L'allée aux guerriers

 



Toi qui est entré dans le sanctuaire sacré

Que de tes pas impurs tu as souillé

Pénètre dans la maison du Verseau,

Fief du mage du froid et de l’eau,

Temple aux murs de glace miroitants

Qui depuis son avènement résiste aux flammes, au temps.

 

Admire en ce lieu où le silence est roi

La véritable incarnation de notre foi,

Le souvenir immortel des défenseurs d’Athéna

Ultimes vestiges de leurs nombreux combats.

Ainsi lorsque tu traverses cette allée

leurs yeux te fixent, pleins de leur fierté.

Croise le regard des deux Béliers

Derniers héritiers d’un empire disparu

Frère et sœur qui ne se sont pas connus

Avance si tu oses défier ces fiers chevaliers

Qui ont reçu la force du puissant Taureau

Dont les cornes dévastatrices ont envoyé

Tant d’anonymes guerriers dans les eaux

Du Styx, du Cocyte, de l’Achéron ou du Léthé.

Ensuite se dressent les Gémeaux mystérieux

A la fois traîtres et protecteurs des divines lois

Ils furent les seuls a se jouer des dieux

Et pourtant des guerriers imprégnés de leur foi.

En tout point les Cancers sont différents,

Lui, l’assassin, par son armure indigne il fut jugé

Elle était une fleur d’innocence et de beauté,

Tous deux pour leur déesse ont su offrir leur sang.

Les deux Lions d’or sont proches de toi

Leurs yeux de feu contrastent avec le froid

Du couloir ou leur noblesse repose en paix.

Tu troubles la dernière méditation

Des Vierges au visage serein, aux yeux fermés.

Tu crois voir Bouddha, ils sont ses réincarnations.

Peux-tu lire sur le visage des Balances

La justice et la sagesse qui les animait ?

Face a face avec les Scorpions

Interroges toi sur tes motivations.

Dans ces yeux froids brillent l’honneur

Et la détermination qui furent leurs.

Tu dépasses les archers d’or, les Sagittaires

Dont les traits acérés retentirent en Enfer.

Les nobles Capricornes cote à cote t’attendent

Leurs silhouettes imprégnées d’espoir te rendent

Anxieux et dans ton esprit le doute s’insinue

Sur ces choses en lesquelles tu ne crois plus.

Les Verseaux, anciens maîtres de cette Maison,

Se fixent, Détenteurs de la froide raison.

Enfin apparaissent les glorieux Poissons

Dont l’idyllique beauté déchaîna les passions.

 

Avance, toi qui viens de traverser

L’allée aux guerriers d’or habillés

Et contemple l’infinie majesté

De l’antique déesse pour qui

Ils ont sacrifiés leur vie.

En effet devant tes yeux ébahis,

Se dresse la statue, criante de vie

D’Athéna brandissant Niké et Diké,

Victoire et Justice, sceptre et bouclier.

Au centre du temple aux glaces infernales

trône son effigie monumentale.

Pendant des heures tu pourrais l’admirer

Mais pour l’instant tu dois la contourner

Et ployer sous le vigilant et intense regard

Des gardes de glace apparus sous tes yeux hagards.

 

L’allée est peuplée de glorieux chevaliers

Dont le corps par le froid entièrement figé

Renferme pourtant une force inconnue

Ce cosmos d’espoir et de douceur

Descendu sur terre des blanches nues

Etoile éclatante, don des cieux protecteurs.

D’argent, de bronze, ils sont parés,

Mais leurs étoiles brillent d’une lueur dorée.

Autel, Licorne, Dauphin, Lionet,

Autant de noms qui resteront gravés

Dans l’esprit des puissants guerriers

Qui un jour eurent a les affronter.

Rencontre les amants de la Symphonie des Eaux

Aux chants enivrants, debout dos a dos,

Leur mélodie résonne encore ici

Bien qu’ils aient depuis longtemps perdu la vie.

Venus du blanc royaume d’Odin,

En ce sanctuaire, les Divins Guerriers

Ont trouvé leur fatale destinée,

Se sacrifiant pour la gloire de Demain.

Pour te barrer le chemin de la sortie

Cinq ultimes statues se sont élevées.

Nobles chevaliers parés de leur Kamui,

Les pires tourments ils ont dus endurer.

Andromède, Phénix, Dragon, Cygne,

Le souvenir, l’héritage qu’ils ont laissé

Est le fardeau dont nous devons être dignes

Etant a notre tour les Chevaliers de l’Eternité.

Nous combattrons pour l’espoir, la liberté,

Descendants de Pégase, le Destrier ailé,

Qui, par sa foi, la mort elle-même blessa.

 

Tu sors maintenant de la Maison

Et son gardien, sculpteur aux doigts de glace,

Patiente depuis longtemps pour te faire face.

Ton corps semble parcouru d’un frisson.

Tu t’élances soudain vers lui,

De nombreux doutes rongeant ton esprit.

Vos auras soudain se sont enflammées

Mais son cosmos et sa foi sont les plus puissants

Et, alors que la vie t’abandonne, en tombant

Une dernière fois tu contemples l’allée des Guerriers.



de
Black Imperator

 

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