me supplier. J’ai décidé que Julian vivrait. Ne serait-ce que parce que si je venais à être blessé, mon âme pourrait toujours trouver refuge en lui. A toi, le dernier de mes Marinas, je te confie sa vie pour qu’il soit remonté à la surface.

-         Bien, et merci majesté.

 

Derrière un rocher, l’ombre mystérieuse qui avait libéré tantôt l’ébranleur du sol souriait. Sa mission était désormais accomplie. Il pouvait aller rejoindre son maître et lui faire son rapport. « Les forces de Poséidon, ou plutôt ce qu’il en reste, s’allieront à Athéna. » Dit-il narquois.

 

Temple du grand pope :

 

Dans la salle du trône, Saori faisait les cents pas. Depuis son retour sur Terre une semaine auparavant, elle était allée de surprise en surprise.

 

D’abord ces trois hommes qu’elle ne connaissait pas et qui semblaient avoir été sorti d’un chapeau de magicien pour l’aider. Personne ne les connaissait, et surtout leurs phrases étaient toujours elliptiques et énigmatiques ce qui ne permettait pas vraiment d’avoir les idées claires les concernant. Le plus jeune des trois avait sombré lors de leur retour dans un profond sommeil durant presque deux jours entiers. Alors qu’il semblait le moins fort, les deux autres paraissaient le respecter comme le chef. Celui qui disait se nommer Ellianor l’intriguait tout particulièrement. Apparemment il était plus vieux que Dokko, et il semblait connaître par cœur les allées du sanctuaire puisqu’il avait même emprunté pour la rejoindre une fois, le passage secret qui ne passe pas par les douze maisons et qui normalement est seulement connu du Pope, du chef de la garde, d’Athéna et du chevalier d’or de la Balance.

 

Ensuite il y avait eu les armures. Complètement détruites après la bataille contre Hadès, les morceaux qui restaient, avaient été confié à Mù et ce dernier avait avoué son impuissance à les remettre en état. Pourtant quelques jours plus tard les armures détruites avaient toutes été restaurées grâce au sang des chevaliers d’or, chevaliers de bronze et grâce à l’étrange poudre qu’Ellianor avait confié à Mù.

 

Mais sa plus grande surprise venait du fait que Thanatos en personne était venu porter un message d’Hadès. Elle tenait dans sa main la missive, et la chiffonnait machinalement. Elle se la répétait à haute voix comme pour mieux se convaincre de son contenu :

 

« Athéna,

 

Moi, Hadès, qui t’ai toujours livré bataille pendant des siècles te sollicite aujourd’hui pour que nous fassions une alliance. Nos deux royaumes peuvent désormais ne plus se combattre ; Je pense qu’il est temps que les dieux s’allient pour protéger la terre. Aussi je demande une audience auprès de toi et de tes nouveaux alliés afin que nous nous mettions d’accord sur les termes de cette alliance. Comme gage de bonne foi, je demande que tes chevaliers n’assistent pas à notre entrevue, en échange, je pourrais délivrer de mon royaume le guerrier de ton choix. 

 

Hadès.»

 

 

Elle avait fixé le rendez vous à aujourd’hui. Bien que tous ses chevaliers fussent contre, elle accepta tout de même la condition imposée par le dieu des ténèbres. Elle se posait cependant la question de savoir pourquoi il avait demandé à ce que les trois guerriers, qu’elles ne connaissaient pas, les accompagnent. L’importance qu’il leur donnait faisait d’eux quasiment des dieux au vu du protocole. Mais elle avait désormais un énorme problème : « Lequel vais-je choisir ? » … Tout aurait tellement été plus simple s’il avait pu ressusciter tous les chevaliers d’or tombés au combat. Aiolia avait pleuré en apprenant la nouvelle. Il n’imaginait pas d’autre choix que son frère. Pourtant, donner une seconde chance à Saga, Camus, Shura, Aphrodite ou Death Mask était possible… De même que ressusciter Aldébaran, fidèle parmi les fidèles, celui qui avait protégé les bronzes face à la Sirène. Elle avait sollicité l’aide de Dokko pour faire son choix, mais celui-ci avait décliné l’offre. Il n’avait guère le cœur pour condamner ses compagnons, fut-ce Death Mask.

 

Saori fut tirée de sa réflexion par le grincement de la lourde porte en bois qui fermait la salle du trône. Un garde fit irruption et s’agenouilla à Terre.

 

-         Déesse Athéna, le guerrier Ellianor, souhaite s’entretenir avec vous.

-         Qu’il entre.

 

Dans la pénombre du chambranle, elle ne distinguait pas sa silhouette, donnant au bruit de ses pas une connotation étrangement fantomatique. Puis enfin dans la lumière, il s’adressa à la déesse.

 

-         Athéna, vous m’avez l’air préoccupé… Puis-je vous être utile pour quoi que ce soit ?

-         Peut être… Mais tout d’abord, j’aurais quelques questions à poser avant qu’Hadès n’arrive au sanctuaire. Ces questions, je les ai retardées le plus possibles afin que vous puissiez livrer de vous-même les réponses sans que j’aie besoin de vous bousculer, ne souhaitant pas paraître désagréable auprès de vous qui m’avez sans doute acquis la victoire et une paix durable avec mon plus vieil ennemi.

-         Je crois deviner vos questions. Vous souhaitez en savoir plus sur nous n’est ce pas ?

-         Oui, et également ce qui a motivé Hadès à baisser les armes, ainsi que la menace qui semble peser sur nos épaules.

-         Très bien je vais vous livrer une partie de la vérité ici même. Mais les paroles que je vais vous livrer devront rester secrètes le plus longtemps possible.

-         Bien. Je vous écoute.

-         Nous sommes issus d’un peuple ancestral nommé Erhitils. Il existe dans l’univers sept planètes comme la Terre où la vie a pu prospérer. Il s’agit de mondes parallèles. Ce sont ces planètes qui sont les sept joyaux de l’univers. Dans notre langue, la Terre se nomme Gaïa.

-         Comme la déesse ?

-         Oui … en fait ce nom vient du fait que Gaïa a été enseigné à Hadès, Zeus et Poséidon comme étant une personne, puisque nous considérons que les sept planètes sont vivantes et qu’elles sont à l’origine de la vie qu’elles abritent. Donc d’une certaines façon, vous tous êtes enfants de Gaïa.

-         Je comprends… c’est comme une métaphore ?

-         Si vous voulez. Les Erhitils sont des humains tout comme vous autres terriens, mais la planète dont ils sont issus se nomme Orphéa. La planète d’où je viens se nomme Eündil. Bien que né là bas, je suis un Erhitil car on le devient en habitant Orphéa.

-         Vous êtes si je comprends bien un immigré ?

 

Ellianor souriait à la comparaison, un peu trop « moderne » à son goût. Mais il ne s’en offusqua pas et poursuivit :

 

-         En quelques sortes, bien que je préfère le terme de nouvelle pousse. Il faut savoir que l’univers a été créé par la force que nous nommons Zâh. Le Zâh est à l’origine de tout l’univers. Il l’a voulu, l’a créé, lui a insufflé la vie.

-         Zâh ? Serait-ce Dieu ?

-         Il ne s’agit là que de sa traduction dans votre langue, bien qu’à cause des Olympiens ce terme puisse prêter à confusion concernant le Zâh qui est la véritable force créatrice à l’origine de toute chose. Mais pour bien me suivre, il faut que vous oubliiez les raisonnements humains, le Zâh est inaccessible par eux. On a tendance à réfléchir de façon … Comment dire ? Anthropomorphique.

-         Anthropomorphique ?

-         Oui, on a tendance à humaniser le Zâh à l’excès, avec les mêmes sentiments, la même logique parfois. Le Zâh est à un degré de conscience qu’il nous est impossible de concevoir. Sa volonté est supérieure à tout ce que nous imaginons. Lui seul détient la clef.

-         Bien… Mais je ne vois toujours pas le rapport avec notre histoire.

-         J’y viens. Comme je vous l’ai expliqué, le Zâh est le créateur. Il insuffle la vie sans la manipuler. En donnant naissance à l’univers, et à la vie, il a automatiquement donné naissance au néant et à la mort. Ce que nous appelons Mal absolu ou diable selon nos croyances, est une entité vivante et tout comme le Zâh sans être de notre univers, sa volonté s’y applique aussi. Ainsi les forces créatrices de la vie affrontent depuis la nuit des temps celles du Mal. Le Zâh chérit plus que tout les sept joyaux qu’il a créé, il y a fait son Œuvre : L’homme !! Et pour le protéger, il a éveillé un homme en particulier. Celui-ci est destiné à défendre l’humanité.

-         Excusez moi, mais qu’est ce que vous nommez l’éveil ?

-         C’est le fait d’ouvrir les yeux. Pendant une fraction de seconde, le Zâh lui a ouvert les yeux. Il a pu voir ainsi l’univers dans son ensemble, ressentir la vie au plus profond de chaque atome et par-dessus tout, il a ressenti l’amour du Zâh pour les sept planètes.

-         Et cet homme c’est ?

-         Vous l’avez vu en Elision. Son image est apparue devant vous.

-         Il avait pourtant l’air … comment dire … si Humain …

-         Ni dieu, ni démon, il est un homme. Mais la force qui lui a été confiée dépasse celle des autres hommes.

-         J’ai cru entendre un nom… Alandor ?

-         Oui… On n’oublie pas son nom. Alandor est le guerrier élu pour combattre le Mal et instaurer la paix sur les sept planètes. Malheureusement, il a dû combattre l’ennemi qui était à sa hauteur. Son nom ne peut être prononcé, mais je peux vous dire qu’il s’agit d’un être issu du Mal absolu. Le Mal a bâti un royaume. Il a avili un des sept joyaux, l’a torturé jusqu’à entendre le dernier chant d’agonie de cette planète que l’on nommait autrefois Luna.

-         La lune ?

-         Oui et non… Ce n’est pas celle que vous voyez dans le ciel. Cette dernière porte ce nom en souvenir de la planète morte que l’on nomme désormais Morgoth, le royaume noir. 

-         Toutes ses légendes, c’est bien … Mais je ne vois pas comment Hadès en était informé … et encore moins ce qui l’a poussé à accepter de cesser la guerre.

-         Hadès, Zeus et Poséidon, sont trois humains qu’Alandor a rencontré sur Terre, et auxquels il a confié la protection du 5ème joyau : Gaïa. Il les a entraîné à la maîtrise du cosmos, et leur a révélé à tous trois le véritable pouvoir de l’univers enfermé en chacun de nous. C’est pour cela qu’ils sont les plus puissants Olympiens. Parce qu’ils ont été entraînés pendant plusieurs années par Alandor lui-même.

-         Ce qui veut dire qu’Alandor a séjourné plusieurs années sur Terre ?

-         Oui. Il y a même bâtit un sanctuaire.

-         Comment pouvait-il passer de planète en planète ?

-         Simplement parce qu’elle ne sont pas aussi éloignées que ce que vous semblez le penser. Il suffit de franchir les dimensions. Parmi vos chevaliers, certains ont un tel pouvoir qui, s’ils le développaient pourrait les conduire sur un des sept joyaux.

-         Ce n’est donc pas une légende ?

-         Pas le moins du monde. Orphéa existe vraiment.

-         Vous savez vous y rendre ?

-         Non. Orphéa est un peu différentes car elle possède deux lieux sacrés qui doivent être impérativement protégés, c’est pour cela qu’Orphéa n’était accessibles qu’aux seuls Erhitils lorsque Alandor était vivant, et que depuis sa mort, aucun être humain n’a pu mettre les pieds sur cette terre sacrée. J’ai eu l’honneur d’être le dernier à la quitter.

-         Attendez Alandor est mort ? Pourtant c’est bien son pouvoir que j’ai ressenti face à Hadès n’est ce pas ?

-         Oui. Mais cela ne signifie pas qu’il est vivant. Son âme a survécu. Aujourd’hui il a repris vie dans le corps de son héritier, Orphéo.

-         Vous voulez dire qu’Alandor s’est réincarné en Orphéo ?

-         C’est un peu plus compliqué que ça. Alandor sommeille en Orphéo et peut par moment prendre le contrôle de son hôte. Cependant, il n’est pas destiné à ressusciter à travers son héritier, mais à le former.

-         Comment ?

-         Lui seul peut le savoir. Tout ce que je sais, c’est qu’il m’a prévenu d’un certain nombre de choses le concernant et notamment qu’il prendrait un temps le contrôle, mais que ça ne durerait pas.

-         Mais alors l’âme d’Alandor n’a-t-elle jamais connue le repos jusqu’ici ?

-         Bien sûr que si, elle était enfermée dans son épée sacrée.

-         Son épée ?

-         Oui. Elle se trouve au sommet du mont Etoilé, je l’ai moi-même scellée il y a des années de cela.

-         Comment ? D’aussi loin que je me souvienne, personne d’autre que mes chevalier n’a pu arriver à son sommet.

-         C’est une longue histoire. Je la conterai un autre jour si vous me le permettez. Je crois avoir répondu à vos questions n’est ce pas ?

-         Oui. Je vous remercie. Je commence à y voir un peu plus clair. Je suppose que le retour d’Alandor, l’alliance avec Hadès ne sont que des phénomènes préparatoires à une bataille sanglante contre ce que vous appelez le Mal Absolu ?

-         C’est cela du moins pour l’essentiel… Car bien évidement notre ennemi n’est pas aussi simple que cela à cerner … Mais nous avons quelques années devant nous.

-         De répit ?

 

Le silence du vieux guerrier en disait plus qu’il ne fallait à Athéna qui sentit tout à coup une chape de plomb sur ses frêles épaules. Ainsi donc il lui faudrait mener encore une bataille plus meurtrière encore. Eh bien soit ! Puisqu’il le fallait, elle irait au devant des problèmes et finirait bien par installer la paix sur Terre.

 

Soudain un éclair traversa son visage, il lui fallait trouver celui de ses guerriers qui allait revenir parmi eux. Choix difficile s’il en est. Elle contempla le visage d’Ellianor dont l’expression semblait montrer qu’il essayait de sonder l’âme de la déesse aux yeux pers.

 

-         C’est difficile n’est ce pas ?

-         Pardon ?

-         De choisir.

-         Vous savez ?

-         Je ne sais pas ce que vous croyez que je sais… tout ce que je vois, c’est que vous avez le visage de quelqu’un qui doute. Une décision lourde de conséquence sans doute.

-         Perspicace. Hadès me propose de ressusciter un de mes anciens guerriers, mais je ne sais pas lequel sauver, et surtout, je ne sais pas lesquels je condamne.

-         Si je les connaissais, je pourrais vous aider, mais il ne me semble hélas pas aisé de le faire.

-         En effet.

-         Peut être devriez vous accepter la demande d’Hadès tout en lui suggérant d’attendre que vous choisissiez celui qui s’imposera à votre cœur.

-         Pourquoi pas… Ellianor vous êtes sans doute un grand sage.

 

L’Erhitil aux longs cheveux blancs fit un sourire à cette dernière remarque puis se remit debout pour gagner la sortie de la chambre du pope.

 

 

 

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Cette fiction est copyright Achille.

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.