La chasseresse et l'oiseau de feu


 

Artémis

Moi, Artémis, Déesse chasseresse de la lune, condamnée à la virginité, je ne pensais pas pouvoir trouver l’amour. J’eus beaucoup de chance que ma sœur arrive à me faire ouvrir les yeux. Grâce à elle, je fis la connaissance d’un homme merveilleux. Je le rencontrai au cours de la guerre sainte que j’avais provoquée par bêtise et jalousie. Cet homme solitaire et renfermé m’intriguait. Il se dégageait de lui beaucoup de puissance et un charisme certain, pourtant, en le regardant, je pouvais ressentir sa mélancolie, une plaie encore ouverte que rien ne semblait pouvoir cicatriser. Malgré mes mauvaises expériences passées, les tentatives de viol répétées, qui ne m’aidèrent guère à ressentir autre chose que mépris envers la gente masculine, je me sentis enfin prête à ouvrir mon cœur à celui qui saurait me faire oublier mes craintes. Je me sentais extrêmement seule, quelque chose manquait à ma vie, une personne sur qui je pourrais me reposer, quelqu’un avec qui je me sentirais protégée et en sécurité. Toute déesse que je suis, tout pouvoir en ma possession, n’empêche guère certains doutes de subsister. Malgré mon rang de divinité, mon cœur reste celui d’une simple femme, recherchant à être rassuré et épaulé. Ikki fut la personne capable de réaliser cet exploit. Nous étions au sanctuaire, je venais de sauver cette pauvre Luna à qui j’avais fait tant de mal par l’intermédiaire de mes amazones. Mes nymphes et moi-même devions rentrer, je pris congé de ceux qui deviendraient des amis chers à mon cœur quand le regard du chevalier divin du phénix me transperça. Je venais de recevoir en plein cœur une flèche de Cupidon. A ce regard, je sentis mes joues se rosir, de nouvelles sensations inconnues jusqu’à présent, apparurent… Un sourire, une parole échangée, me suffirent. Il me proposa de nous raccompagner ce que j’acceptais sans réfléchir. Après ce fameux jour, je l’invitai régulièrement dans mon temple où il passait quelques jours près de moi. Il ne s’était encore rien passé entre nous, il s’était installé une relation platonique, et nous nous en accommodions. Les journées en compagnie du chevalier du phénix, se déroulaient toujours de la même façon, malgré tout, elles étaient toutes différentes les unes des autres. Nous passions beaucoup de temps à parler, de lui, de moi, de nos vies passées, de ce que nous attendions de l’avenir. Nous nous promenions dans mon jardin privé, où dans les bois entourant mon temple, nous émerveillant des miracles de la nature. Un jour, c’était un samedi 2 juin, Ikki et moi-même étions dans la forêt, Ikki me parlait de ce qui l’avait fait le plus souffrir au monde, cet épisode de sa vie qui le renforça dans son caractère et qui l’amena à la haine avant de découvrir l’amitié. Il n’avait jamais vraiment parlé de ça à quiconque, en fait, Ikki, n’était pas homme à se confier et se morfondre, bien au contraire. Je me sentis honorée d’être la première et seule personne à être au courant de l’histoire de la mort de son premier amour, Esméralda. J’avais écouté son récit avec beaucoup d’attention, le tremblement de sa voix révélait la souffrance encore existante. Je pensais que rien ne lui ferait oublier cette femme qui lui avait fait découvrir l’amour, jusqu’à ce moment intense. Nous étions donc dans la forêt, Ikki se confiait à moi lorsque nous vîmes une biche mettre bas. L’animal était en difficulté, seule, aux milieux des arbres, cette pauvre bête n’arrivait pas à sortir son faon. La biche avait l’air épuisée, comme si le travail était commencé depuis longtemps. Les cris de douleur de l’animal nous firent froid dans le dos, j’allais me mettre à courir pour l’aider mais Ikki me devança, s’agenouillant auprès de la future maman, lui murmurant des mots d’encouragement, la félicitant pour le futur bébé. Je le rejoignis quelques secondes après pour l’aider. Le faon sortit enfin, le chevalier du phénix le prit et tenta de le réchauffer rapidement avant de le livrer à sa mère. Nous allions partir quand la biche, pour nous remercier, vint nous réclamer quelques caresses, Ikki, ému, lui flatta l’encolure puis nous quittions l’heureuse maman et son enfant. Nous rentrions au temple, Ikki me prit la main, le sourire aux lèvres, il me regarda tendrement. Nous étions à seulement quelques mètres de mon temple lorsque je m’arrêtai. Je pris son visage à deux mains et le regardai plus intensément cette fois.

Artémis : Cela fait plusieurs semaines que nous tournons autour du pot toi et moi. J’avoue que j’en ai assez, après tout nous sommes deux adultes responsables, et nous savons ce que nous attendons l’un de l’autre.
Ikki : Où veux tu en venir ?
Artémis : A ça …

Cela faisait un moment que je me sentais prête à lui offrir mon amour, je l’embrassais tendrement une première fois, puis une autre, et encore une autre. Je ne pouvais plus détacher mes lèvres des siennes. Cette nuit là, nous scellions notre amour, Ikki, prenant garde à que ce ne soit pas douloureux, redoublant d’effort dans les caresses et les baisers. Une nuit intense, pendant laquelle je découvris les plaisirs de la chair, l’amour dans toute sa splendeur. Une nuit pendant laquelle, j’eus parfaitement conscience, que moi, la chasseresse, j’avais dompté l’oiseau de feu, tandis que lui, réussit le merveilleux exploit, de me faire oublier tout mon passé et parvint à me redonner la confiance en l’être humain, en l’homme plus particulièrement, jadis perdue. Nous appartenions cœurs et âmes, pour ne faire qu’un jusqu’à la fin des temps.

 

 

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Cette fiction est copyright Luna.

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.