Chapitre 8: Les énigmes de l'Atlantide
Temple d’Alandor :
Désormais rétablie dans toute sa splendeur, l'Atlantide bouleversait les sens. Tout semblait fait pour causer l'émerveillement. La troupe se tenait desormais sur le seuil du plus haut bâtiment de la ville qui lui même en surplombait la seule colline. Ils y étaient parvenu en suivant simplement la voie principale de la cité. L'allée de frênes qui l'encadrait ne suffisait pas à faire suffisament d'ombre.
Jusqu'à la dernière marche ils ne rencontrèrent aucune muraille, aucun poste de sentinelle. Tout semblait fait pour que n'importe qui aille vers ce lieu. Tout le long du chemin ils avaient noté des stelles, douze pour être exacte. Chacune d'entre elle était gravée aux emblèmes d'Alandor (une épée étoilée ceinte d'une liane). Mais elles étaient toutes différentes. On y lisait tantôt un mot dans la langue d'Orphéa, tantôt une inscription d'une lettre ou un phonème en une langue inconnue. Ellianor semblait plus attentif que les autres d'ailleurs à ces mots qui semblait sans cohérence.
- Je ne comprends pas » dit-il enfin. « Nous avons trouvé 12 indices dont je ne vois pas le lien entre eux... Lion, Etoile, Jadis, Mort ... vous comprenez quelque chose vous ? »
il s'était tourné vers Les Olympiens mais l'interpellation familière n'était pas trop de leur goût. De toute façon ils n'étaient pas du tout préoccupés par cela, déjà leurs regards s'étaient portés sur le temple mythique et ils pénétraient dans le vestibule sans s'en rendre vraiment compte, comme aimantés. Bien que la bâtisse soit très haute, elle était doté d'un jeu de miroirs et d'ouvertures dans la pierre qui la rendait assez lumineuse. La nef principale se parrait de colonnes monumentales très sobres et menait à un autel d'or surplombé d'une fresque qui montrait une scène de paix avec quelques humains aux visages heureux dans la cité et un soleil resplendissant. La banalité sujet interpela Hadès qui se demandait bien pourquoi diable un tel manque d'inspiration dans un temple aussi beau, au sein d'une cité qui au contraire n'en manquait pas.
C'est Poséidon qui remarqua le premier signe. Alors qu'il avait détourné le regard de la nef pour voir entre deux colonnes, il aperçut une sorte de chapelle. Disons un renfoncement dans le mur avec une statue étrangement sombre. Elle était visiblement en Onyx noir et représentait un spectre ou un fantôme qui dressait une main squelettique le doigt pointé vers lui. Il aperçut le seul élément lumineux de la scène, un arc de métal blanc au bout d'un manche. Une faux...
« Mais bien sûr ! C'est la mort ... »
Les autre s'étaient retournés vers lui et avait alors aussitôt suivi son regard et vu la représentation de la « grande faucheuse »...
- Quelle ironie » fit Hadès. « Un temple de lumière et voilà qu'on y retrouve une statue bien étrange ».
Décidément Ellianor devait ne pas avoir le même goût pour l'humour noir qu'Hadès. Il était effrayé par cette représentation dans ce lieu qui anéantissait son espoir de se sentir comme sur Orphéa.
- Attendez » fit Athéna. « La mort fait partie des indices semés dans la cité. Je suis sûr que les mots trouvés dans la cité sont la clef d'un puzzle qu'il nous faut résoudre ».
- Un jeu de piste ? Allons y après tout... on a tout notre temps... » persifla Poséidon.
- Pourquoi pas après tout. Et puis nous n'avons pas le choix. Écoutons ma fille pour une fois... »
Orphéo qui s'était jusque là tenu en retrait continuait de contempler l'autel et la fresque derrière.
- Dîtes, je crois que j'ai trouvé les deux suivants. »
Aussitôt ils parurent intrigués et s'avançèrent vers lui qui désignait le soleil en haut de la scène.
- ça c'est l'étoile. Quant à la scène entière ça pourrait bien être Jadis.
- C'est vrai il a raison... Il nous faut absoluement trouver les suivants. Vieil homme que nous reste t-il ?
Ellianor ferma les yeux pour se rappeler puis regarda Zeus pour lui répondre :
- Lion, Arbre, justice, feu et vent. Le dernier mot signifie « celui qui donne » en Erythil. Mais il reste 3 mots que je n'ai pas réussi à traduire.
Aussitôt ils se mirent à la recherche des autres signes. Athéna trouva rapidement le vent. Elle s'aperçut en effet qu'un courant d'air assez puissant lui parvenait depuis un simple trou dans le sol dont elle ne voyait pas le fond.
Zeus eût plus de mal à comprendre mais la lumière se fit soudain dans son esprit...
« Celui qui donne ... mais bien sûr ... c'est plutôt celle qui donne la vie !! »
Ellianor s'approcha et vit que le roi des dieux comtemplait sur la fresque un nouvel indice, une mère qui tenait son enfant. « Oui ... c'est ça ... la fresque est la clef... Cherchez l'eau aussi !! ». Ellianor semblait tout à coup fébrile et excité.
« Je pense avoir compris... Il y a 4 groupes de 3 indices. Le premier indice de chaque groupe étant un des 4 éléments. Ensuite, ce sont des mots qui s'y rapporte dans un vieux conte pour enfant qu'on racontait sur Orphéa. Le Feu est représenté par l'étoile. Et ça représente l'éclat de la justice. Le vent et l'arbre sont liés. Ils représentent la vie éphémère... Ils sont un symbole de la mort. Pas la violente, ni l'injuste, la mort qui nous rends vivants. Celle qui achève nos parcours. L'eau, elle représente l'élément d'où nait la vie. Je ne vois pas encore quel symbole on a pu vouloir lui associer. Enfin il y a la Terre. Elle a une symbolique temporelle. A la fois parce qu'elle est là depuis extrèmement longtemps, à la fois parce que 5 des 7 joyaux ont disparus. Je pense qu'on peut l'associer à Jadis. Mais la Terre représente aussi la vie, la force et le Lion en sont aussi ses symbole. »
Hadès tomba sur deux nouveaux indices l'un au sol : c'était tout simplement un petit filet d'eau. Ce dernier s'écoulait sous ce qui avait d'abord attiré son regard : une autre statue mais plus petite que la mort et qui représentait un homme avec une balance sur laquelle figurait un coeur. « Je pense qu'il sagit de la justice » fit il.
Poséidon avait découvert une flamme qui dansait solitaire au dessus d'une petite vasque posée au sol dans le renfoncement d'une des colonnes, de telle sorte que la flamme était à l'abri du vent et de l'humidité mais également de telle sorte que se lumière ne soit pas visible de loin. Athéna avait quant à elle débusqué l'arbre qui se cachait dans la fresque. C'était celui que montrait la mère à son enfant. Enfin le lion fut trouvé par Orphéo. Il était en bas relief, de petite taille, sculpté sur une des colonnes à hauteur des yeux.
Mais il cherchèrent des heures durant sans pouvoir trouver la Terre ou deviner le mystérieux dernier indice. Alors que la nuit tombait sur le temple il décidèrent de rentrer au sanctuaire d'Athéna.
Temple du grand pope
« Je ne sais pas combien de fois j'ai parcouru ce temple... Des dizaines... sans pouvoir trouver ce fichu dernier indice... »
Ellianor enrageait intérieurement. Il était sûr de ne pas s'être trompé. Il en manquait forcément deux. Et ce qui le mettait vraiment hors de lui, c'était cet espèce de sentiment qu'ils étaient sous son nez et qu'il n'avait qu'à regarder.
Il déambulait dans les couloirs du palais du pope sans parvenir à trouver le sommeil. Il descendit à la bibliothèque du sanctuaire pour se changer les idées et tomba sur Kiki l'apprenti du Bélier. Ce dernier dormait sur un gros volume poussiéreux. Rasséréné tout à coup par l'enfant qui sommeillait un sourire lui vint. Il regarda ce sur quoi dormait le petit garçon dont la chevelure rousse cachait la moitié de la page. En s'approchant il devina des croquis, et des explications. Il s'agissait sans doute d'un manuel pour apprendre à réparer les armures. Mais c'est en y regardant de plus prêt qu'il vit un symbole identique à ceux qui constituait les indices. Il enleva la tête endormie et scruta attentivement. C'était encore plus bête qu'il ne pensait. Le symbole en question était sur le schéma d'une armure. Et quand il fit un effort pour remémoriser ladîte armure il sut que le symbole y était aussi, sur le casque plus exactement. « L'eau » murmura-t-il, non pas pour respecter le sommeil de Kiki mais bien parce qu'il était encore plus abasourdi. L'armure du verseau lui avait révélé la dernière clef. Les mots manquants étaient écrits en Muvien. Il suffisait de traduire les symboles et il aurait le dernier indice.
Un sourire malicieux lui vint et il plia le volume pour déguerpir à la porte du premier temple qu'il cogna plus sévèrement qu'il ne l'aurait voulu. Elle s'ouvrit laissant apparaître Mù dont les traits tirés lui rappelèrent aussitôt l'heure tardive.
« Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai trouvé Mù... j'ai trouvé pourquoi je ne savais pas lire les derniers symboles, c'est du muvien. Traduit moi ça.
Il brandit aussitôt une feuille où il avait recopié les derniers indices qu'il n'avait pas su traduire.
Mù se pencha dessus. « En effet » dit-il « ce sont bien des lettres muviennes... j'en ai assez vu dans toute ma vie pour les reconnaître. Malheureusement je ne sais pas lire cette langue. »
« Mais le petit là haut ... il lisait... »
- Un manuel écrit en muvien ?
- Oui c'est ça.
- C'est un livre représentant les 88 armures d'Athéna expliquant les techniques ancestrales de réparation des armures. Heureusement pour nous, la tradition orale s'est mieux perpétué que la tradition écrite. Ce livre sert plus de cahier d'illustration qu'autre chose. Désolé... Mais maintenant raconte moi qu'est ce que c'est que cette histoire de symboles.
Surpris Ellianor réalisa soudain que Mù ne pouvait pas savoir de quoi il parlait. Il entra et prit un café pendant qu'il lui racontait l'émergence de l'Atlantide. « la cité de mes ancêtre » songea le Bélier. Il expliqua comment ils avaient trouvé les premiers indices et comment ils avaient échoué pour les deux derniers, dont l'un devait être la Terre.
- Mais que ferez vous une fois les indices trouvés ? Avez vous déjà découverts ce vers quoi ils menaient ?
- Non... J'espère que les douze réunis m'en diront plus.
- Ils n'ont pas d'ordre possible ?
- Non ... ils sont écrits dans 3 langues différentes, et il n'y a aucune raison pour que ce soient justement les deux qui nous manquent qui soient les derniers. Je pense plutôt qu'il forment une énigme...
- D'accord.. mais dans ce cas pourquoi les traquer dans le temple...
- Je ne sais pas ... peut être leur position est elle aussi à prendre en compte. Mais j'ai déjà reporté ces positions sur un Schéma et ils ne semble pas du tout se dégager une figure ou une forme.
Mù regarda le papier chiffoné et dit songeur : « Je pense qu'il faut que j'aille là bas pour vérifier quelque chose ».
Sans en savoir davantage Ellianor se leva et suivit le Bélier et ils se téléportèrent grâce à ce dernier en pleine Mer d'Azov. Le maître de Kiki était très ému de voir leur cité ancestrale. Il se laissa quelques secondes caresser par la brise nocturne dans ses cheveux mauves. Il s'avança ensuite vers le temple dont lui avait parlé Ellianor.
Arrivé sur le parvis, il rejeta un oeil sur le schéma du temple et empressa de courir à droite et s'arrêta net pour scruter le sol. Il posa la main par terre et fit glisser les quelques grains de sables qu'il avait senti.
« La terre dit il »
- Mais enfin .. ce n'est qu'un peu de sable ... je te rappelle que toute la cité était sous les eaux... comment peux tu être si sûr de toi ?
- Regarde mieux le sol.
Il se penchèrent et Mù fit ondoyer son cosmos pour éclairer la pierre. D'un geste il effaça les traces de sable. C'est alors qu'un phénomène étrange se produisit. Au niveau de l'interstice entre les dalles de pierres, la terre « repoussait ». Un petit monticule de sable se reforma aussitôt.
- Comment as tu su ?
- Regarde ton schéma : les 3 premiers éléments formaient un triangle rectangle isocèle. Les 3 étaient au sol. J'ai vérifié s'ils ne formaient pas un carré parfait quand ils étaient quatre. Et c'est le cas.
- Tu penses pouvoir deviner la position du dernier indice ?
- Non... Certains sont au même endroit je ne vois pas comment ils pourraient désigner une autre figure. Il doit y avoir autre chose.
- Une idée ?
- Non... aucune... Demandons à Dokko, peut être qu'il saura.
Sanctuaire, temple de la balance :
Le vieux maître fouillait et fouillait encore les papiers laissés par Mù et Ellianor. Depuis des heures ils ressassaient à trois tout ce qui pouvait avoir un rapport avec l’eau en essayant en vain de trouver la clef manquante. Des derniers mots écrits en muviens ils en étaient sûr l’un représentait ce qu’ils cherchaient.
- je suis désolé de ne pas être plus utile » fit Mù sur un ton las.
Les autres le regardèrent, le bélier paraissait vraiment peiné et triste. Sa mélancolie était palpable jusque dans les vibrations du cosmos.
*
Les heures s'écoulèrent, puis les jours... bientôt une semaine à ne penser qu'à ça : Le fameux dernier indice.
Le vieil homme préféra aller se rafraîchir dans la douceur de la nuit qui baignait la grèce ce soir là plutôt que de chercher un sommeil qui de toute façon ne viendrait pas.
Il descendit jusque sur la plage du sanctuaire face au cap Sounion. Il songea aux vagues, à l'écume... aucun mot ne prenait le dessus dans sa mémoire. Il récitait le vieux conte pour enfant dans sa tête encore une fois. « la mère, l'eau et ... »
Les mots se perdaient dans le bruit des vagues tandis qu'une ombre s'avança vers lui.
« Tu ne trouves pas le sommeil ? »
Le vieillard sourit à son interlocuteur. Décidément l'eau le pourchassait.
« Non... mais que vient faire l'empereur des mers avec un veil homme tel que moi ? »
- Peut être bien voir ce qui préoccupe tant le vieil homme en question...
- Je suis toujours à la recherche de ce fameux indice.
- Pourquoi y tiens tu autant ? Tu n'en as pas fini avec ça... Qu'est ce que tu espères trouver ?
- Vous ne pouvez pas comprendre. Le pouvoir d'Alandor dépasse ce que vous avez perçu chez Orphéo... dépasse même tout ce que vous pourriez imaginer.
- Je te rappelle que je le connaissais...
- Alors vous savez ce que je veux dire. Si orphéo est bien son héritier, il n'a pas encore la totalité de son potentiel. Il lui manque quelque chose de plus pour Être...
- Tu sais ce qui lui manques justement ?
- Mes souvenirs sont vieux ... mais je sais qu'Alandor possédait une arme secrète... une sorte d'amulette ou bien d'objet qui renfermait tout son pouvoir. J'ai longtemps cru qu'il s'agissait de l'épée...
- Mais ça ne suffit pas n'est ce pas ?
- Non ...
- Et tu crois vraiment qu'il y a autre chose.
- Il le faut sinon nous mourrons tous.
Le silence s'imposa entre eux et Poséidon finit par s'asseoir à cotés d'Ellianor face à la mer.
- De quoi parle le conte dont tu nous as parlé ?
- Oh... C'est l'histoire d'une mère qui doit laisser son enfant à la grâce du Zâh. Elle le confie à un lion et lui demande de veiller sur lui.
- Pourquoi un Lion ?
- Parce que si c'est vraiment le Zâh qui lui demande ce sacrifice, alors il fera un miracle et le fauve élèvera l'enfant, lui apprendra à devenir un homme fort. Plus tard, quand sa mission sera terminée ce dernier reviendra vers elle à jamais.
- Comment être sûr que le lion ne dévorre pas l'enfant sans qu'elle le sache ?
- Le Zâh lui a confié que son fils serait vivant aussi longtemps qu'une étoile. Dans le conte la mère voit son fils monter sur le dos du lion qui l'emporte au loin, et elle devient un arbre enraciné au sol jusqu'à ce que son enfant vienne la délivrer de son attente. Pour la récompenser de son sacrifice, tous les soirs, elle peut contempler l'étoile de son fils qui vit encore ... comme la lueur d'un espoir. Elle représente le passé, et lui le présent et le futur, les deux unis dans la justice, et ils ne connaîtront pas la mort avant de se retrouver.
- Alors le mot qui te manque c'est Alandor lui même ...
- Quoi ?
- C'est évident non ? Le conte, c'est lui ... l'enfant au service du Zâh, celui qui représente le présent et l'avenir.
- Bon sang... mais pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ?! ... Il faut que je retourne là bas.
- Tu iras demain...
- Je n'en peux plus d'attendre. Je n'ai fait que ça toute ma vie...
- Alors je dois t'arrêter.
- Quoi ?
Sans un mot de plus le vieil homme se déplace d'un saut hors de portée de son voisin prêt à combattre. Poséidon prend tout son temps pour se relever. Il n'y a pas d'issue possible en dehors d'un affrontement. Il le sais, il a été prévenu. Mais ça ne lui fait pas particulièrement plaisir de devoir s'abaisser à affronter un ancêtre. « Qui plus mortel... » se dit-il « enfin… mortel... tout est relatif. » Un sourire satisfait pris place sur son beau visage et il déploya son cosmos.
Ellianor est un guerrier aguerri, et malgré son âge, il n’a jamais connu la vraie peur au combat. Instantanément, il analyse la situation et son instinct, son expérience lui dictent que seul la rapidité et l’effet de surprise seront un avantage face à son adversaire ; cette réflexion il l’a déjà faite avant même que Poséidon n’ait parlé… Son cerveau analyse en permanence chaque homme comme un ennemi potentiel et quelque part dans son esprit les rouages de sa réflexion tentent d’élaborer des stratégies dans l’éventualité d’un affrontement. Et le seigneur des 7 mers apprend à ses dépends que « l’ancêtre » a de beaux reste. Ellianor plonge sur lui avec une force et une vitesse surprenante et l’espace d’un instant Poséidon n’a pas le temps de monter sa garde, le poing noué du vieil homme l’a déjà frappé en plein estomac.
La douleur est une sensation étrange… mais plus étrange encore est l’envie de combattre. Poséidon est comme Zeus et au contraire d’Hadès : il aime l’excitation du combat ; mais là où son cadet se complait à se battre pour la beauté du combat, lui même aime la victoire par dessus tout. Et son goût de la compétition et son meilleur doppant.
Ellianor n’est pas fou, son premier assaut est passé, mais il sait bien qu’il n’en sera pas ainsi et que le temps n’est pas son allié face à son adversaire. Le rempart brisé il s’élance aussitôt vers l’escalier nord qui mène au pied du terrain d’entraînement des femmes chevaliers. C’est le plus court chemin pour regagner le sanctuaire et donc l’influence d’Athéna où le pouvoir de Poséidon ne peut être absolu.
Malheureusement, Poséidon est plus puissant que prévu et surtout, beaucoup plus rapide…
*
Flashback :
- Je vais y aller seul…
- Mais pourquoi ça ?
- Parce que c’est mon chemin, à moi seul. Je ne peux partager cette épreuve.
- Pff … tu n’as qu’à y aller… après tout ce n’est pas mon problème.
Il a décidé de ne pas insister. Après tout, on nous l’a annoncé comme le « messie », il est assez grand pour se débrouiller. Dans le fond de la salle, son frère ainé le foudroie du regard. « Quoi ! Il veut se débrouiller, laissons le faire !! »
La télépathie est redevenue naturelle entre eux depuis qu’IL est revenu. A croire qu’il ne s’était jamais quittés.
Hadès se lève et regarde de façon légèrement désabusée le jeune homme devant lui. Son cœur lui dicte des sentiments contraires mêlant de la mélancolie, de l’amusement, et un agacement certain.
- Poséidon a raison… qu’est ce qui peux bien te motiver à faire ça ? Si ce que tu as dit est juste, tu vas risquer ta peau et quelque part la notre pour rien alors que si tu n’es pas seul…
- Je suis au courant … mais je sais que je dois le faire.
Orphéo ne s’est jamais montré respectueux des Olympiens, en tout cas pas autant que ces derniers en ont l’habitude, mais le ton employé et le regard ne trompaient plus grand monde, c’était lui le chef maintenant… et il le savait.
Poséidon serra le poing et se tourna vers la sortie.
« Attends… »
Il se retourna plus curieux que courroucé.
« J’ai un service à te demander … »
*
L’homme aux cheveux verts se retourna vers le corps inanimé posé à côté de lui, ou plutôt échoué à côté de lui. Ellianor n’émettait plus aucune vibration de cosmos. Celui qui était le vainqueur le surplombait avec un regard empreint de tristesse. Il entendit les pas de courses des autres. Il savait qu’il devrait les arrêter eux aussi.
« POSEIDON !! Qu’est ce qui t’as pris ? »
Bah à quoi bon des explications, il faudra se battre aussi. Mais cette fois l’empereur des mers est plus alerte et passe à l’attaque le premier. Sa vitesse divine rend ses déplacements quasi indécelables et les 4 hommes plongent dans les cieux comme des pantins désarticulés balayés par une vague géante.
Un bruit sourd, un seul… Il est satisfait de lui même… Dans la rapidité il a su calculer sa force pour que chacun des 4 retombe au sol à la même seconde. Ce n’est pas grand chose mais il a toujours eu un coté obsessionnel et cela le satisfait pleinement. Il sourit en regardant le cap Sounion mais son regard va plus loin… Bien plus loin…
Mer d’Azov :
Orpheo monte les marches en sautillant les mains dans le dos… Il siffle. Il siffle faux … mais il siffle. Il sourit à son destin, mais une pensée plane vers Ellianor et les autres : comprendront-ils ?
Tout à coup il s’arrête. Il espère que Poséidon ne va pas trop se lâcher. Enfin… il a besoin d’au moins une heure…
Dès l’instant où il a comprit l’énigme, il a su qu’Ellianor la résoudrait très vite. Il lui fallait aller vite, vite et sans eux qui l’avaient accompagné partout depuis des années, surtout son vieil ami… son père… son maître… son fidèle serviteur. Ellianor avait été tout cela pour lui, et l’idée de ne pas lui avoir fait confiance pour la première fois de leur vie ne lui plaisait guère. Mais il savait que c’était son destin.
« Parfait… maintenant à nous deux Papa ! »
En franchissant le seuil du temple son poing s’était serré, ses pupilles s’étaient dilatées, son pas se ralentissait mais gagnait en assurance et son cœur accélérait.
Terre de feu :
Le vent souffle sur la pampa sud américaine. Deux cavaliers regardent le soleil s’effacer à l’ouest. Le premier qui mesure près de deux mètres, a l’aspect d’un adolescent aux traits fins mais dont le regard rouge souligne la dureté de son âme. Il inspire immédiatement, intrinsèquement une peur sans limites à ceux qui croisent ce regard. Le second, beaucoup plus petit, affiche une mine réjouie et ne semble pas sensible au pouvoir de son compagnon sur l’âme. Ses cheveux roux en bataille surplombent un visage plutôt potelé, barbu. Son habit étrange est composé d’une armure vif argent protégeant son hémicorps droit tandis qu’à gauche, il ne porte qu’une protection de métal noire au niveau du cœur attaché à une épaulette du même métal. On remarque également à sa main gauche un bracelet en onyx et dans son dos une lance noire à la pointe vif argent tressaute à chaque pas de son destrier. Les chevaux noirs semblent épuisés par leur journée passée à galoper ; tout est désert autour d’eux. Le plus grand des deux semble préoccupé mais c’est le second qui rompt le silence :
- Le grand jour est bientôt arrivé. Ils ne seront pas prêts.
- Dois-je te rappeler qu’ils ont retrouvé l’Atlantide.
- Il n’y a guère que ton frère et toi pour penser que ça aura une importance.
- Et le maître …
- Pff… Ton maître n’est pas mon maître. Je ne sers que Pü.
Le visage de l’adolescent se fige en un masque haineux, ses mains serrent la bride du cheval mais aucun mot ne sort. Il a choisi de suivre les ordres de celui qui sera à jamais son maître, et la compagnie de ce rouquin semble faire partie du lot. Il se contente de hausser les épaules et avec un grognement il entraîne sa monture vers l’ouest, son compagnon se contentant de le suivre.
- C’est par ici il me semble.
- Ok … Je vais le chercher … reste ici. Je n’ai pas besoin de toi.
Le cavalier roux descend de la selle et regarde son compagnon se diriger vers leur cible. C’est là que se cache le dernier artéfact que Pü leur a demandé. Après ça, leurs rois seront à nouveau tous réunis et le Maître pourra reparaître.
Mer d’Azov :
Orphéo est revenu au temple. Les douze indices, il les a… Alandor, il l’a trouvé : c’est sa propre épée. Elle doit prendre place au beau milieu de l’autel. Il se penche sur la fente et sort l’épée du fourreau et la plante aussi profondément qu’il le peut et … Rien. Tout reste calme. Le jeune Erithil est un peu agacé par ce contre temps. « Père pourquoi y mettez vous tant d’obstacle. Que dois je donc faire de plus ? »
C’est alors que son cosmos vibre une seconde et que son regard s’éclair. Il a compris. Enfin… Il tire l’épée. Il s’agenouille alors devant chaque élément et passe l’épée devant : la terre se met à danser, l’eau se met à flotter, le vent entoure l’épée, le feu forme un ballet subtil avec la lame éclatante. Quand il touche avec la pointe de son épée chacun des symboles représentés dans le temple ou dans la fresque, ils s’illuminent et leur projection à danser autour de l’épée avec les quatre éléments. Lorsqu’il finit la « révélation » la représentation des onze indices ondule autour de l’épée. Orphéo sourit. Le moment est enfin venu : il plante l’épée dans l’autel avec une expression mélant fierté, envie, rage et force.
En une seconde le temple d’Alandor, non tout l’Atlantide se retrouve projeté dans l’univers, les galaxies dansent autour de lui. Son cosmos entre en résonance avec tout l’univers et il augmente de manière fulgurante. Puis les murs de la cité puis du temple s’effacent. Seul persiste son corps, nu, avec l’épée qu’il tient encore dans sa main. Il se recule alors rempli de peur devant la puissance du cosmos qu’il ressent bien que ce soit le sien. L’immensité de l’énergie qui emplie l’espace lui donne une sensation de vertige, presque la nausée. Mais malgré le contact rompu entre lui et l’épée, rien ne cesse. Au contraire, son pouvoir croit encore. Il est effrayé à l’idée qu’il puisse le consumer.
« n’aie pas peur mon fils… »
- Mais je ne suis pas prêt à ça… Je ne peux pas maîtriser cette force…
- Tu le dois …
- Mais père !
- Affronte ton pouvoir… deviens son maître et tu vivras. Echoue et nous mourrons tous.
Les derniers mots d’Alandor moururent alors laissant Orphéo en proie à ses démons tandis que s’approchait son épreuve. Il leva les yeux et vit une énorme silhouette noire qui s’avançait vers lui. En la détaillant Orphéo vit qu’il s’agissait d’une forme humanoïde qui était posée sur quatre pattes monstrueuses terminées par des serres. De son buste se détachaient deux puissant tenant un fouet d’un cotés et une hache de l’autre. Sa tête n’avait rien d’humaine ; on aurait dit un serpent géant dont la gueule était nimbée de flamme avec des cornes de buffle démesurées affleurant presque ses épaules.
Orphéo se mit instinctivement en garde mais il sentit toute la formidable énergie qui tantôt l’entourait s’évaporer pour gagner l’être immonde devant lui.
« C’est le balrog… Une des créatures du Zâh qui a rejoint le chaos avant même que les démons n’apparaîssent. La première forme de vie soumise par le mal absolu. »
- Que dois-je faire …
- Découvre le toi même …
- Dois-je le tuer ?
- Tu le verras bien.
- Pourquoi mon pouvoir a-t-il fui ?
- Ce n’est pas ton pouvoir qui a fui… mais le mien, et celui de l’épée ; ce que tu as découvert par toi même est encore en toi. Tu dois affronter ton pouvoir. Le Balrog l’a absorbé. Il s’en est nourri. C’est une créature étrange. Née du Zâh elle a absorbé le pouvoir du chaos et fonctionne comme cela depuis en absorbant toute l’énergie qui se dresse devant elle. Il est très puissant… Il a failli me tuer. Mais je m’en suis sorti…
- Comment ?
- Ça mon fils, c’est ton destin de le découvrir…
De nouveau l’aura chaleureuse disparut. Mais cette fois le Balrog apparut à orphéo dans toute son gigantisme. Il mesurait quinze mètre et il était maintenant à quelques mètres seulement de lui son fouet claquant dans l’air.
Orphéo n’eût qu’un millième de seconde pour éviter la hache qui s’abattit sur le sol qui semblait posé sur la voûte de l’univers elle-même. Il fut déstabilisé par l’onde de choc et tituba alors qu’il se rattrapait.
Le démon cracha alors des flammes souffrées et une puanteur horrible se répandit autour d’eux. L’Erithil tenta une roulade pour passer derrière le démon et frappa dans ses jambes mais ses dernières ne vacillèrent pas. La sanction fut immédiate, le poing droit du Balrog s’abattit sur lui et le fit planer sur plusieurs centaines de mètres. Mais ce fut comme si l’univers se contractait pour rapprocher à nouveau les deux combattants.
La créature semblait se délecter du visage horrifié de l’humain. Bien que tout son corps sembla peser une tonne et que tous ses os lançaient à ses centres vitaux des signaux alarmants sur les tensions et pressions qu’ils devaient enduer, Orphéo restait rivé sur le regard froid de son adversaire. Serrant le poing il intensifia son cosmos. La chaleur de ce dernier, associé à l’adrénaline qui faisait palpiter son cœur lui firent reprendre confiance en lui. Il se mit à sourire.
- Approche créatures du diable… Je vais te désosser et me faire une échelle de ta carcasse pour arriver au sommet de la montagne de plaisir que je vais avoir à te tuer.
Orphéo ne savait pas si le Balrog était sentient ou pas, mais ce dernier ne parut pas apprécier la provocation et se rua sur son frêle adversaire. L’homme au cheveux bleux se mit en garde et réagit de toute sa vitesse pour éviter la hache, le fouet et les flammes de la bête enragée. Parvenu à la contourner, il déploya son cosmos pour huler : - PAR LA FOUDRE ECARLATE !!! MEURS !!
Le poignet droit tenu dans sa main gauche il fit exploser toute son énergie au bout de ses doigts tendus comme une épée. Un éclair rouge immense fila droit dans la tête du démon et le dégagement de lumière qui se produisit faillit aveugler Orphéo.
Quand sa vision cessa d’être trouble, l’érithil haletant tenta de voir la carcasse de son adversaire mais ce qu’il vit le pétrifia. La créature était intacte. Rien… Pas même une égratignure. Au contraire elle semblait … plus puissante encore. Encore sur le coup de la surprise, il ne faillit pas voir l’éclair de sa propre attaque lui être renvoyé par la gueule de serpent.
La douleur… Tout son corps … ou ce qu’il en restait se résumait à la douleur. Le Balrog s’était saisi de lui dans sa paume et s’amusait à le fracasser contre son propre torse qui semblait plus dur que le granit.
Il sombra dans l’inconscience lorsque le géant le jeta au loin et qu’il finit par revenir vers lui levant bien haut sa hache pour finir d’écraser l’insecte qui avait tenté de se battre contre lui.
- Je … Je vais … mourir…
- Tu ne dois pas…
- Mais je suis à bout de force.
- Découvre ta victoire… Et envoie le au tapis.
- Je n’en suis pas capable …
- Alors deviens en capable.
Malgré son état Orphéo réussit à ressentir de la colère en plus de la douleur, du désespoir et de la peur qui se mêlaient dans son cœur depuis qu’il n’avait plus pu bouger ses membres. Tout à coup il découvrit au fond de lui quelque chose qui n’était pas brisé. Quelque chose qui pouvait encore le tenir debout. Juste un instant.
Le Balrog n’était pas exactement sentient, mais il possédait une conscience assez élaborée. Lorsqu’il vit le corps brisé se relever dans une lumière bleue intense devenant peu à peu blanche il ressentit ce qui pourrait s’apparenter chez l’homme à de la surprise et de la contrariété. Il ne sut pas comment il mourut à nouveau mais il reconnut cette sensation comme particulièrement désagréable avant que sa conscience ne s’éteigne encore une fois pour des siècles.
Orphéo était à nouveau dans le temple au sein de l’Atlantide. Tous ses muscles en tension, des plaies multiples baignant de sang le sol immaculé. Il gardait encore hâletant la position de son bras tendu avec son épée au bout tachée du sang de la créature. Il voulut se relever mais il vacilla et sa conscience le quitta.
*
Quelques heures plus tard, sa main se mit à frémir et ignorant la douleur il se dressa sur ses jambes. Son sang avait coagulé et collait ses cheveux à son visage. Il se sentait bizarrement bien. Faible, mais bien. Lorsqu’il se retourna il vit accourir à lui presqu’en aussi bon état que lui ses quatre compagnons érithils. Seul Kalido semblait ne pas avoir trop souffert même si la poussière sur lui témoignait qu’il avait lui aussi dû combattre le seigneur des sept mers.
- Vous voilà… Je pensais qu’il vous retiendrai plus longtemps … hé hé …
- Idiot ! tu as failli mourir.
Ellianor était rouge de colère comme un père qui vient voir son fils après une énorme bêtise qui aurait pu tourner au drame. Mais l’émotion le submergea davantage que la colère et il le prit dans ses bras à le soulever du sol.
- Heehh doucement !!
En retrait Bulaï lui demanda :
- As tu trouvé l’arme secrète ?
- Peut être bien…
En souriant il tendit l’épée vers l’autel où se tenait désormais une vasque d’or là ou l’épée s’était enfoncée. Alors que Kalido et Pelios se penchent au dessus ils y voient plusieurs case avec des mots écrits en muviens, erithils et en grec anciens ne semblant pas avoir de correspondance entre eux.
- Qu’est ce que c’est ?
La question de Pelios traduisait leur incompréhension. Orphéo esquissa un sourire. « Un alphabet ».
Les quatre autres le regardèrent surpris. « Que veux tu dire ? » fit Ellianor.
- C’est une correspondance entre les trois langue… Un code pour passer de l’une à l’autre …
- Comment le sais-tu ?
- Je le sais … Je l’ai vu… Je l’ai compris.
Ils s’entreregardèrent et le vieil homme découvrit que son jeune ami avait changé. Il avait mûri. Il était imperceptiblement différent. Plus éloigné d’eux aussi.
- Que doit-on faire ?
Atlas regardait Orphéo comme un maître ce qu’il n’avait jamais fait jusqu’ici, Ellianor remplissant davantage cette fonction pour lui et son frère.
- Appelez Mù et les quatre olympiens. Ils ont un rôle à jouer…et moi je vais me reposer un peu.
Ses jambes s’effondrèrent et Kalido le retint de peu de tomber. Ils décidèrent que son état n’était pas inquiétant et il le laissèrent récupérer à l’ombre d’une colonne sous la surveillance des deux frères tandis qu’Ellianor, Pelios et Kalido iraient chercher les quatre dieux et Mù.
Le temple noir :
Un vieil homme conduit son troupeau et presse le pas, les nuages qui se sont formés dans l'après midi lui annoncent un orage qui ne sera pas une simple bruine. Depuis qu'il a vendu la plupart de ses terres pour les études de sa fille, il n'a gardé que quelques bêtes... assez pour continuer à produire un peu de laine et de lait. Sa fidèle chienne pourrait quasiment tout faire seule tant elle a l'habitude de ces sorties dans les champs avec les brebis, mais ce soir, l'animal semble inquiet. « Bah ... soupire-t-il... on en a vu d'autre hein Tilia ? ». Malgré sa voix rassurante, le berger hâte le pas vers sa maison. Il sait qu'en Irlande les orages peuvent être parfois d'une violence inouïe. Et ce soir... il n'a jamais vu des nuages aussi sombres au dessus de son île de Inishmore au large des côtes irlandaise. Mais ce qui l'inquiêtait davantage, c'était l'île de Inishmaan, sa petite voisine dont il apercevait en temps normal la côte à l'est mais qui semblait noyée sous les vagues hautes qui touchaient quasiment les gros cumulus gris sombres au dessus de l'île.
En effet l'île d'Inishmaan était bien l'épicentre du sinistre typhon qui sommeillait encore (mais plus pour longtemps). En effet au milieu de l'île, sous ce qui était actuellement une église et son cimetière chrétien, se trouvait l'entrée d'un labyrinthe qui menait à ce qu'il convient d'appeler le temple noir. En sortant de la sacristie, on apercevait une des première tombes. Elle était monumentale et c'était la seule remarquable de ce cimetière. La porte en était fermée depuis des siècles et la mousse, le vent et la plui avaient effacé les inscriptions que l'on pouvait y lire. Dans le village elle était appelée la tombe du comte depuis tellement longtemps que plus personne ne savait pourquoi. Un écrivain en mal d'inspiration qui était venu dans les environs pour passer une année avait pensé au comte de Dracula... Les événements qui suivirent lui donnèrent presque raison.
En fait elle était probablement l'une des tombes les plus anciennes, avant même l'ère chrétienne. Il s'agit en effet de la véritable sépulture du seul immortel ayant fait trembler les olympiens dans les temps mythologiques : Typhon. Zeus est d'ailleurs le seul qui soit au courant. Il avait fait courir le bruit que le Titan était sous l'Etna en Sicile, afin que si d'aventure l'on se prenait à avoir envie de réveiller son ennemi l'on fasse chou blanc.
Typhon n'était d'ailleurs pas le moindre de ses ennemis. Il était le seul à l'avoir vaincu. Lorsque Zeus avait fini par le tuer, le corps du Titan restait quasiment indestructible et le roi des dieux eut recours aux plus puissants enchantements pour s'assurer que jamais au grand jamais le géant viennent à revivre.
Un autre homme découvrit l'endroit et sa signification. Il se nommait Pü et il battit dans la carcasse du Titan affaiblie par les siècles et les foudres de Zeus le temple qui serait celui de son maître sur l'avant dernier des sept joyaux. Grâce à Zeus, cela était devenu l'un des endroits les mieux protégés de Gaïa. Il n'en demandait pas tant.
Les deux hommes s'étaient emmitouflés dans de longs manteaux couleur marron. Ils avaient surgi dans le cimetière comme d'une déchirure de l'espace temps. Le plus grand des deux tourna la tête plusieurs fois d'un air inquiet mais le second avançait confiant vers la tombe monumentale. D'un doigt il fit cliqueter le verrou qui avait été fermé pendant des siècles et il entrèrent. La porte se ferma seule. Au bout de dix marches il trouvèrent un premier pallier avec un sarcophage en granit posé au milieu d'une pièce ronde entourée de mur de pierre épaisse sans issu visible. Le petit leva sa main droite au dessus du sarcophage et une lumière rouge sang étincella dans sa paume. Quelques secondes plus tard un grondement sourd se fit entendre et la le sarcophage pivota en laissant apparaître une ouverture dans le sol qui était un escalier aux marches noires et bordés de bas reliefs inquiétants. Une lumière rouille semblait pulser du fond de la terre ou l'escalier s'enfonçait. Les deux compagnons descendirent et quand la tête du plus grand fut en dessous du niveau du sol, le sarcophage referma l'entrée.
L'escalier initialement étroit s'élargissait pour parvenir au bout d'une trentaine de mètre dans ce qui semblait être une grotte giganstesque. En y regardant de plus près, on voyait que la grotte avait une forme symétrique. Les colonnes qui tombaient du toit en adhérant à la paroi en demi cercle étaient au nombre de douze de chaque cotés. Le plus grand des deux recula d'un pas pour la perspective et son visage afficha son inquiétude. Il se tourna vers le rouquin d'un air interrogateur. Ce dernier lui répondit avec son sourire machiavélique habituel : « bienvenue dans le temple noir. Comme tu l'as compris nous somme dans ce qui était autrefois le thorax de Typhon. Ce que tu vois au plafond c'est sa colonne vertébrale, et nous allons la suivre jusque là bas. » Il désigna l'extrémité opposée de la grotte qui descendaient au loin qui présentait une large ouverture dans la première vertèbre et qui menait à la tête du Titan mais n'était pas visible à cause de la roche.
Pendant qu'ils marchaient ils passèrent devant de nombreuses runes, des colonnettes avec à leur sommet des flammes rouilles dégageant une odeur âcre et nauséabonde. Le chemin serpentait dans le thorax jusqu'à l'entrée dans le crâne. Là ils s'arrêtèrent quelques instants. Une sentinelle vint au trot pour les accueillir.
« Mes seigneurs, Leurs majestés n'attendaient plus que vous. Je peux vous dire qu'ils ont hâte de commencer la cérémonie ».
Ils le suivirent sans un mot et parvinrent dans la seconde pièce du temple noir qui ressemblait à une cathédrale satanique. Dans la première et plus grande partie de la salle, il y avait là toute l'armée des assilites, qui s'étaient agenouillée devant les 3 personnages réunis sur l'autel autour de ce qui ressemblait à un cercueil d'enfant.
Les deux compagnons fendirent la foule jusqu'à eux. Le plus petit passa devant et s'agenouilla auprès des trois rois qui se tenaient devant lui. Il y avait deux hommes et une femme. Le premier des deux hommes était habillé d'une soutane noire. Il était manifestement aveugle au vu de ses yeux vitreux, mais ça ne semblait pas le géner pour regarder au fond de l'âme de ceux qui croisait son regard. De taille moyenne, il était chauve avec une barbe grisâtre et son visage inspirait la maladie. Un prêtre aveugle, bien vieux et malade, voilà à quoi ressemblait l'ennemi juré d'Ellianor : Pù, le seul fléau en vie depuis la dernière bataille des assilites contre les Erythils. A cotés de lui se tenait un guerrier tout à fait différent. Plus grand, les muscles saillant et d'une intense beauté. Ses yeux étaient entièrement noirs assortis à sa longue chevelure couleur de jais. Enfin une femme au visage d'ange et sans âge se tenait à leurs cotés. Ses cheveux bleus ciels lui tombaients sur les épaules. Elle était habillée d'une tenue masculine qui ne ternissait pas sa beauté mais augmentait la crainte que son regard entièrement noir provoquait.
Pù s'avança vers les deux hommes venus depuis la Terre de feu :
« Vous voilà enfin... Phobos et Poër. Avez vous ramené ce que nous attendions. »
La voix de Pù était étonnament sonore et pleine de vigueur pour un homme de son âge, et son autorité ne souffrait aucun doute sitôt qu'il parlait.
L'homme à la chevelure rouquine et qui répondait au nom de Poër baissa les yeux encore plus bas et parla pour eux deux :
« en aucun cas nous n'aurions osé nous montrer à vous Maître Pù si nous avions échoué. Voici l'artéfact. »
Il tendit au prêtre une dague noire dont la lame était maculée de sang séché. Le vieil homme s'en saisit et marmonna quelques mots dans une langue inconnue et planta la dague au milieu du cerceuil d'enfant.
Phobos avait quitté Pù des yeux et avait fixé son attention sur pour celui qui était à jamais son maître et qui regardait l'aveugle entamer la cérémonie. « Maître, songea-t-il, êtes vous sûr de ce que nous avons fait ?... »
Il baissa les yeux en espérant que son maître se réveillerait un jour mais pas trop tard.
Pendant ce temps la foule contemplait le cerceuil avec la dague plantée. Tout a coup un poing sortit du cotés, déchirant le bois et vint saisir la dague qu'il extirpa et une seconde après jaillit le dernier des 4 fléaux. Pù s'avança vers lui et posa un genou à Terre.
« Bienvenue parmi nous votre altesse. » puis se tournant vers la foule : « Sa majesté Olivius, Fléau de la haine nous a rejoins ».
Olivius avait l'aspect d'un enfant d'une dizaine d'année, blond et le visage angélique. Son regard était bleu et perçant et il avait un sourire qui était le visage de la cruauté. Lorsqu'il se fut habillé de sa toge rouge et de ses armes noires, il rangea la dague dans son fourreau, et il s'avança vers le prêtre.
« Heureux de vous revoir maître Pù... Nous sommes enfin réunis pour accueillir le Maître. Quand cela est il prévu ?
- Sous peu votre altesse.
- Où en sont les Erythils ?
- Ils ont émergé l'Atlantide, mais ils n'ont pas encore trouvé leur artéfact.
- Bien ... Combien de temps leur faudra-t-il ?
- C'est l'histoire de quelques heures seulement.
- Parfait... La guerre pourra alors commencer.
Olivius fit quelques pas et dévisagea les trois fléaux qui se tenaient à ses cotés. Il s'attarda sur le guerrier. Il sourit et ajouta à voix haute :
« Je propose de les faire un peu travailler... »
Sans un mot de plus son visage se referma et son expression devint dure comme la pierre. Parallèlement son cosmos se mit à croître. Sa puissance était incroyable pour un si petit être. Il était nimbé d'une lumière blanche quand il leva son doigt vers le ciel. Tout son cosmos se réunit alors au bout de son index avant de sortir à la vitesse de la lumière, à travers la paroi du temple, à travers la terre pour gagner le ciel et replonger dans l'Océan Atlantique. Lorsque l'énergie atteint l'écume une immense vague se souleva. La plus grande jamais vue de toute l'histoire de Gaïa. Mais cette vague était toujours entourée de la lumière blanche du cosmos d'Olivius et elle se mit à avancer, ou plutôt à galoper vers l'ouest.
Cette fiction est copyright Achille.
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.