Chapitre 7: La cité perdue
Olympe
- Comme tu veux… Je vais faire de mon mieux.
Sur le visage de Poséidon s’était peint une satisfaction non feinte. En se levant il toisa les autres. Il s’appesantit un instant sur Orphéo. Tous deux se dévisagèrent sans mot dire, puis le dieu des océans disparut derrière une colonne.
- Où va-t-il ? » fit Athéna.
- Il va chercher ses outils…
La phrase mystérieuse d’Hadès fit l’effet escompté : les chevaliers d’or montrèrent un visage encore plus interrogateur et Athéna parut ne pas comprendre ce qui se passait. Un silence gêné s’installa alors entre eux. Zeus prit également le chemin de la sortie sans ajouter plus de mot que « nous nous reverrons sous peu… D’ici là faîtes ce que vous voulez… Tant que vous le pouvez. »
Le temps que Kanon puisse ajouter une exclamation Hadès s’était déjà enveloppé d’un voile noir et avait disparu dans les nimbes de son royaume. Seuls les Erhitils et les chevalier d’Or restèrent alors sur place avec la déesse.
« Allons-y. Inutile de traîner cet endroit me glace le sang… »
Tous acquiescèrent et suivirent Athéna et Mù fit un effort surhumain, porté par le cosmos des autres, pour téléporter la troupe au pied du sanctuaire.
Sanctuaire
Depuis leur retour, Kanon et Mù avaient subi un interrogatoire des plus serré de la part des autres membres du sanctuaire. Ils avaient vu Zeus revenir à la vie… Pour la première fois depuis des milliers d’années 4 des principales divinités de l’Olympe s’étaient retrouvées, et pis encore, s’étaient alliées. Seiya n’en revenait pas qu’Athéna l’ait écarté de l’expédition et qu’elle se soit à nouveau retrouvée à subir mille morts. Peu à peu Kanon et Mù purent respirer tandis que Shaka prenait le relais des curieux. On s’habituait finalement assez bien à voir le chevalier de la Vierge se mêler aux autres membres du sanctuaire. Malgré la patience dont il faisait preuve, il bénéficiait encore d’une telle aura de mystère que peu nombreux étaient ceux qui osèrent poser davantage de question.
*
Une clameur s’élevait ce matin là sur le sanctuaire. Cela venait de l’arène. Tiré de son lit de si bonne heure, Shiryu faisait la moue. Mais en descendant les marches il croisa Shun qui accourait.
- Que se passe-t-il ?
- Tu n’es pas au courant ? Ce matin les chevaliers d’or vont faire une démonstration d’entraînement. Ça fait des années que ça n’a pas eu lieu…
- Les chevaliers d’or ? Je croyais que de part leur rang et leur pouvoir ça leur était interdit ?
- Non… C’est Saga qui avait institué cela. Probablement pour ne pas inciter trop les rencontres entre chevaliers d’or… Diviser pour mieux régner.
- Mais ça a déjà commencé ?
- Non … Je ne ressens rien… Mais je pense qu’ils viennent d’arriver.
- Mais comment est ce que tout le monde est au courant et pas moi ?
- Eh bien pour tout te dire je l’ai entendu dire comme une rumeur. Je n’y croyais pas jusqu’à ce que j’entende la foule près de mon baraquement. On ne se doute pas à quel point il y a du monde sur cette île.
- Tu as vu les autres ?
- Hyoga est déjà là bas, mais Seiya n’est pas rentré cette nuit … Je crois… Je crois qu’il est très perturbé par l’attitude de Saori.
- Athéna, Shun… C’est Athéna.
- Oui mais je crois que ce n’est pas moi qui l’ai le moins compris.
Shiryu haussa les épaules et continua de descendre vers la foule. Les gradins étaient pleins. Même Athéna était présente. Dans le ciel, le soleil se levait à peine. Sur le sable, deux guerriers aux habits étincelants se faisaient face. Leur cosmos flamboyait déjà quand Shun et lui arrivèrent. Ils étaient parmi les derniers. De loin ils virent Hyoga assis près de Bulaï, et alors seulement ils reconnurent les combattants.
Aiolia n’avait guère envie de perdre et son visage marquait très clairement sa détermination. Il ne quittait pas son adversaire des yeux et se contentait de quelques pas sur le cotés pour tourner autour. Il se demandait en lui-même pourquoi Athéna tenait tant à ce qu’ils portent leurs armures… « Pff vraiment … En plus face à lui ça ne vas pas me servir des masses… ».
De l’autre côté de l’arène, l’autre combattant était concentré. Seuls ses cheveux légèrement soulevés par l’énergie qu’il dégageait permettaient de voir qu’il s’apprêtait à tout moment à attaquer. Il aimait ça : les combats en public. Il avait un certain penchant pour montrer aux autres sa technique de combat. Déjà dans ses bras il ressentait la douce chaleur pulsante de son aura… Jusqu’au bout des ses doigts. Aiolia, il le voyait comme le plus jeune des chevaliers d’or. Impétueux et puissant mais manquant de maîtrise. Il savait très bien aussi sa ténacité… mais là, c’était un combat d’entraînement. Et s’il ne doutait pas qu’il aurait sans doute dû mordre la poussière si le combat était singulier, aujourd’hui il savait que ce serait au plus habile des deux au début du combat que reviendrait la victoire. Calmement il dressa ses mains devant lui pour faire sa garde… Aiolia passa le premier à l’assaut… « comme prévu » se dit-il. Et pendant que le lion fonçait sur lui il observa son mouvement pour le parer. Mais le frère d’Aiolos avait de qui tenir, et sa rapidité d’attaque le surprit et il fut le premier des deux à prendre un coup. La douleur n’était pas si intense, mais tout de même il dut reculer d’un saut pour reprendre son souffle.
- Tu ne te débrouilles pas mal Aiolia…
- Toi aussi… Mais tu aurais tort de me sous-estimer. En garde !
Les deux chevaliers d’or disparurent alors de la vue de la plupart des gens de l’assemblée. Seule l’électricité statique due au choc des deux cosmos trahissait encore leur présence. Mais bientôt ils réapparurent. Aiolia se tenait la jambe droite. Il était blessé au genou. Deux autres blessures sur l’autre jambe. Visiblement il peinait à se relever. Face à lui, son adversaire semblait indemne. Cependant son souffle trahissait l’épuisement de l’assaut qu’il venait de livrer, et ses mains aux doigts brûlés montraient qu’il avait probablement dû stopper la fameuse Lightning Bolt…
- Je crois que tu as perdu Milo ! Sans tes mains, tu ne pourras plus utiliser l’aiguille écarlate !
- Ne t’avance pas trop vite. Tes jambes ne te porteront plus assez pour le prochain assaut. Et j’ai encore plein de ressources.
- Je n’ai pas besoin de mes jambes… Dans le champ de ma boule de feu personne ne survit ! LIGHTNING BOLT
Toute la puissance du gardien de la cinquième maison fondit sur Milo. L’assistance était complètement médusée : l’attaque d’Aiolia n’était déjà pas spécialement connue pour être douce, mais il semblait que son entraînement dans le désert avait encore multiplié sa puissance. Mais le scorpion aussi s’était entraîné… Et il avait appris certaines choses dans les étendues sibériennes. Et notamment qu’on ne lutte pas contre le vent on le laisse passer ; il se mit de profil et tenta d’arrêter l’arcane de son adversaire avec le tranchant de son bras gauche. Le choc fut extrêmement violent et Camus vit son ami projeté à l’autre bout de l’arène. Quand il se releva, son bras était en sang.
- Désolé Aiolia… Je n’aime pas utiliser ses moyens mais je n’ai pas le choix.
- De quoi parles-tu ?
- Essaie donc de bouger pour voir…
« Pas de doute je ne peux pas bouger … mais qu’a-t-il donc fait ? ». Même en essayant de se remémorer son attaque il ne voyait pas comment Milo aurait pu lui porter assez de coups pour le paralyser. D’ailleurs la douleur lancinante qui lui montait à la tête l’empêchait de réfléchir davantage. Il fallait qu’il se dégage, mais comment faire. Il était à la merci du huitième gardien. Ce dernier ne tarda pas à en profiter. En se mettant en position il ajouta :
« Tu t’es découvert pendant ton attaque… L’immobilisation du scorpion t’a frappé de toute sa puissance. Je l’ai développé tellement que je pourrais stopper les trois juges des enfers avec. Maintenant tu es à moi. Je vais te porter l’ultime arcane du Scorpion ! FRIGHTENING VENOM ! »
De la main de Milo s’échappa une nuée si rouge qu’elle en devînt presque noire, et qui enveloppa le Lion dans un voile sombre. Mais alors que la brume toxique montait, Aiolia trouva en lui la force de sauter en l’air pour se dégager du venin mortel : « PHOTON BURST !! »
- NOOONNN !!!
Le cri de Marine se perdait déjà dans l’écho de la foule lorsque, telle une tornade noire, le brouillard sombre fondit sur le lion comme un animal qui bondit sur une proie qui tente de lui échapper, et qui montre seulement là sa vraie puissance. Mais la botte secrète d’Aiolia la traversa comme les griffes du lion déchirant une toile trop fragile. Sans que Milo n’ait pu réagir la lumière éclata au dessus de la foule éblouie. Quelques secondes plus tard, les deux hommes étaient au sol inanimés.
Marine se précipita sur le père de son enfant. Il avait le teint livide, et il était froid. « Il... Il est mort ! ». Elle s’était tournée vers Athéna mais même sous son masque on lisait la détresse et la colère qui s’emparait d’elle.
- Non, il ne l’est pas.
Milo s’était relevé. Son armure semblait entière et pourtant de tous les endroits possibles sa chaire était meurtrie.
- De la même manière qu’il n’a pas déclenché son attaque à sa pleine puissance, moi aussi je l’ai diminuée.
- MAIS SON CŒUR S’EST ARRÊTÈ ASSASSIN
Sans plus de réflexion, le cœur en larme, la japonaise s’était ruée sur le scorpion, oubliant le fossé entre Silvers et Golds même blessés. Milo sans délicatesse la propulsa d’un revers de la main contre les gradins où elle s’échoua près de Seiya, lui aussi prêt à bondir jusqu’à ce que la main de Shiryu ne le retienne.
Milo se pencha alors sur Aiolia… et lui tendit la main. A la surprise de tout le monde ce dernier s’en saisit vérifiant les derniers mots du scorpion et se releva souriant bien que pâle.
- Etonnant cette attaque !
- Je sais … Elle ralentit tellement les fonctions vitales qu’elle simule la mort. C’est la neige et Camus qui m’ont appris ça.
- D’où le venin effrayant ?
- C’est ça. Mais à pleine puissance, c’est aussi un arcane de défense puisqu’il bloque totalement le cosmos de mon adversaire l’empêchant d’attaquer. Mais je te suis reconnaissant de ne pas avoir mis tout ton pouvoir dans ta dernière attaque.
- Il fallait bien qu’on s’en sorte non ?
- Oui… Mais dans un vrai combat je serai mort et pas toi. Puisque mon attaque est efficace mais pas mortelle. Je crois que malgré les apparences, j’ai perdu ce combat.
- Alors partageons la victoire si tu me promets de ne plus jamais lever la main sur Marine.
Les deux hommes semblaient comme isolés du reste du monde en cet instant, tant il était évident qu’un lien venait de se tisser entre eux. Un peu plus que du respect, de l’amitié.
*
Quelques jours après, une simple marina vint au sanctuaire avec un parchemin frappé du sceau au trident. Il gravit alors les marches avec l’escorte la plus impressionnante possible puisque l’ancien général de l’atlantique nord lui-même l’accompagna jusqu’à la déesse.
- Déesse Athéna. Un mot de notre Empereur. Je dois vous le donner personnellement.
- Approche…
Elle s’en saisit et lui fit signe de la main de prendre congé, et il ne se fit pas prier. Passant près d’un Kanon toujours aussi effrayant que silencieux, on l’entendit courir lorsque les lourdes portes se fermèrent.
- Le moment est venu ?
- Il semble que mon oncle ait retrouvé l’Atlantide et il nous propose de venir voir ça avec lui. Hadès et Zeus sont également conviés.
- Je ne crois pas que vous devriez y aller.
- Je te demande pardon ?
- Excusez mon arrogance déesse, mais il me semble que la dernière fois que vous avez croisé le chemin des olympiens vous avez dû subir mille morts.
- Kanon, je comprends ton inquiétude mais je suis la réincarnation d’Athéna et je ne peux pas refuser d’y aller.
- Alors laissez-moi vous protéger.
- En seras-tu capable ?
Il revînt alors en mémoire au chevalier des gémeaux la puissance des Olympiens qui s’était déchaînée sur le mont Olympe pour réveiller Zeus. Ce souvenir lui glaça le sang, mais il repensa aussitôt à un autre cosmos, aussi puissant voire plus…
- Dans ce cas emmenez Orphéo avec vous. Lui il saura…
- De toute façon nous aurons besoin de lui et d’Ellianor pour percer les mystères des ces lieux.
- Je vous comprends, et je vous quitte rassuré.
Elle le regarda partir mais se sentait désemparée… Même si elle n’avait pas encore totalement recouvré tous ses souvenirs mythologiques, il lui semblait à peu près certain qu’elle n’avait jamais confié sa vie à d’autres que ses chevaliers. Un malaise s’insinua en elle et dessina une ride d’inquiétude sur son visage si pur. Elle se leva du trône habituellement dévolu au pope, et remonta jusqu’à l’autel au dessus du treizième temple. Elle fut surprise d’y trouver quelqu’un en train de méditer. Kalido, le plus mystérieux des Erhitils, les yeux fermés émanait d’une douce lueur bleutée. Son aura était apaisante pour l’âme tourmentée de la déesse.
- Que fais tu là Chevalier ?
- Je me détends… Il est parfois difficile de trouver la paix dans cette île. Il semble pourtant que vous bénéficiiez d’un endroit privilégié pour la méditation ici même.
- Ce que je me demandais, c’est comment es-tu parvenu jusqu’ici ?
- Je ne vous cacherai pas que j’ai oublié de demander la permission aux différents cerbères qui tentent d’empêcher la venue d’un intrus qui perturberait votre calme ; mais j’ai une certaine propension pour la discrétion.
- Je vois… je m’occuperai d’éclaircir cela plus tard. Pour le moment j’aimerais me trouver seule.
- Bien que je respecte ce choix, je ne suis pas sûr que vous trouverez en vous-même les réponses que vous cherchez ?
Athéna fut littéralement figée. Aucun des chevaliers, spectre ou marinas, ne pouvait utiliser de pouvoir mentaux contre elle, pas même Shaka. Hors elle en était sûre, à cet instant, sans qu’elle ressente une intrusion dans ses barrières mentales, Kalido venait de lire ses pensées. Machinalement elle tenta de pénétrer l’esprit du guerrier, mais son cosmos s’avérait aussi imperméable que l’expression sur son visage. Il ajouta
- Je vous avais dit que ma spécialité c’était la discrétion.
- Je ne sais pas comment un simple mortel peut faire cela, mais j’aimerais donc savoir ce que tu penses puisque tu sembles sûr que je ne trouverai pas seule mes réponses.
- Vous êtes déstabilisée par les derniers évènements. Vous avez été mise devant le fait accompli, vos chevaliers ne sont plus capables de vous protéger désormais. En tout cas contre des ennemis qui auront la force de votre père ; sachant cela, vous êtes bien obligée de faire confiance à des inconnus, sortis de nulle part et qui semblent seuls capables de vous aider alors même que leur venue mystérieuse coïncide avec la seule période depuis des siècles où les principales divinités Olympiennes sont ressuscitées et qui semble précéder la plus horrible bataille que vous ayez jamais pu livrer. Pire encore, vous pensiez que récupérer les souvenirs d’Athéna vous donnerait les réponses. Mais voilà, VOUS êtes Athéna, et rien ne vous apportera les réponses que vous demandez. Même pas un miroir…
Être à ce point mis à jour troublait profondément la déesse. Elle se sentait quasiment violée dans son esprit. Mais en même temps, le sourire de cet homme énigmatique la fascinait. Tout son être dégageait sérénité et puissance à la fois. Les émotions qui montaient en elle la troublèrent au plus au point. Reprenant le dessus, elle ferma son esprit au pouvoir de ce guerrier avant même que les sensations soient analysées. D’ailleurs elle les refoula avec tant de force comme un réflexe de quelqu’un pris en flagrant délit. En flagrant délit de quoi au juste ? Mais il ne lui laissa pas le temps.
- Cessez vos inquiétudes, aujourd’hui vos pouvoirs prennent tout leur sens. Dans la lutte, vous ne serez plus seulement là pour protéger la Terre des envahisseurs, mais la vie dans sa totalité. Vos chevaliers vous protègent mais vous avez également la mission de les protéger. C’est pour ça que nous sommes venus vous aider. Vous ne vous en rendez pas encore compte mais vos chevaliers joueront probablement un rôle très important dans la lutte. Reprenez confiance en eux et…
- J’ai toujours confiance en eux !!!
- Alors montrez le leur.
- Que voulez vous dire ?
- Pardon mais… essayez de vous concentrer sur eux et vous verrez…
- Comment ??!!!
- Essayez…
Athéna s’arrêta, interloquée par les propos de Kalido. Son esprit voyagea alors à la rencontre de ses chevaliers. Shaka, Kanon, Mù… Leur sentiment d’impuissance était tellement flagrant… Shiryu, Hyoga, le vieux maître… Le doute dans leur cœur était insupportable ; et Shun : son âme semblait déchirée tant il avait retenu ses larmes pour ne pas pleurer June. Mais le plus horrible vint de Seiya. Vide, son cœur était vide. Il semblait que le chevalier Pégase était vidé de sa substance. Saori s’attarda alors et comprit. Ce vide c’était son absence à elle… Le fait qu’il ait dû quitter le sanctuaire pour le désert… Le fait qu’il n’ait pas pu venir sur l’Olympe… Le fait qu’il n’ait pas pu prendre sa défense pour la première fois de sa vie. Ce qui rendait son âme si vide, c’était de ne plus pouvoir se sublimer. De lier son cosmos au sien pour parvenir à aller au-delà de la souffrance, de la force, de la physique, de ses limites. Seiya ne se sentait plus vivre depuis que son cosmos n’avait pas explosé.
*
Ellianor était fébrile. Le patriarche n’avait guère l’habitude de montrer quelque signe de tension que ce soit, mais ce jour là, il n’y avait rien à faire. Il était complètement impossible pour lui de garder son calme. Orphéo, était pourtant d’humeur égale marchant trois pas en arrière dans un certain détachement. Zeus quant à lui ne quittait pas des yeux le sol. Son corps se serait évanoui soudain qu’il n’aurait pas paru moins absent à ses frères. Malgré tout, la petite troupe avançait guidée par le dieu des sept mers qui les avait fait venir sur les bords de la mer d’Azov.
Ils étaient arrivés assez discrètement en voiture sur une plage déserte. L’âne qui paissait ne fut même pas dérangé par leur conversation.
- C’est là » fit Poséidon.
- Tu en es bien sûr ? Je ne voudrais pas que notre frère Zeus se soit déplacé pour rien.
Hadès était dubitatif. Et il y avait de quoi. Poséidon avait désigné un point sombre de l’écume comme le but de toute cette expédition et ça lui paraissait un peu léger. Mais le maître des eaux ne tînt pas compte de la remarque et fit simplement apparaître son trident qui illumina l’onde en la touchant et celle-ci s’écarta sous chacun de ses pas. Au bout d’un mètre ou deux il se retourna et regarda les autres : « Suivez-moi ! »
Ils se mirent à sa suite et tandis qu’ils descendaient sous la surface, la mer se reforma au dessus d’eux comme un ciel sombre. Le trident continuait de caresser l’onde pour la repousser alors que le sol glissant s’enfonçait de manière abrupte.
« On m’avait parlé d’un sanctuaire sous marin… pas d’une expédition de varappe. »
Les autres ne firent même pas attention à la remarque d’Orphéo. Ils n’avaient d’yeux que pour le fond de l’océan car c’était là qu’ils allaient vers L’ATLANTIDE.
Le chemin était très escarpé et visiblement personne n’avait songé à aménager l’accès du fond des océans se dit Zeus en son for intérieur. Il se fit sourire lui-même d’avoir pensé cela, mais ses pensées s’égarèrent à nouveau et il reprit l’air sombre. Air qu’il ne quittait que peu depuis qu’il avait décidé de son engagement à leurs cotés au moment de son réveil.
*
Soudain un rocher s’effondra sous les pas de l’héritier d’Alandor et il chuta maladroitement sur la pente. Poséidon écarta les eaux qui auraient pu arrêter sa chute. De la malveillance ? Sans doute un peu, mais surtout le dieu des océans avait assez soudainement eu envie de s’amuser… presque comme un humain qui fait un croche pied à un autre… La comparaison le fit moins sourire et il voulut rattraper la chute du jeune guerrier mais trop tard : il avait atteint la vase du fond. Il se releva et ne tarda pas à être rejoint. Il ne prit même pas une fraction de seconde pour penser à ce qu’il venait de lui arriver car ses yeux restaient rivés sur un spectacle ahurissant. Sans s’en apercevoir ils avaient atteint le pied des murailles qui ceignaient l’Atlantide autrefois. Elles étaient gigantesques.
Les murs qui s’enfonçaient dans la vase impressionnaient non par leur hauteur mais par leur épaisseur. On devinait au sein des crevasses vieilles de plusieurs millénaires que ces pierres avaient été éventrées par une force extérieure mais n’avaient pas bougé depuis qu’elles avaient atteint le fond de la mer. C’est par l’une d’elle qu’ils franchirent les portes de la cité.
Elle était en fait en dessous du niveau du sable et ses murailles l’avait protégées semble –t-il de l’ensablement. Mais il y avait autre chose. Une impression étrange s’imposa peu à peu au groupe. Poséidon fut le premier à comprendre : l’Atlantide vivait toujours. Il émanait de la ville une puissante aura bienveillante qui écartait l’onde du sol. Ce n’était pas un dôme gigantesque, mais l’on pouvait se tenir debout et circuler dans la ville sans effleurer l’eau devenue ciel. Les pavés qui jonchaient le sol était en pierre blanche qui semblait scintiller sous la lumière du trident du dieu des 7 mers. Des jardins et des fleurs qui peu à peu avaient envahit la ville se comptaient par millions.
- Par quel miracle, une ville que nous avons-nous même détruite a-t-elle pu continuer à vivre ? » fit Zeus en saisissant une poignet d’herbe fraîche à la main. « Il est temps qu’elle retrouve le soleil.
Le regard décidé du maître de l’Olympe les assura tous que le moment était venu. Avec délicatesse il étendit son cosmos tel des cordes autour des murailles. Hadès quant à lui insinua le sien dans le sol et le sous sol de la cité. Poséidon utilisa tout son pouvoir pour écarter les eaux. Leur puissance combinée tentait l’impossible… Mais les miracles sont l’apanage des dieux et peu à peu l’ensemble de l’antique cité refit surface comme une île en pleine Mer d’Azov. Dès que les premiers rayons de soleil frappèrent les murs, leurs plaies béantes se refermèrent, les rues s’illuminèrent. Peu à peu certains bâtiments surgirent du sol, s’extirpant des cordes tissées par les fleurs de la cité. Au milieu du quart nord est de la ville, jaillit le temple qui dominait autrefois toute la ville. Sa surface et sa hauteur étaient vertigineuses par rapport au reste de la cité et il attirait les regards quelque soit la direction d’où l’on arrivait.
- Enfin le voilà ! Le temple d’Alandor… Nous allons enfin savoir si nous allons vaincre avant de mourir !
L’ironie d’Hadès ne fut pas du goût de tous mais ils acquiescèrent ; il fallait bien qu’ils sachent.
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Cette fiction est copyright Achille.
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.