Chapitre 21: Les dernières luttes


Sanctuaire d'Héra, Dixième Temple, celui de Guaya d'Engonasis

Ikki se trouvait donc seul face à Sani, connu pour être l'un des guerriers d'Héra les plus puissants que cela soit sur le plan physique ou psychologique. Il n'avait voulu laisser à personne le soin d'affronter celui qui disait avoir fait disparaître son frère et ses amis. D'ailleurs, il se refusait à croire qu'il ne pourrait plus jamais les revoir. Cela lui semblait impossible à accepter. Face à lui, Sani n'était plus l'homme qu'il était quelques heures auparavant. Dorénavant, même si la défaite lui semblait inconcevable, il ne se permettait plus de sous-estimer son adversaire. Ainsi, il rompit le silence assourdissant qui s'était installé depuis le départ de Mosu et Jabu.

- Tu es certainement le chevalier le plus puissant qu'il ne m'ait jamais été donné d'affronter Phénix ! De la sorte, je vais employer la plus grande prudence à te faire rejoindre ton frère dans l'autre monde.

- Je ne crois pas une seule seconde que tu ais pu tuer Hyoga, Shiryu et Shun. De mon point de vue, ton attaque n'est qu'une illusion qui fait errer tes adversaires entre différentes dimensions. Etant donné que tu es très imbu de ta personne et qu'aucun de tes adversaires n'était d'une réelle force et n'a été capable de revenir, alors tu en as déduit que cette attaque interdite tuait tes adversaires. Je ne sais pas si ce que je dis est vrai, mais je trouve que tu sous-estimes bien trop les chevaliers d'Athéna.

- Tu parles de choses dont tu ne connais pas la nature Phénix ! Mais peut-être voudrais-tu y goûter ? Et bien sois exaucé ! Tu me diras après ceci si ma force n'est qu'une illusion !

Soit écrasé par la force du Géant Atlas !

De la sorte, Ikki fut attaqué par des forces gigantesques qui le frappaient violemment. Sani maintenait volontairement son attaque plus longuement afin de châtier Ikki des propos qu'il avait pu lui adresser.

Même si sa force physique à proprement parler était inférieure, Ikki profitait de sa force psychologique pour tenter de résister. Cependant, la violence et la haine concentrée dans l'attaque du protecteur d'Héra ne pouvaient pas être maîtrisée si facilement. Déjà, son armure commençait à se morceler légèrement.

Sani, lui, pavoisait de plus belle :

- Si tes amis ont pu se relever après avoir reçu mon attaque c'est qu'ils ont bénéficié du fait qu'ils étaient plusieurs ! Mais en insistant pour me combattre seul, tu as creusé toi-même ta tombe. Je peux ainsi concentrer toute mon attention et ma force sur toi et toi seul ! Tout comme ton armure semble le faire, il est encore temps de renoncer aux souffrances, chevalier !

Ikki n'écoutait même pas les dires de son ennemi, tant il avait à faire pour tenter de parer à la force qui l'agressait. Il commençait à être repoussé par Sani, et son esprit s'égarait et se perdait. Subitement, diverses visions furtives apparurent à ses yeux. Les visages de Shun, Shiryu et Hyoga passaient devant lui. Ceux-ci semblaient vouloir lui dire quelques mots. Il tenta alors d'écouter les murmures de ses amis, mais ne réussit pas à y parvenir. Cependant, il était dorénavant persuadé d'avoir raison : ses amis n'étaient pas morts !

Sani vit alors que son adversaire se ressaisissait. Il en profita pour lui porter le coup fatal de son attaque. Une tornade sembla alors emporter le corps d'Ikki au loin, sans que celui-ci ne soit en mesure de tenter quelque chose.

Le protecteur d'Héra avait entendu parler de la réputation du frère de Shun et se mit alors à chercher attentivement son corps. Il ne mit pas longtemps à le retrouver, sous des pierres qui s'étaient effondrées à la suite de son attaque. Le corps d'Ikki était inanimé et l'armure du phénix qui le protégeait auparavant se trouvait entièrement détruite.

Sani prit alors Ikki à la gorge pour vérifier qu'il était bien hors d'état de nuire. Il constata que son cœur ne semblait plus battre.

Quelques secondes plus tard, il sentit que quelqu'un avait posé la main sur son épaule. Il se retourna instinctivement et vit alors une scène qu'il ne pouvait croire. Ikki se trouvait en armure derrière lui… Non pas Ikki, des dizaines, des centaines d'Ikki qui lui souriaient ! Abasourdi, il était incapable de réagir.

Il entendit pourtant une voix différente des autres :

- Ohé Sani ! Je suis là !

C'était celui qu'il tenait encore par la gorge qui semblait l'appeler. Sani se retourna donc vers l'homme qu'il tentait d'étrangler quelques secondes auparavant. Aussitôt, il fut alors frappé par un violent coup de poing.

Ecarté de cette manière à quelques mètres, il regarda Ikki se relever avant de faire de même. Il lui dit alors:

- Ta petite illusion était bien sympathique, mais que comptes-tu faire dorénavant, sans armure ?

Inébranlable, le chevalier du Phénix lui répondit :

- Ne connais-tu pas le mythe de l'armure du Phénix Sani ? Tu n'es pas le premier à la détruire, mais elle renaît de ses cendres à chaque fois, étant toujours plus forte !

- Cela dépend de qui se charge de la faire disparaître ! Tu me prends pour un inculte ? Je sais parfaitement qui tu es et quels exploits tu as déjà réalisé auparavant… C'est pour cela que je n'ai pas détruit physiquement ton armure mais que je t'en ai débarrassé.

- Je ne te crois pas une seule seconde. Je vais te prouver le contraire de suite !

Cependant, malgré ses invocations, Ikki demeurait éternellement dénué de son armure, comme si celle-ci n'était plus reliée avec lui par ce lien unique qui les unissait.

Le doute avait une nouvelle fois changé de camp. Dorénavant Ikki ne savait plus à quoi s'attendre de la part du protecteur d'Héra, même s'il se savait capable de lui résister. Il lui dit alors :

- Très bien, tu sembles m'avoir privé de mon armure, mais que comptes-tu faire maintenant ?

- Et bien tout simplement t'achever !

Et sans plus attendre, il ré-éxécuta son attaque précédente :

- Sois écrasé par la puissance du Géant Atlas !

Ikki disparut alors sous une épaisse poussière.

Alors que Sani était occupé à le chercher, il entendit des pas derrière lui, comme si quelqu'un entrait dans son temple. Méfiant, il se tourna tout de même vers l'entrée de son Temple et il vit une ombre qu'il ne pouvait reconnaître, se diriger vers lui.

Il lui adressa instinctivement la parole :

- Qui es-tu ? Toi qui ose pénétrer dans ma demeure sacrée ?

- Quelle question ! , lui répondit son visiteur, avant d'apparaître entièrement à Sani. Je suis Algol de Persée, le chevalier d'Argent de la Méduse.

Tétanisé, Sani ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Son adversaire lui dit alors :

- Tout comme le Titan Atlas, soit changé en pierre par le pouvoir de la méduse !

Quelques fractions de seconde plus tard, Sani vit que ses pieds, ses bras, tout son corps se statufiaient ! Il ne put esquisser un mot avant de disparaître totalement.

Sanctuaire d'Héra, sommet du Sanctuaire, temple d'Héra

 

La femme de Zeus n'était plus la déesse fière et orgueilleuse comme à l'habitude. Elle faisait les cent pas, entre le lit sur lequel était étendue Athéna et le perron de son Temple. Il ne lui manquait plus que trois heures avant que son sort s'empare totalement d'Athéna. Ce délai passé, elle pourrait régner sur Terre et ainsi assouvir toute sa volonté destructrice.

Mais pour le moment, elle se rendait bien compte que la situation lui échappait. Elle comptait encore sur Ravilski pour éliminer son frère et retarder tous les autres éventuels perturbateurs. Quant à Sani, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait commencer à lui faire confiance.

Dorénavant, elle espérait juste que ses protecteurs lui fassent gagner un temps suffisant pour qu'elle n'ait pas à intervenir et qu'Athéna tombe sous son influence sans problème. Cependant, si cela venait à être utile, elle ne manquerait pas de s'occuper elle-même des chevaliers d'Athéna.

Sanctuaire d'Héra, Septième Tempe, celui de Kéna de la Petite Ours

 

Ranevski et Ravilski, les jumeaux russes se tenaient l'un fasse à l'autre depuis plusieurs minutes. L'atmosphère régnant dans le temple devait être intenable pour la plupart des chevaliers, tellement les deux protagonistes émettaient un froid polaire.

Le chevalier de la Couronne Australe adressa le premier la parole à son frère :

- Ranevski, tu as toujours été timide et faible, et aujourd'hui, tu oses te ranger contre Héra. Mais cela reste fidèle à la vision que j'ai de toi. Tu n'as toujours été qu'un pleurnichard que ce soit sur notre lieu d'entraînement ou pendant notre enfance. Et puisque la possibilité de te corriger m'est donnée, je ne vais pas m'en priver ! En garde !

- Je ne pense pas qu'un Chevalier d'Héra puisse remporter son titre en étant un faible. Ce n'est pas de ma faute si la disparition de nos proches ne t'affectait pas. Tu n'as jamais eu de cœur Ravilski !

Après ces brèves paroles, n'ayant plus rien à se dire, ils décidèrent de se montrer l'un l'autre l'étendue de leurs forces.

- Bien, et bien essaye déjà de contrer ma tempête glaciale. Ce sont ces bourrasques que tu connais déjà qui vont venir à bout de toi : Par les vents d'Anadyr !

- Je connais bien mieux que toi la force de ces vents. Aux côtés de Camus, j'ai appris à les maîtriser : Que la tornade de glace de la Couronne Boréale t'expédie loin d'ici !

Les deux chevaliers avaient produit des forces égales qui s'affrontaient au milieu du Temple de Kéna. Cependant, pas un seul des deux frères, ne parvenait à prendre l'avantage même avec la volonté la plus grande.

Après quelques minutes, ils s'arrêtèrent tous les deux, en parfait synchronisme. Sans d'adresser la parole, ils firent la même chose. Une à une, ils retirèrent les différentes parties de leurs armures. Celles-ci ne leur servaient à rien. Ils avaient déjà compris ce qu'allait devenir leur lutte : Un combat de 1000 jours sans repos ni complaisance, bref une lutte acharnée pour survivre.

Sanctuaire d'Héra, Dixième Temple, celui de Guaya d'Engonasis

Quelques secondes après sa terrible vision, Sani reprit ses esprits. Son corps n'avait subit aucun coup, et il se trouvait debout au milieu de son temple, face à Ikki, qui lui dit :

- Jamais deux fois la même attaque Sani, tu devrais le savoir ! Mais sois heureux, tu as pu goûter à l'Illusion du Phénix sans y rester !

 

Sani était une nouvelle fois hors de lui. Après Gokunes, c'était Ikki qui se jouait de lui, il ne pouvait supporter cela de la part d'un chevalier qu'il considérait comme inférieur à lui. Il avait pris sa décision, et c'est sans doute ce qu'Ikki cherchait à lui faire faire, il allait invoquer la même attaque que pour se débarrasser des autres protecteurs d'Athéna. Ce n'était pas sans risque, étant donné les résultats qu'avait donnés son précédent essai. Mais il n'avait pas le choix, et croyait en sa réussite, il allait donc réutiliser son ultime attaque interdite :

- Puisque c'est ce que tu sembles attendre, et bien chevalier du Phénix, tu vas recevoir ma dernière offensive ! Mais à présent, sans ton armure, je doute de tes chances de parvenir à survivre. Que les Portes de l'Autre Monde s'ouvrent et te fassent disparaître !

Comme la première fois, une porte sembla s'ouvrir brutalement comme pour aspirer Ikki. Sani souriait déjà en savourant son succès, mais il fut bientôt ébahi par la scène qu'il voyait. Au lieu d'être terrorisé par ce qui lui arrivait, Ikki coura de toutes ses forces vers ces colonnes de pierre comme s'il était pressé de connaître son sort, et d'ainsi mieux l'appréhender pour mieux le contrôler lui-même.

Rivages du Sanctuaire d'Héra.

Une petite troupe venait d'arriver sur les bords de la Mer Egée, menée par Kiki et Shina. De la petite crique où ils se trouvaient, ils apercevaient une partie de l'Héraïon, le Sanctuaire d'Héra qui serpentait la montagne qui se dressait face à eux.

- Allons-y ! , dit Shina. Le temps nous est compté, il nous reste moins de trois heures pour sauver Athéna. Il nous faut aussi trouver quelqu'un pour nous rendre compte de la situation, car bien des choses ont dues se passer ces dernières heures.

Ils entamèrent alors la montée vers l'inconnu, accompagnée d'une mystérieuse armée.

Arrivés au premier Temple, ils découvrirent un champ de ruines mais ne purent s'y arrêter plus longtemps. Ensuite, ils pénétrèrent dans le temple autrefois gardé par Nadalos de l'Hydre de Lerne. Ils virent alors, étendu à terre le corps d'Ichi. Shina et Kiki avaient déjà senti que son cosmos ne brillait plus, mais ils lui consacrèrent un moment de recueillement. Alors qu'ils étaient tous deux agenouillés, ils entendirent des pas venant de la sortie du temple. Bientôt, ils distinguèrent deux hommes qui courraient vers eux en criant de toutes leurs forces. Shina se releva alors et se mit entre les inconnus et ses protégés, comme pour les défendre.

Nadalos et Sokan semblaient être affolés et couraient comme pour fuir la mort qui les pourchassait. Ceux-ci ne semblaient pas prêter attention à ces visiteurs inattendus et poursuivirent leur course effrénée. Sokan, lui, s'arrêta un court instant en voyant un des personnages accompagnant Shina, tétanisé comme si sa vision renforçait sa peur. Puis, après s'être retourné et en comprenant que la menace se rapprochait de lui, il reprit sa course en criant encore plus fort.

Cependant, alors qu'ils allaient arriver au niveau de Kiki et des autres, leurs corps se disloquèrent brutalement en des millions de particules. Ceux-ci n'eurent pas le temps de se poser des questions, que déjà un autre personnage leur adressait la parole :

- Vous voilà donc enfin !

Ils découvrirent alors un petit vieillard tenant difficilement sur ses jambes.

- Je m'appelle Gokunes d'Ilion. Je suis désolé de vous avoir fait subir cette rencontre peu sympathique, mais je n'avais pas eu le temps de m'occuper d'eux auparavant. Suivez-moi, nous bavarderons quelques minutes en rejoignant les prochains temples !

- Mais qu'est-il arrivé à ces deux guerriers ? , se demanda Shina, qui faisait confiance en cet inconnu, ne détectant pas en lui une volonté de nuire.

- Je me suis simplement permis de les envoyer quelque part pour appendre la politesse due aux aînés, lui sourit-il.

Sanctuaire d'Héra, Septième Tempe, celui de Kéna de la Petite Ours

A mains nues, les deux frères allaient commencer à se battre. Cependant, Ranevski ne souhaitait pas affronter son frère sans lui rappeler un ultime souvenir de leur vie commune. Tout en commençant à le frapper à main nue, il entonna cet étrange poème, que son frère reprenait après lui, tout en s'assénant des coups l'un l'autre au rythme de leurs paroles :

- Plus que la force

- Prédomine la raison

- Plus que la victoire

- Prédomine l'honneur

- Plus que la gloire

- Prédomine la bonté

- Les chevaliers du Grand Nord sont ainsi fait

- Qu'ils doivent protéger les faibles et les opprimés

- Ce serment est inscrit en eux pour l'éternité

- Et s'ils manquent à ces devoirs …

- … Ils seront marqués du sceau des bannis pour l'éternité, acheva Ranevski.

Toutes ces paroles rappelèrent à Ravilski, ses devoirs de chevalier. Mais cela ne parvint pas à le contrecarrer, et de toute manière, Ranevski ne comptait pas là-dessus. Il savait depuis longtemps qu'il n'y avait plus rien à faire pour lui, et qu'il devrait affronter son frère jusqu'à la mort.

Le temple de Kéna était devenu un lieu invivable pour tout être vivant autre qu'eux. Leur combat s'intensifia tellement qu'aucune création de la nature ne pouvait s'y épanouir ou y survivre.



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Cette fiction est copyright Kanon
Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.